Hiro’a n°146 – Pour vous servir : J’embellis ma commune 2019 : créativité et mise en valeur des savoirs

2019-08-30 REMISE DES PRIX J'EMBELLIS MA COMMUNE (354)

J’embellis ma commune 2019 : créativité et mise en valeur des savoirs

Texte : Natea Montillier Tetuanui, ethnologue au sein de la DCP

Le 30 août dernier, la cérémonie de remises de prix du concours « J’embellis ma commune 2019 » récompensait plusieurs associations pour la mise en valeur des espaces publics dans leurs îles respectives. Le jury s’était mobilisé pendant quinze jours pour visiter les sites concernés et les noter. Esthétisme, aspect environnemental et mise en valeur de la culture étaient les principaux critères

Avion, bus, truck et parfois même deux à trois heures de poti mārara… les huit membres du jury du concours « J’embellis ma commune 2019 » – issus du secteur du tourisme, de l’environnement et de la culture – ont parcouru cette année trois archipels (Société, Marquises et Tuamotu) pour découvrir et noter le travail des associations engagées dans l’embellissement des espaces publics. La liste des décorations et aménagements témoigne de l’effort, de la créativité et du goût des trente- et-un participants : rondins, copeaux, rambarde, fare n ī’au haupape (maison rectangle), fa’a’apu mā’a tanu (potager), lampadaire solaire, parterre de fleurs, cache-pot, guirlande, pot de fleurs, clôture, fresque, poubelle, etc.

Parmi les matériaux naturels, on a pu constater l’utilisation du bois ( ‘aito, cocotier, falcatta), de la pierre et des branches, des(gravier) blanc, de la bourre de coco, du bambou, des branches sèches, des coquillages, du sable blanc, de la terre, de la mousse, des algues, des troncs d’arbres ; et parmi les matériaux élaborés (moins appréciés du jury), ont été aperçus du concassé gris, des parpaings, des palettes de bois, des nacres polies percées, du compost…

Par esthétisme et souci environnemental, le jury avait déconseillé l’usage de peinture sur pierre, de pneus, de bouteilles plastiques ou en verre, de sacs plastiques au profit de matières naturelles.

Le jury a été en particulier sensible à l’accueil aux formes diverses et variées : ponctualité, présentation de l’association et du projet, colliers de fleurs et/ou verdure, appel avec ou sans instruments (pū, tō’ere), musique avec instruments (‘ukulele, guitare) et chanteurs. Collation de boisson sans sucres ajoutés, fruits frais, tubercules cuits, spécialités culinaires locales, l’attention portée à la tenue, celle des musiciens ; certaines associations avaient organisé une ou des animations : ‘ōrero (discours), tressage, chant, danse (’aparima, hula, haka), légende, paripari (ode à la terre) dont les touristes locaux et étrangers sont friands. Quelques rares participants ont choisi la proximité d’un site culturel, la plupart ont opté pour un site naturel (point de vue) ; on trouvait des panneaux informatifs culturels, des messages de civisme, soucieux de l’écologie. Les plus ambitieux avaient parallèlement un projet culturel (fabrication de pirogue traditionnelle, plantation horticole). Représentée dans le jury par Natea Montillier Tetuanui, la Direction de la culture et du Patrimoine s’est impliquée dans ce concours en apportant son expertise notamment sur les plantes. Les archipels avaient présenté une totalité de cent quarante-et-une variétés de plantes (dont 65 % modernes). La DCP préconise le choix de plantes indigènes ou endémiques liées aux utilisations ancestrales (tapa, tressage, ornement, sculpture, construction de maison ou de pirogue, alimentation, habitat d’oiseaux indigènes) et invite à la destruction des plantes envahissantes. Les plantes recommandées sont : ‘ā’eho, ‘ōpaero, ‘āretu, ‘autī, ‘ie’ie, ‘ō’aha, ‘ofe, ‘ōrā, ‘uru, anuhe, fara, painapō, mē’ia, mōu’ū, nōnoha, pūrau, rō’ā, tō, pia, mautini, fē’ī, ha’ari, piripiri, aute. LA DCP encourage également les participants à respecter et promouvoir les sites culturels (pensez à la consulter avant de vous lancer dans l’embellissement d’un site) et à continuer de transmettre les savoirs polynésiens. Lors de son passage aux Marquises avec les autres membres du jury, Natea Montillier Tetuanui en a d’ailleurs profité pour interviewer les académiciens Julien Tamari’i, Féli cienne Heita’a et Mano Gaubil sur leur travail au Tuhuka ‘eo ‘enata/ ‘enana (créé en 2000) et sur les savoirs pratiqués (āpau ‘enata plantes médicinales marquisiennes ; mā‘a : taiero, ka’aku ; (le massage).


La visite du jury dans les îles s’est tenue du 21 mai au 6 juin. Un jury composé d’un représentant du ministère du Tourisme et du Travail (Johnston Hironui), du Service du tourisme (Heitaa Gérald), de la Direction de la culture et du patrimoine (Montillier Natea), de Tahiti Tourisme (Malateste Tainui et Vicente Heimana), représentant du secteur de l’environnement (Biret Jerry) et de la marraine Tetoe Teipotemarama alias Yepo. À la suite des visites, le jury s’est réuni le jeudi 22 août afin de délibérer.


S’étaient inscrites au concours «J’embellis ma commune » des associations des communes des Îles du vent, Tahiti (8), Moorea (2), des Tuamotu (1), des Marquises (7), des Îles Sous-le-Vent Ra’iātea (5), Huahine (8). Chaque association tente d’obtenir l’aide des habitants du village (pour créer, entretenir, surveiller le site), de la commune (CAE, matériaux, engins), de l’État (service civique), du Pays (équipement, environnement, tourisme, culture…). Pour attribuer les prix dénommé « Super prix » (grand prix inter-archipels) qui concerne tous les archipels, le jury a pris en compte les gagnants (1ère place) de chaque archipel et s’est concerté pour sélectionner la première, la deuxième et la troisième place. Les résultats sont les suivants : 1er prix : Comité du tourisme Tupehe Nui de Ua Huka (Ua Huka) 2e prix : Association A Rohi no te Tama no Haapu (Huahine) 3e prix : Comité du tourisme de Teva i Uta (Tahiti)

Le public a voté sur les réseaux sociaux pour élire également leur site favori.

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