Matisse dévoile la Polynésienne

[singlepic id=695 w=320 h=240 float=left]
A l’occasion
de « 2011, Année des Outre-mer français », le Musée de Tahiti et des Îles accueille l’exposition « Papeete, Tautira, Apataki, Fakarava et  Matisse  en 1930 », consacrée au passage de ce grand peintre en Polynésie. Eclairage sur le dessin qu’il a réalisé de son amie et modèle Pauline Schyle.

Un dessin de femme polynésienne alanguie, une végétation que l’on devine touffue en toile de fond : toutes les formes chères à Matisse, si caractéristiques de son oeuvre, sont réunies. En quelques coups de crayons, Matisse cherche à transmettre son regard avec un minimum de moyens. « Mon dessin au trait est la traduction directe et la plus pure de mon émotion. La simplification du moyen permet cela » affirme le peintre, qui saisit à la volée les attitudes naturelles de ses modèles, loin des poses académiques. La pratique du dessin occupe chez Matisse une place prépondérante, indépendante aussi : il est venu à Tahiti pour la « recherche picturale », écrit Paule Laudon dans son ouvrage dédié au séjour de l’artiste en Polynésie. « Le voyage en Polynésie procède d’une motivation évidente : voir. (…) Pour l’artiste, la création commence à la vision. (…) Ainsi Matisse arrive à Tahiti pour essayer de s’assimiler à ce monde des mers du Sud picturalement difficile, à la nature baroque, aux gens indigènes », poursuit Paule Laudon. « Il est impressionné par ce beau peuple solide, qu’il compare à des statues antiques, à des modèles de la Renaissance, dont la peau présente la particularité d’être lumineuse, chaudron cuivre. (…) Il cherche la beauté formelle, le signe caractéristique, ce qui subsiste de neuf dans ce peuple dit primitif (…). Et il dessine pour préciser cette recherche (…). »

Pauline la sculpturale

Sur ce dessin, Matisse croque la jeune Pauline Oturau Aitamai, épouse Schyle, celle-là même qu’il a rencontrée le 29 mars 1930 au quai de Papeete. Ils ont un ami commun : Marc Chadourne*, écrivain et fonctionnaire en mission Tahiti.
Pauline et son compagnon, Etienne Schyle, propriétaire d’un grand garage, lui serviront de guide autour de Tahiti. « Partout, le peintre apprécie les proportions, les expressions, les tons des corps et des visages. Son carnet de croquis ne le quitte pas », nous apprend Paule Laudon. « Pauline y est souvent présente, au crayon, à la plume, de face ou de profil, allongée sur le canapé de sa véranda ». En quelques lignes, Matisse saisit la particularité de ses traits, de sa lourde chevelure ondulée, de ses formes voluptueuses et déploie toutes les ressources de ce qu’il nommait son « écriture de signes ».

L’original du dessin, qui fait partie d’une collection privée, ne sera pas exposé mais le public pourra découvrir sa reproduction.

Exposition « Papeete, Tautira, Apataki, Fakarava et  Matisse  en 1930 » : Pratique

Paule Laudon, spécialiste de Matisse dans sa période polynésienne et présidente de l’association pour la connaissance et la protection du patrimoine naturel et culturel Vaipuna, organise cette exposition qui dévoilera des œuvres originales de Matisse, des reproductions de ses peintures significatives de son influence polynésienne, des photographies, ainsi que des extraits de lettres que Matisse envoya à sa femme restée à Nice, puis à son amie Pauline Schyle rencontrée à Tahiti.

Où et quand ?

– Au Musée de Tahiti et des îles

– Du 26 octobre au 03 novembre

– Ouvert du mardi au samedi, de 9h30 à 17h30

– Entrée : 600 Fcfp / gratuit pour les étudiants et les scolaires

+ d’infos au 54 84 35

 

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter l’ouvrage de Paule Laudon, « Matisse, le voyage en Polynésie », récit passionnant du séjour du peintre dans nos îles où l’on apprend beaucoup sur le Tahiti du début du siècle dernier.

Marc Chadourne (1895-1975) a écrit des romans, des récits de voyage (en particulier sur Tahiti où il fut chef de cabinet du gouverneur). « Vasco » écrit en 1927, qui se déroule dans les archipels polynésiens, a connu un grand succès.

Vous aimerez aussi...