Hiro’a n°220 – LE SAVIEZ-VOUS ?

En partenariat avec la SEO-TNIM

Texte issu du Bulletin de la Société des Études Océaniennes, en mars 1917 – Photo : SEO-TNIM

La légende des « Pierres marchantes » de Papetoai


C’est dans le 1er numéro du Bulletin de la Société des Études Océaniennes, en mars 1917, que l’on peut découvrir la légende des « pierres marchantes » (Ofaitere)[΄Ōfa΄i tere] de Papetoai [Papeto΄ai], racontée par un ancien du pays et rapportée par Mme Tetua a Tefaafana.

Les génies de Raiatea [Ra΄iātea] avaient entendu parler des beautés de la montagne « Rotui » [Rōtu΄i], qui se trouvait alors au fond de la baie d’Opunohu [΄Ōpūnohu], à Papetoai [Papeto΄ai], mais beaucoup plus à l’intérieur des terres. Ils formèrent le projet de venir voler cette belle montagne, pour la transporter chez eux, aux îles Sous-le-Vent.

Alors, par une nuit très noire, ils arrivèrent à Moorea [Mo΄orea] ; ils étaient trois : deux frères et leur sœur. Ils entourèrent la montagne Rotui [Rōtu΄i] avec une longue corde que la sœur devait tirer par devant, pendant que les deux frères pousseraient la montagne par derrière. Et la montagne se déplaçait lentement.

Mais il y avait aussi à Moorea [Mo΄orea] un bon génie : c’était une femme. Elle s’aperçut qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire pendant cette nuit ; elle sentit que la montagne se déplaçait et s’avançait lentement vers la mer : elle comprit qu’on voulait la voler. Alors, elle imita le chant du coq, et au milieu de cette nuit lança des « cocoricos » [tōtere΄ō] étourdissants.

Les génies de Raiatea [Ra΄iātea] crurent à l’approche du jour ; ils eurent honte d’être surpris et s’arrêtèrent.

Les deux frères furent changés en deux grandes pierres ayant la forme de têtes d’homme avec une hauteur de presque deux mètres. Ces deux pierres existent toujours au fond de la baie d’Opunohu [΄Ōpūnohu], et les indigènes du pays chantent leurs noms de « Pierres marchantes » dans leurs chansons. Quant à leur sœur, elle fut changée en un grand bloc de corail situé à peu près au milieu de la passe de Papetoai [Papeto΄ai], qu’on appelle la passe « Taareu » [Ta΄areu], et on l’appelle encore maintenant le « Corail aux requins ».

Et voilà comment la montagne Rotui [Rōtu΄i], qui se trouvait plus à l’intérieur des terres, est placée maintenant au bord de la mer.

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