Hiro’a n°217 – Le saviez-vous ?
SERVICE DU PATRIMOINE ARCHIVISTIQUE ET AUDIOVISUEL (SPAA) – TE PIHA FAUFA΄A TUPUNA
Texte : Lucie Ceccarelli – Photos : SPAA
Repenser l’accès et la gestion des archives publiques
Le 8 décembre 2025, une délégation du Haut-commissariat de la République en Polynésie française s’est rendue au SPAA afin d’évaluer la volumétrie des archives de l’État conservées sur site, dans l’objectif d’en améliorer l’accessibilité et d’optimiser les espaces de conservation définitive.
La délégation du haut-commissariat qui s’est rendue au SPAA le 8 décembre, conduite par son secrétaire général Jean-Michel Delvert, comprenait Paul Leandri, chef de la mission aux affaires culturelles, Pierre Pocard, archiviste du service interministériel des archives de France (SIAF), ainsi que deux greffiers-archivistes du Tribunal de première instance et de la Cour d’appel de Pape΄ete. Accueillis par le conseiller technique culture et l’équipe du SPAA, les échanges ont porté sur la recherche de solutions pérennes, notamment la mutualisation des moyens, afin de lever les contraintes juridiques et techniques limitant l’accès aux archives historiques de l’État.
Cette visite fait suite au vœu porté le 23 février 2024 par le gouvernement, relayé par l’assemblée de la Polynésie française, en faveur de la numérisation et de la mise en ligne du fonds historique et foncier « Océanie », et à l’avis n° 408620 du Conseil d’État du 10 septembre 2024[1] relatif au régime applicable aux archives intéressant la Polynésie française.
Des espaces sous tension
Les échanges ont mis en lumière une contrainte archivistique majeure : la saturation progressive des espaces de conservation. La volumétrie importante des archives de l’État conservées au SPAA pèse sur les capacités de stockage et limite l’exercice de sa mission principale : la collecte, le traitement et la conservation des archives publiques du Pays.
Dans ce contexte, un travail de tri et d’évaluation devra être mené par le SIAF, en lien avec le haut-commissariat et les juridictions, afin d’éliminer les archives ne présentant plus aucun intérêt public. Ces opérations, conduites dans les règles de l’art, permettront de dégager des espaces nécessaires à la conservation des archives définitives à valeur patrimoniale. Elles complètent une mission antérieure confiée à Françoise Watel, archiviste du ministère des Affaires étrangères intervenant au titre de l’Association des archivistes sans frontières (ASF), pour traiter le vrac résiduel du fonds du Gouverneur.
Réparties sur trois niveaux, les archives de l’État occupent six magasins de conservation au sein du SPAA, dont quatre ont été visités. La délégation a notamment examiné la salle 112 ainsi que les magasins 110, 210 et 310. Cette visite a permis à M. Pocard, d’apprécier la valeur patrimoniale des fonds et de proposer des pistes d’optimisation des espaces de conservation.
Vers une méthode de travail partagée
La situation particulière des archives judiciaires et foncières, réparties sur un magasin et demi, nécessite des opérations de tri et d’élimination. La visite de la salle de tri a permis de définir une méthode de travail commune, dont la mise en œuvre sur plusieurs mois s’inscrit dans la normalisation du dépôt des archives définitives de Tīpaeru΄i.
Cette démarche marque une étape importante dans le renforcement de la coopération entre l’État et le Pays, au service d’une gestion partagée et d’un accès facilité aux archives de l’État pour les citoyens polynésiens.
Légende :
Analyse des magasins d’archives et des pistes d’optimisation des espaces.
[1] La minute de cet avis est publiée sur la page ConsiliaWeb du site Internet du Conseil d’État.
