Hiro’a n°225 : DOSSIER

Conservatoire artistique de Polynésie française (CAPF) – Te Fare ‘Upa Rau

Plus de 30 concerts et galas

2026-2027 : une année faste pour Te Fare Upa Rau

 

Rencontre avec Frédéric Cibard, responsable communication, Justine Moulinier, professeure de théâtre, Meari U, enseignante du cours d’initiation à l’art oratoire, et Cowan Peterson, responsable du département d’art lyrique au Conservatoire artistique de la Polynésie française. Texte : Frédéric Cibard et Alexandra Sigaudo-Fourny – Photos : ASF et CAPf

Les élèves, artistes et professeurs du Conservatoire – Te Fare Upa Rau se préparent à une année événementielle exceptionnelle. Une trentaine de concerts, de galas et de rendez-vous caritatifs hors les murs sont inscrits au programme, dominé par une thématique centrale : « Te ohuraa o te tau – Le cycle du temps ».

Pour leur 46e rentrée, les équipes administrative et pédagogique du Conservatoire artistique de la Polynésie française placent la barre très haut. Si les mouvements d’enseignants – départs à la retraite pour les uns, arrivées pour les autres – ont entraîné une réorganisation de certaines sections d’enseignement, l’accent a été placé sur l’interdisciplinarité, autrement dit, comment favoriser les projets communs aux élèves des arts traditionnels, des arts classiques et des arts de la scène.

Le cycle du temps sera ce socle commun, fondé sur le riche patrimoine du fenua, mais également sur une conception universelle du temps.

Concerts caritatifs ou grandes scènes 

Le programme événementiel du Conservatoire dévoile toute une série de rendez-vous à vocation caritative : soutien aux grandes causes, comme la paix dans le monde ou la Journée internationale des droits des femmes, en collaboration avec le Club Soroptimist, concerts pour le personnel soignant et les malades du centre hospitalier, ou encore aubades dans les maisons pour tous et les antennes du Fare Tama Hau. Les artistes du Conservatoire, notamment les chanteurs lyriques, participent également aux journées thématiques. La question du suicide rejoint ainsi cet élan de solidarité.

Les ensembles instrumentaux, point fort du Conservatoire

Ils ont beaucoup fait parler d’eux l’an dernier, et il en sera de même cette année : les ensembles instrumentaux du Conservatoire sont assurément un des points forts de l’établissement.

Côté traditionnel, avec le Vevo ‘Upa Rau, tous les élèves des ensembles de guitares traditionnelles, de pehe et de ukulele ont trouvé une scène et leur public. Il en est de même pour les formations d’élite des arts traditionnels, appelées à jouer sur la scène du Grand théâtre dans le cadre du Ta’upiti Ana’e.

Le concert des ensembles de l’établissement avait connu l’année dernière un succès sans précédent. Le matin était consacré aux ensembles traditionnels, et l’après-midi aux ensembles classiques : la grande et la petite harmonie, le petit orchestre à cordes, les ensembles de violoncelles et de cuivres… Les jeunes élèves du projet d’orchestre à l’école avaient également marqué les esprits. Il en sera de même cette année, autour du thème du temps, entrecroisant les prestations collectives.

Jazz, art lyrique et musique symphonique

Deux formations attirent l’attention du côté de la section classique : le grand orchestre symphonique et l’ensemble de jazz. Ces deux formations seront présentes aux rendez-vous du Petit et du Grand théâtre : le grand orchestre symphonique pour le concert au Grand théâtre et l’ensemble de jazz au Petit Théâtre, à l’occasion de la Journée internationale du jazz. Des programmes qui réservent de belles surprises, mais demeurent, pour l’instant, secrets.

Le cursus d’art lyrique n’est pas en reste, loin s’en faut. Présents lors de tous les événements caritatifs de l’établissement, les chanteurs de Te Fare ‘Upa Rau ont déjà partagé la scène avec leurs collègues des sections traditionnelle et classique. Il en sera de même cette année, et ce sont d’ailleurs les chanteurs lyriques qui ouvriront le bal des concerts en participant à « Opéra d’été », en collaboration avec la mairie de Pape’ete et l’Opéra de Paris.

