Hiro’a n°218 – 10 QUESTIONS À

Laura Théron, déléguée générale de l’Afifo, et Marie Kops, coordinatrice du programme professionnel du Fifo

Propos recueillis par Lucie Ceccarelli

Le Fifo 2026, carrefour des récits océaniens

Du 6 au 15 février, le Festival international du film documentaire océanien investit Te Fare Tauhiti Nui pour une 23ᵉ édition placée sous le signe de la création, du partage et de la souveraineté narrative. Projections, soirées Off, ateliers pour le grand public, bootcamp et rendez-vous professionnels : Laura Théron, déléguée générale de l’Afifo, et Marie Kops, coordinatrice du programme professionnel, dévoilent les temps forts d’un Fifo plus vivant et engagé que jamais.

Comment démarre cette 23e édition du Fifo ?

Laura Théron : « Cette année, le Fifo démarre le 6 février avec l’une de mes soirées préférées : la 16e Nuit de la fiction océanienne. Il s’agit d’une sélection de 12 courts-métrages de fiction, dont les deux premiers lauréats du Mini Film Festival 2025. Le lendemain, on enchaîne sur la soirée des courts-métrages documentaires, intitulée Fenêtre-sur-courts, un projet créé et nommé par Mareva Leu à qui nous dédions cette édition du Fifo. Sept documentaires y seront projetés. »

Quand aura lieu la soirée d’inauguration du festival ?

« Lundi 9 février, après une première journée consacrée comme chaque année aux scolaires, se tiendra la cérémonie d’ouverture officielle du Fifo, à 17 heures sur le paepae a Hiro de la Maison de la culture. »

Qu’est-il prévu pour la troisième soirée du Off ?

« Après la cérémonie d’inauguration lundi, la dernière soirée du Off aura lieu au Grand théâtre à 19 heures, avec une Carte blanche au Sundance Film Festival, fondé aux États-Unis par Robert Redford. Cette soirée, intitulée l’“Indigenous Film Tour”, présentera une sélection de sept courts-métrages, fiction et documentaires, réalisés par des voix autochtones du monde entier. »

Le reste de la semaine sera donc consacré au festival à proprement parler…

« Du mardi au vendredi, nous proposons le programme du Fifo dans les trois espaces de la Maison de la culture (Grand théâtre, Petit théâtre et salle Muriāvai) de 8 à 22 heures environ, avec une programmation alternée. Tous les films en compétition sont diffusés trois fois et ceux hors compétition deux fois. Puis le week-end, on rediffuse les films primés et les coups de cœur du Fifo. »

Quels sont les ateliers prévus en marge des projections ?

« Tout au long de la semaine sont organisés six ateliers d’initiation à l’audiovisuel destinés au grand public, dès 10 ans ou adolescents. Polynésie La 1ère en dispense deux : le premier consiste à se mettre dans la peau d’un présentateur de journal télévisé, version TikTok, et le second est un atelier autour du podcast afin de se raconter. Il s’agit d’un sujet récurrent au Fifo, celui de s’emparer d’une forme de souveraineté narrative pour faire en sorte que nos jeunes fassent entendre leurs voix et leurs histoires. »

Quels sont les quatre autres ateliers ?

« Il y a la création d’une vidéo en stop motion proposée par Nyko PK16, une initiation au tournage de reportage télévisé et internet par Are Raimbault, une introduction à la photographie documentaire menée par un collectif de quatre photographes professionnels, et enfin l’atelier “Selfie : reflets de soi” où l’idée est d’utiliser l’autoportrait audiovisuel pour se raconter, parfois sans mots, et s’approprier son image, son discours et son histoire différemment. »

Cette année, un bootcamp est également prévu. Pouvez-vous nous en dire plus ?

« En plus des ateliers d’initiation destinés aux néophytes et au jeune public, on a mis en place un bootcamp qui s’adresse quant à lui à un public de jeunes adultes déjà à l’aise avec les outils audiovisuels. Il s’agit d’une semaine de création audiovisuelle animée par un professeur australien de la Griffith Film School de Brisbane. C’est un peu plus intense et, surtout, c’est en anglais, donc ça fait un petit stage linguistique au passage ! »

Y a-t-il aussi des rendez-vous pour les professionnels ?

Marie Kops : « Nous reconduisons cette année l’“Oceania Doc Market”, qui nous permet de réunir les professionnels du secteur (porteurs de projets, auteurs, réalisateurs, producteurs, diffuseurs, financeurs…) autour d’un programme qu’on essaie d’articuler comme un marché du documentaire. Son cœur battant est l’“Oceania Impact Pitch”, relancé depuis 2024 en biennal après quelques années d’absence. La notion d’impact fait partie de l’ADN du Fifo, qui présente chaque année des films engagés, preuve que le documentaire peut être un véritable moteur pour changer les sociétés. »

Comment fonctionne ce pitch ?

« On a retenu sept projets océaniens, sur quinze reçus. Depuis début janvier, les porteurs de projet ont intégré une formation en ligne au pitch et à la campagne d’impact, qui se conclut par une semaine de workshops intensifs pendant le Fifo, à l’issue de laquelle est prévue une présentation devant un jury et un panel de partenaires potentiels. Cela se déroulera le 12 février au Petit théâtre. Le lauréat du pitch sera annoncé lors de la cérémonie de remise des prix du Fifo vendredi soir et recevra 200 000 Fcfp. »

Le grand public pourra-t-il également rencontrer et échanger avec des professionnels ?

« Bien sûr, on organise un cycle de rencontres, intitulé “Fifo Talks”, où nous sommes très heureux de pouvoir accueillir la quasi-totalité des représentants des films en compétition cette année, qui vont rencontrer le public lors de tables rondes. Le public initié a également la possibilité de participer à deux master class, l’une sur le storytelling autochtone et l’autre sur la production d’impact pour un cinéma engagé. »

FIFO

Du 6 au 15 février, à Te Fare Tauhiti Nui

Soirées Off les 6, 7 et 9 février au Grand théâtre (accès gratuit sur réservation)

Accès payant au festival du 10 au 15 février (1 000 Fcfp la journée, 4 000 Fcfp la semaine et 1 500 Fcfp le week-end, gratuit pour les moins de 26 ans)

Programme, réservations et programmation en ligne : www.fifotahiti.com

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