Hiro’a n°218 – LE SAVIEZ-VOUS ?
Service du patrimoine archivistique et audiovisuel (SPAA) – Te Piha faufa΄a tupuna
Texte : ASF – Sources : La Dépêche de Tahiti et Les Nouvelles de Tahiti
B.B. sous le soleil de Tahiti
Le 28 décembre 2025, Brigitte Bardot, icône française, décédait des suites d’un cancer à Saint-Tropez. Le SPAA a pu se replonger dans les archives de la Dépêche de Tahiti et des Nouvelles de Tahiti pour revenir sur son passage éclair à Tahiti en 1966, lors de sa lune de miel avec Gunter Sachs — son 3e mari —, et ses positions pour la cause animale.
Juillet 1966 : le Fenua a vibré au rythme de la « Bardot-mania ». Fraîchement mariés à Las Vegas, l’icône mondiale du cinéma et le richissime héritier allemand Gunter Sachs ont choisi Tahiti pour une lune de miel aussi courte qu’intense, marquée par une traque médiatique sans précédent et quelques rebondissements aériens. Tout a commencé le jeudi 14 juillet 1966. À Las Vegas, au cours d’une cérémonie qui n’aura duré que huit minutes, le juge du district a uni Brigitte Bardot à Gunter Sachs. Pour B.B., qui avait pourtant juré qu’elle ne se remarierait plus, Gunter a été celui qui l’a fait changer d’avis, simplement parce qu’il « existe ».
L’arrivée mouvementée à Tahiti-Fa’a’ā
Dès le samedi 16 juillet à 6 h 30 du matin, l’aéroport de Tahiti- Fa΄a΄ā connaît une affluence extraordinaire. La population, d’ordinaire indifférente aux célébrités, s’est pressée en nombre pour apercevoir la star nationale. Le couple, un peu fatigué mais souriant, s’est engouffré dans un taxi pour l’Hôtel Tahiti avant de s’installer plus au calme dans une propriété privée à Punaauia.
Leur séjour a toutefois été marqué par une tension entre la presse locale et l’entourage du couple. Les photographes des quotidiens locaux ont vivement protesté contre l’exclusivité accordée à une compagnie aérienne, les empêchant de faire leur métier sur le tarmac.

Entre Borabora et les festivités du Tiurai
Fuyant l’animation des fêtes du Tiurai, bien qu’ils y aient fait une brève apparition, les mariés se sont envolés pour Borabora le dimanche après-midi en avion privé. Ils ont également tenté de séjourner à Tūpai, où ils devaient rester une dizaine de jours. Cependant, cette lune de miel s’est révélée particulièrement mouvementée. Dès le jeudi suivant, le couple était de retour à Bora Bora, bloqué faute de places dans le DC-4 qui devait les ramener vers Tahiti. Ce n’est que le vendredi qu’ils ont pu regagner Papeete. Après seulement quelques jours passés dans les îles, Brigitte et Gunter ont quitté la Polynésie dans la nuit du dimanche 24 au lundi 25 juillet, en direction du Mexique pour continuer leur voyage.
Si ce départ a libéré les photographes d’un rythme épuisant, il laisse le souvenir d’une visite éclair qui aura tenu Tahiti en haleine, entre deux essais nucléaires à Moruroa et les concours de tressage de paniers du district de Pūeu.

De l’icône glamour à la « pasionaria » des animaux
Si Brigitte Bardot a découvert Tahiti sous les traits d’une jeune mariée en 1966, elle y est revenue virtuellement à de nombreuses reprises à travers les actions de sa fondation. Son attachement au Fenua s’est transformé, au fil des décennies, en une vigilance constante pour la protection de la faune locale. L’un de ses engagements les plus marquants en Polynésie concerne la défense des animaux de compagnie. En novembre 2014, Brigitte Bardot a apporté un soutien public et médiatique à la propriétaire d’un teckel nommé Juki, qui avait été brûlé vif à Papara. En novembre 2019, l’actrice a adressé une lettre ouverte virulente au Haut-commissaire de la République en Polynésie française. Elle y dénonçait le « commerce abominable » et la consommation de viande de chien, pourtant interdite sur le territoire depuis 1959. Elle a fustigé le « laxisme » des autorités face à ces pratiques illégales.
Sentinelle de la biodiversité marine
La Fondation Brigitte Bardot s’est également illustrée par son activisme en faveur des espèces marines emblématiques du Pacifique. Dès 2002, la fondation était présente pour la première fois aux réunions de la Commission Baleinière Internationale (CBI). Elle s’est réjouie des avancées concernant le moratoire sur la chasse à la baleine, alors que la Polynésie française créait son propre sanctuaire de 4 millions de kilomètres carrés pour protéger les mammifères marins. Brigitte Bardot a pris également position pour la fermeture des delphinariums en France, ciblant spécifiquement celui de l’InterContinental Mo΄orea en 2017. Enfin, par ses courriers officiels, elle rappelle régulièrement à l’État son devoir de traquer les braconniers de tortues et de requins, dont la consommation est strictement interdite. Jusqu’à sa disparition, elle se voulait une voix redoutée et influente, n’hésitant pas à dénoncer ce qu’elle qualifiait de « sévices innommables ».