Théâtre,ōrero, hīmene, éveil culturel et arts visuels

La richesse des enseignements du Conservatoire se traduit par la multiplicité des enseignements proposés à Tipaerui et dans les antennes de l’établissement. Les arts de la parole occupent d’ailleurs une place importante à Te Fare ‘Upa Rau. Côté traditionnel, avec l’ouverture d’une classe d’initiation au ōrero ; côté classique, avec un nouveau professeur de théâtre.

Ajoutons à cela le dynamisme de la classe d’arts visuels, l’incroyable engouement pour la pratique des hīmene, porté par des professeurs passionnés et passionnants, mais aussi une nouvelle classe d’éveil culturel. Poerani Ebb, nouvelle enseignante du Conservatoire proposera en effet aux enfants d’explorer leur environnement à travers une approche concrète, sensorielle et active. Au programme : observer le vivant et les plantes, découvrir le ciel, les cycles du temps et les phénomènes naturels, explorer la navigation et l’orientation, découvrir les matériaux naturels et leurs usages, expérimenter des gestes et des savoir-faire mā‘ohi et écouter des récits et partir à la découverte des pratiques et des connaissances transmises par les générations.

Pratique inscriptions et informations des usagers

Le secrétariat du Conservatoire, chargé de l’accueil du public et du suivi de la scolarité à Tipaerui, est à la disposition des usagers : en présentiel, de 8h à 17h, du lundi au jeudi et de 8h à 16h, les vendredis. Les équipes sont situées au premier étage du bâtiment faisant face à l’entrée principale de l’établissement. Ce sont ces agents qui établissent les factures concernant notamment les frais de scolarité, qui devront être réglés auprès du bureau de la comptabilité, également situé au premier étage du même bâtiment, côté passerelle.

Le bureau de la Communication est également disponible pour toute demande d’information et concernant l’activité événementielle du TE FARE ‘UPA RAU.

– Secrétariat : tél. 40 50 14 14 et [email protected]

– Communication : tél. 40 50 14 18 et [email protected]

Encadré avec Photo de Justine

Justine Moulinier entre en scène

Parmi les nouveaux visages du Conservatoire, il y a Justine Moulinier, professeure de théâtre. Son visage ne vous est sans doute pas inconnu puisqu’elle joue le personnage féminin de la pièce de théâtre Keshi. On se souvient de Justine également dans Le porteur d’histoire, un énorme succès sur les planches françaises. Quand elle ne joue pas, Justine enseigne le théâtre.

Après huit années passées au sein de la Compagnie du Caméléon, elle rejoint aujourd’hui le Conservatoire pour la rentrée 2026-2027. Élève du Cours Florent, diplômée de l’ENSATT (École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre), à Lyon, et du Conservatoire de Montpellier, Justine partagera son savoir et son expérience avec des élèves de 8 ans et plus, adolescents et adultes. « Mon objectif, c’est de préparer les élèves à monter régulièrement sur scène, même pour des petites interventions. Je veux aussi créer du lien entre les disciplines proposées au sein du Conservatoire, inclure le théâtre à des événements musicaux par exemple. C’est une chance incroyable d’avoir au même endroit toutes ces compétences artistiques, ce vivier de créativité », souligne Justine.

Pour la soixantaine d’élèves inscrits, le travail portera sur des textes classiques ou contemporains, ainsi que sur l’écriture. Une partie technique autour du souffle, de la voix, du corps… associera des jeux collectifs et des échanges. Cette nouvelle année théâtrale s’annonce riche.

