Fonder à son tour

Le Heiva i Tahiti est chaque année depuis 127 ans la plus grande, la plus vivante et la plus magnifique expression de nos traditions.

J’entends d’ici certaines petites voix dire : « il n’est plus si traditionnel que ça, le Heiva, avec son lot de sono, micros et écrans géants, normes de sécurité, etc. »

Je pense que toute tradition est « appelée » à innover et à se moderniser, sous peine de disparaître. Sans la tradition, certes, il nous serait impossible de « devenir » tout en restant nous-mêmes. Mais sans rien d’autre qu’elle, nous serions en présence de ces sociétés froides dépeintes par l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, ces sociétés fossiles ayant évacué l’Histoire où chaque génération se contenterait de répéter les faits et gestes de la génération précédente.

Une tradition qui n’est pas sans cesse revisitée et réactualisée est vouée à péricliter. Prendre exemple sur ceux qui ont fondé et transmis, ce n’est pas seulement transmettre, c’est fonder à son tour. Pour que dure le Heiva. Pour que d’autres initiatives telles que l’exposition « Mangareva », actuellement au Musée de Tahiti et des Îles, puissent se concrétiser. Pour que nos lendemains soient ancrés, prometteurs et forts.

Longue vie au Heiva

IA ORA TE HEIVA I TAHITI 2009,

Julien Mai, directeur de Heiva Nui

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