Hiro’a n°220 – 10 QUESTIONS À
10 questions à Anatauarii Tamarii, directeur par intérim du Centre des métiers d’art
Des objets du CMA à l’espace Gauguin
Le Centre des métiers d’art vient de nouer un partenariat avec Grands Projets de Polynésie – G2P afin de mettre à disposition des objets réalisés par des élèves dans le futur espace scénographique dédié à Paul Gauguin, au sein du jardin botanique de Papeari. Pour Anatauarii Tamarii, le directeur par intérim du CMA, il s’agit d’un partenariat gagnant-gagnant.
Un nouveau partenariat s’annonce pour le Centre des métiers d’art, pouvez-vous nous en parler ?
« Le CMA a été sollicité par G2P, qui est depuis plusieurs années en charge de la construction de l’espace scénographique “Sur les pas de Gauguin” au sein du jardin botanique Harrison Smith de Papeari. Il s’agit de mettre à disposition un certain nombre d’objets réalisés par d’anciens et actuels élèves du Centre. Ce partenariat s’inscrit dans le cadre de l’aboutissement de l’aménagement et de la mise en valeur de cet espace qui devrait être livré dans le courant du dernier trimestre 2026. »
Pourquoi G2P a-t-il fait appel en particulier au CMA ?
« Ne s’agissant pas d’un musée, cet espace ne répond pas aux critères de conservation et d’exposition d’objets patrimoniaux. Les paramètres de sécurité, les contraintes d’hygrométrie… ne sont pas respectés, il était donc impossible pour l’équipe scénographique d’accueillir des objets issus de Te Fare Iamanaha – Musée de Tahiti et des îles. La solution a été de mettre en scène des objets de nos contemporains, sans contraintes drastiques de conservation, mais en assurant tout de même un minimum. C’est dans ce cadre que le CMA a été approché. »

Cela peut être des copies d’objets anciens comme ceux déjà exposés à l’aéroport de Tahiti-Fa΄a΄ā ?
« Oui, c’est tout à fait cela. Tout au long de leur parcours de formation, nos élèves ont travaillé sur la reproduction de pièces anciennes et sur un volet création. Comme à l’aéroport, il s’agit pour nous de donner de la visibilité au travail de nos élèves, de montrer leurs pièces. »
Quels sont ces objets ?
« Ces objets étaient déjà présents au Centre des métiers d’art, dans nos vitrines, mais sans forcément être valorisés ni même visibles du grand public. Ils sont au nombre de huit. On peut trouver un ΄ūmete ou encore un éventail, un coco gravé ainsi qu’un petit tiki. »
Comment ont-ils été sélectionnés ?
« L’espace ne sera pas un musée, mais une exposition d’interprétation avec un parcours chronologique. Les objets sélectionnés permettent d’illustrer les phases de vie de Paul Gauguin. Certaines pièces sont issues de la tradition tahitienne, d’autres du corpus marquisien pour illustrer la vie de Gauguin aux Marquises. »
Quel est l’intérêt pour le CMA de valider ce type de partenariat ?
« L’objectif est d’offrir de la visibilité à nos élèves et au Centre. Nous devons valoriser le talent et le niveau de formation de nos élèves. Les objets sont présentés dans l’espace Gauguin dans de très bonnes conditions et nous avons demandé à ce que chaque pièce soit accompagnée d’un cartel avec le nom de l’objet, celui de l’élève et, bien sûr, la mention du CMA. Il s’agit pour nous d’un partenariat véritablement structurant et mutuellement bénéfique. Cet espace est appelé à devenir, à l’instar du Musée de Tahiti et des îles, un véritable pôle de convergence culturelle et touristique. Bénéficier de cette visibilité représente ainsi une opportunité stratégique pour le Centre, tout en offrant une vitrine de valorisation particulièrement pertinente pour les travaux et le savoir-faire de nos élèves. »
Ces pièces sont-elles offertes à l’espace Gauguin ?
« Non, elles restent la propriété du Centre des métiers d’art. Il s’agit en fait d’un prêt pour une durée de cinq ans, dans un premier temps. »
Ce nouvel espace va-t-il devenir un lieu de passage pour les élèves du CMA ?
« Le programme pédagogique prévoit, de façon systématique, une ou plusieurs visites du Musée de Tahiti et des îles et la découverte d’expositions dans les galeries d’art. Ce nouvel espace s’intégrera dans ce programme d’apprentissage. »
D’autres partenariats sont-ils programmés en 2026 ?
« Oui, plusieurs partenariats sont actuellement en cours de structuration pour l’année 2026. Parmi eux, des échanges sont engagés avec l’École Boulle, prestigieux établissement au sein duquel a été formé M. Henri Bouvier, père fondateur du CMA. Ce rapprochement s’inscrit dans une volonté de renouer avec l’histoire de l’établissement tout en ouvrant de nouvelles perspectives en matière de coopération pédagogique et artistique. »
Qu’en est-il de la salle d’exposition qui devait être mise à disposition du CMA dans le nouveau terminal de croisière, à Papeete ?
« À la suite de l’enquête administrative conduite par la CTC, et au regard des investissements significatifs que le Centre aurait dû engager pour l’aménagement de cet espace, il a été décidé, dans un souci de gestion responsable et de soutenabilité budgétaire, de ne pas donner suite à ce partenariat avec le Port autonome de Papeete.
Cette décision s’inscrit pleinement dans le cadre de l’autonomie de gestion de l’établissement, telle que prévue par la délibération fondatrice du Centre, et dans une logique de priorisation des investissements au bénéfice direct de ses missions pédagogiques et artistiques.

En parallèle, les études relatives à la réhabilitation du site du CMA ont été engagées. Elles intègrent la création d’un espace d’exposition dédié, conçu selon les standards actuels, permettant de valoriser durablement les travaux des élèves et de renforcer l’ancrage du Centre comme pôle d’excellence artistique. »
Un parcours immersif autour de Gauguin
L’espace scénographique « Sur les pas de Gauguin » se trouve au sein du jardin botanique de Papeari. Parmi les aménagements, on compte un parking public d’au moins 50 places, une entrée unique par une passerelle piétonne traversant la forêt de māpē et un bâtiment d’environ 1 600 m2 de surfaces utiles, sur deux niveaux. Ce dernier regroupe différents services :
- un espace d’accueil ;
- un belvédère dominant le jardin ;
- une buvette ;
- une boutique ;
- des sanitaires publics ;
- des locaux administratifs et techniques.
L’espace ne sera pas un musée, mais une exposition d’interprétation. Il s’agit d’une exposition permanente d’environ 900 m², déroulant un parcours chronologique composé de sept séquences et proposant un circuit d’une durée moyenne de 45 minutes (en groupe) à 1 h 30 (en individuel), adapté à tous les types de visiteurs.
(Source : G2P)
