Hiro’a n°167 – L’oeuvre du mois : Mise en lumière des lampes coquillages

L’œuvre du mois

Service de l’Artisanat traditionnel (ART) – Pu Ohipa rima΄i

Rencontre avec Mareva Orbeck, artisane, experte en coquillages de plage. Texte : Alexandra Sigaudo-Fourny – Photos : Mareva Orbeck

 

Mise en lumière des lampes coquillages

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C’est d’abord dans une maison au style résolument local que les lampes coquillages de Mareva Orbeck ont trouvé leur place avant de s’envoler vers le Vanuatu. Véritables objets de décoration, elles nous éclairent à la fois sur les richesses naturelles de notre fenua et sur le savoir-faire de nos artisans.

Dans une maison au style local, un pied de lampe en miki miki de presque deux mètres de haut a trouvé sa place tout naturellement. En son sommet, un abat-jour recouvert de coquillages de plage finit de l’habiller. Voici une des lampes réalisées par Mareva Orbeck, artisane depuis vingt ans et experte, on peut le dire, dans l’utilisation des coquillages de plage. Elle les ramasse elle-même à Teahupo΄o ou les reçoit directement des Tuamotu où quatre personnes, de trois atolls différents (Niau, Faaite, Anaa), s’y emploient pour elle.

Création pour une boutique au Vanuatu

Comment est née cette lampe et toutes les autres qu’elle réalise chez elle ? « Depuis six ans, j’ai une cliente qui a une boutique au Vanuatu et qui, au départ, me commandait régulièrement des colliers, des bracelets, des bagues en coquillages de plage. De mon côté, je commençais à me lasser de ne faire que des bijoux, j’avais envie de plus grandes pièces, d’utiliser les coquillages en décoration. J’ai donc commencé à faire des miroirs, des lampes à pétrole … », se souvient Mareva. L’artisane propose à sa cliente une première pièce avec sa signature très particulière qui consiste à n’utiliser que des coquillages de plage non vernis, placés de façon aléatoire et en grande quantité sur les différents supports. Le premier objet, un miroir, plaît beaucoup et voilà une nouvelle collaboration qui démarre avec l’envoi de pièces au Vanuatu. Puis Mareva s’attaque à la décoration de la maison de sa cliente qui se trouve à Tahiti et imagine des lampes dont l’abat-jour, bien évidemment, est décoré de coquillages de plage. «  Ma cliente est très nature, elle aime les choses à l’état brut et les imperfections naturelles. Nous étions faites pour travailler ensemble, car moi j’ai horreur de travailler avec les coquillages vivants qui brillent ! »

Miki miki, arbuste de bord de mer

lampe coquillage de Mareva Orbeck

Pour le pied de ses lampes, Mareva a choisi d’utiliser le miki miki, un bois que l’on trouve en bord de mer et qui a la particularité d’être très dur à percer. Sur certaines lampes, elle imagine des pieds à plusieurs branches «  pour y accrocher chapeaux et couronnes de fleurs  ». Afin de fixer ces branches supplémentaires, elle travaille avec deux ébénistes qui lui confectionne également des socles en bois de ΄āpape. Ensuite, notre artisane entre en scène pour la création de l’abat-jour. Tout est possible, de l’utilisation des tara fetu΄e* en passant par les petites nacres jaunes. Elle aime mixer les couleurs et les formes des coquillages et ajoute même parfois une bande de pae΄ore tressé, imaginant à chaque fois une lampe unique.

Un esprit très local

«  Si je trouve des abat-jours dans des tons beiges ou marron, je peux y placer quelques pièces soigneusement sélectionnées, car ces couleurs se marient bien avec nos intérieurs à la décoration locale. Par contre, si je trouve des abat-jours noirs, je préfère les recouvrir totalement, car c’est une couleur qui est moins en accord dans nos maisons traditionnelles. Je crée ma propre colle avant de placer les coquillages en vrac, sans ordre précis et très serrés les uns aux autres », précise Mareva, toujours enthousiaste à l’idée de parler de son travail. L’artisane est peu présente sur les salons, car une grande partie de son travail consiste à répondre à des commandes, notamment pour le Vanuatu. « Ma cliente participe avec moi à l’élaboration des pièces. À chaque étape, je lui envoie des photos, elle me donne son avis, fait des propositions, nous avons une vraie collaboration. »

*Crayon d’oursin

Pratique

Mareva Orbeck

Tél. : 87.28.04.70

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