Hiro’a n°226 : CULTURE BOUGE

CENTRE DES MÉTIERS D’ART (CMA) – TE FARE ANOIHI (CMA)

Rencontre avec Anatauarii Tamarii, directeur du Centre des métiers d’art. Texte : Isabelle Lesourd – Photo : CMA

Ta’urua Hīmene : le CMA entre en scène

Pour la première fois, le Centre des métiers d’art participera le 23 octobre à la 3e édition du Ta’urua Hīmene, un concours de chants traditionnels organisé par la Maison de la culture – TFTN. Avec Tamari’i ‘Ōra’e, élèves, enseignants et personnel administratif porteront sur scène une ode aux métiers d’art et à la transmission.

Cette année, la rentrée du Centre des métiers d’art de la Polynésie française commence en chantant. Depuis la reprise des cours, début septembre, élèves, enseignants et personnel se retrouvent chaque vendredi pendant deux heures pour préparer leur première participation au Ta’urua Hīmene. Tamari’i ‘Ōra’e, le tout nouveau groupe de chants traditionnels du Centre, figurera donc parmi les formations issues du secteur public ou privé engagées dans le concours 2026. « ‘Ōra‘e est le nom de la terre sur laquelle est construit le Centre des métiers d’art », explique Anatauarii Tamarii, son directeur.

Un groupe guidé par des talents reconnus

Pour relever ce défi, le groupe d’une trentaine de chanteurs bénéficie de l’accompagnement de Dayna Tavaearii, figure reconnue du chant traditionnel, récompensée cette année au Heiva i Tahiti par le prestigieux Grand Prix Tumu Ra’i Fenua ainsi que le prix du meilleur compositeur. C’est elle qui a composé les chants interprétés par Tamari’i ‘Ōra’e. Les textes ont été écrits par Amtsi Temanu, enseignant en reo tahiti au CMA. Deux élèves, Eneric Teinaki et Ariihere Barsinas, ont par ailleurs été désignés chefs de formation.

Une ode aux métiers d’art

Intitulé E mata ora te ha‘a, « l’œil vif et la main rigoureuse », le thème choisi se présente comme une ode aux métiers d’art, aux gestes transmis et à l’exigence du travail manuel. Les textes sont profondément liés à l’histoire, à l’identité et aux missions de l’établissement. « Nous avons décliné notre carte d’identité, notre paripari fenua dans un chant en tārava tahiti. Porter ces textes sur scène, c’est porter nos missions devant le public », souligne le directeur. À travers ce projet, le CMA veut rappeler la valeur du geste dans une société de plus en plus marquée par le numérique et l’intelligence artificielle. « Ce qui aura de la valeur demain, c’est ce qui sera fabriqué par la main de l’Homme. Cette création humaine sera de plus en plus recherchée. C’est aussi ce que j’essaie d’inculquer aux élèves. »

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Bien plus qu’un concours

Au-delà de la compétition, la participation au Ta’urua Hīmene constitue donc un véritable projet pédagogique. La préparation sollicite le chant, la langue, l’histoire, la mémoire collective et les sciences humaines, tout en renforçant la cohésion entre les différentes formations du Centre. Elle répond aussi à la volonté de mieux intégrer les pratiques traditionnelles, notamment la langue, dans la vie du Centre, en complément de ses enseignements.

Créé en 2015 sous le nom de Heiva Tārava et rebaptisé Ta’urua Hīmene en 2019, le concours met à l’honneur les chants polyphoniques polynésiens. Organisé par Te Fare Tauhiti Nui, il offre aux formations participantes l’occasion de présenter leur travail devant le public. Pour le CMA, cette première montée sur scène ouvre une année jalonnée de rendez-vous variés. Une présentation de ce concert aux familles est d’ailleurs prévue au Centre afin de prolonger l’expérience et de faire résonner la voix de Tamari’i ‘Ōra’e.

Extrait de la présentation du thème

« Ô vous, dignes descendants des artisans ! Que vos gestes exaltent le savoir-faire et l’excellence ! […] Que passent les générations, jamais ne meure votre prestige. »

À travers ces paroles, E mata ora te ha‘a, le thème choisi pour les chants, rend hommage aux artisans d’autrefois, capables de donner forme au visible comme à l’invisible, tout en invitant la jeune génération à perpétuer leurs gestes et leur héritage.

En pratique

3e édition du Ta’urua Hīmene

Vendredi 23 octobre à 18 heures

Grand Théâtre de la Maison de la culture

Billets disponibles sur place ou en ligne

www.maisondelaculture.pf

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