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Meari U nous initie à l’art oratoire

Pour Meari U, le Conservatoire est un peu sa deuxième maison. Élève au sein de l’institution pendant plusieurs années, elle est depuis deux ans assistante des enseignants de ‘ori tahiti. Mais c’est un tout nouveau challenge qui s’annonce pour la jeune femme lors de cette rentrée : Meari se lance en effet dans l’enseignement de cours d’initiation à l’art oratoire. Il faut dire que le ōrero est sa passion et qu’elle est allée à bonne école en suivant les cours de storytelling de John Mairai. « Mes premiers pas au Conservatoire, ce n’est pas par le biais de la danse, mais avec John. J’avais soif d’apprendre et de déclamer des textes en tahitien », se souvient Meari. Aujourd’hui, elle veut partager cette passion avec les plus jeunes (7-11 ans) et surtout de façon ludique et joyeuse. « Je veux que les enfants se familiarisent avec notre langue, sans aucune barrière. Même ceux qui ne pratiquent pas peuvent venir : on ne doit pas avoir peur de se tromper ou de ne pas savoir. Il ne s’agit pas d’une classe, mais d’un espace où on va jouer en apprenant, tous ensemble », insiste Meari. L’initiation, d’une heure, programmée le mercredi et/ou le vendredi, doit amener les enfants à pratiquer l’art oratoire bien sûr, mais aussi à écrire, à composer.

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Voix des Outre-mer : la finale régionale approche

Soutenues par le Conservatoire artistique de Polynésie française – Te Fare Upa Rau, la finale régionale du concours de chant lyrique, Voix des Outre-mer, ainsi que la master class de son fondateur, Fabrice Di Falco, sont programmées fin septembre. Parmi les sept candidats, deux représenteront la Polynésie à Paris lors de la finale nationale. Ce concours est devenu une véritable institution pour les amoureux de l’art lyrique.

C’est devenu un rendez-vous incontournable pour les amoureux ultramarins du chant lyrique. Ils sont de plus en plus nombreux en Polynésie française à vouloir s’y essayer. La 9e édition du concours Voix des Outre-mer va, cette année encore, mettre en lumière de jeunes artistes lyriques de Polynésie française dans le cadre d’une finale régionale polynésienne complétée par une master class. Ces deux événements se dérouleront fin septembre, au Petit théâtre de la Maison de la culture pour le premier et à l’auditorium du Conservatoire pour le second. Les deux gagnants de cette finale (prix Voix des Outre-mer et prix Jeune talent) décrocheront leur place pour représenter la Polynésie française lors de la grande finale nationale à l’Opéra de Paris en janvier 2027.

Près de 80 candidats étaient enregistrés pour la présélection en août, seuls sept ont été retenus pour la finale. « 98 % des candidats sont des élèves du cours d’art lyrique au Conservatoire, mais nous avions aussi des candidatures des archipels éloignés. La plus grande difficulté pour les candidates des archipels est de pouvoir se déplacer à Tahiti pour participer aux auditions et à la master class. Ce frein, principalement financier, est dommageable pour l’accès à la culture », souligne Cowan Peterson, responsable du département d’art lyrique au Conservatoire et très impliqué dans le processus de préparation des chanteurs.

Parmi les candidats, nous retrouverons Va’anaiki Aitcheson, 10 ans, impressionnant par ses capacités vocales. Outre sa participation au concours des Voix des Outre-mer, le tout jeune soprano, guidé par son professeur de chant, apparaîtra aussi prochainement à l’émission télévisée « Prodiges », diffusée sur France 2.

Une master class avec Fabrice Di Falco

Comme chaque année, le concours est associé à une master class. Le contre-ténor martiniquais Fabrice Di Falco, fondateur du concours les Voix des Outre-mer, sera présent pour écouter, mais surtout partager ses connaissances et techniques avec le plus grand nombre dans le cadre d’une master class. Cette formation et cet encadrement gratuits constituent une opportunité unique pour les participants, principalement les élèves du Conservatoire, mais pas seulement.

Apprendre, découvrir, partager… les candidats polynésiens ont l’envie de vivre cette aventure et s’illustrent régulièrement sur la scène de l’opéra. On se souvient notamment de la chanteuse polynésienne Mytsuru Kato, qui avait remporté le prix du public lors de la finale nationale en 2025, ou encore de la jeune Tinalei, qui avait reçu le prix d’encouragement en 2021. Qui seront les nouvelles pépites polynésiennes ? Rendez-vous la dernière semaine de septembre pour le découvrir.

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