Hiro’a n°225 : LE SAVIEZ-VOUS ?

SERVICE DE L’ARTISANAT TRADITIONNEL (ART) – TE PŪ ‘OHIPA RIMA’Ī

Rencontre avec Céline Bertrand Aussenac, formatrice. Texte : ASF – Photos : ART

Deux formations inédites pour structurer son univers et conquérir l’export

 

Depuis quelques années, le Service de l’artisanat traditionnel accompagne l’évolution des artisans et le développement de la filière à travers une série de formations. En septembre, deux formations inédites sont proposées : la première pour façonner une marque forte et mieux vendre, la seconde pour ouvrir les portes du marché international.

L’artisanat traditionnel polynésien ne manque ni d’âme ni d’authenticité. Sculptures sur bois, bijoux en nacre, tressages raffinés, objets en coquillages incarnent un patrimoine culturel vivant d’une richesse exceptionnelle. Cependant, entre le geste créatif et la pérennité financière, de nombreux créateurs se heurtent à la difficulté d’exister sur un marché concurrentiel, souvent copié, mais aussi à celle de faire voyager leurs œuvres au-delà du fenua.

Construire son ADN et séduire les clients

Concevoir avec passion est une chose, mais vivre de son art en exige une autre : savoir vendre. Trop souvent, les artisans produisent de façon spontanée et peinent à structurer l’étape cruciale située entre l’idée originale et la mise en marché. C’est pour combler ce vide stratégique et mieux les accompagner que s’organise la formation « Créer sa marque pour mieux vendre ». Pendant deux jours, six artisans ou créateurs en cours d’installation travailleront, avec Céline Bertrand Aussenac, sur leur identité. L’objectif est de repartir à l’issue des deux jours avec une véritable « caisse à outils » concrète et opérationnelle. « C’est volontairement un petit groupe, car l’idée est de travailler avec chacun sur sa propre identité, son univers de marque », précise la formatrice, dont le parcours en tant que styliste et responsable de collection pour de grandes marques permettra de partager une véritable expertise.

Pensée comme un véritable accompagnement sur mesure, cette formation exige de chaque stagiaire qu’il vienne muni de sa création la plus représentative – sa pièce préférée – et de son produit phare, le « best-seller ». « Souvent la création préférée de l’artisan, celle qui lui ressemble le plus, n’est pas celle qui se vend le plus. La formation doit permettre de créer à la fois une collection adaptée à son profil créatif et à ses objectifs commerciaux. Cela peut passer par des mini-séries. » L’idée est aussi d’élaborer une collection claire et équilibrée et d’établir une grille de prix juste et rentable. Enfin, les participants travailleront à concevoir des outils d’aide à la vente et un packaging en cohérence avec leur image, à améliorer la visibilité de leur stand d’exposition ou encore à explorer les canaux de distribution au fenua comme à l’export.

Exporter des produits artisanaux

Cette première formation conduit naturellement à la seconde. En effet, une fois la marque structurée, un second défi se dresse pour les créateurs polynésiens : l’exportation. Parfois par méconnaissance des circuits commerciaux, ils peinent à trouver leur place hors des frontières polynésiennes. Pour répondre à une forte attente et à un besoin urgent de clarification, le Service de l’artisanat traditionnel propose donc pour la première fois une formation dédiée spécifiquement aux contraintes réglementaires, logistiques et financières de l’export.

Exporter le patrimoine culturel polynésien ne s’improvise pas. Comme le rappelle l’intitulé des enjeux de cette formation, « le patrimoine doit être vu à l’extérieur et protégé ». La première grande leçon de ce stage est d’apprendre à identifier la législation des pays cibles pour éviter d’investir du temps et de l’argent inutilement. Par exemple, la réglementation américaine, stricte, interdit l’importation de certains paniers et objets tressés ; de même, les produits intégrant des coquillages ou des matières végétales font l’objet d’un encadrement drastique. Il s’agit donc d’identifier d’autres marchés porteurs et d’adapter ses produits. Autre problématique souvent rencontrée : la maîtrise des documents obligatoires (factures, listes de colisage, déclarations en douane). Comprendre la nomenclature douanière, se familiariser avec les Incoterms et s’assurer de la conformité des étiquetages sont autant de clés de réussite. Bien choisir sa destination, bien sélectionner son transporteur et bien remplir les documents contribuent à un export serein et souple.

En coordonnant ces deux modules complémentaires en septembre, le Service de l’artisanat traditionnel offre aux créateurs locaux une opportunité rare de transformation professionnelle. Passer de l’artisanat d’art à une marque structurée, puis d’une diffusion locale à une exportation sécurisée, permettra aux savoir-faire du fenua de briller à leur juste valeur sur les marchés mondiaux.

Pratique

« Créer sa marque »

Les 7 et 8 septembre dans les locaux du Service de l’artisanat traditionnel – Te Pū ‘ohipa rima’ī à Pape’ete. Pendant deux jours les artisans apprendront :

  • à créer une marque qui reflète leur univers et leurs créations ;
  • à structurer leurs collections ;
  • à définir qui sont leurs clients ;
  • à présenter leur marque et leurs produits pour gagner de la visibilité et séduire les clients.

« Exporter des produits artisanaux »

Cette formation s’adresse aux artisans qui souhaitent se développer à l’international.

Les 29 et 30 septembre, toujours dans les locaux du Service de l’artisanat traditionnel – Te Pū ‘ohipa rima’ī à Pape’ete.

Pour plus d’informations sur les futures formations :

40 545 400 ou [email protected]

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