N°119 – Une rentrée sur les chapeaux de roues 

 

Maison de la Culture (TFTN) – Te Fare Tauhiti Nui

Conservatoire de Polynésie française (CAPF) – Te Fare Upa Rau

Centre des Métiers d’Art (CMA) – Pu ha’api’ira’a toro’a rima’i

 

Rencontre avec Frédéric Cibard, chargé de la communication au CAPF, Mylène Raveino, responsable des activités permanentes à TFTN, et Viri Taimana, directeur du CMA. Texte : SF

 

L’heure de la rentrée a bientôt sonné. Les vacances sont presque terminées, les élèves sont prêts à reprendre le chemin de l’école. Bonne nouvelle : les établissements culturels du fenua font aussi leur rentrée en ce mois d’août. Les mots d’ordre de cette nouvelle année : innovation, engagement et partage.

 

Le Conservatoire monte en puissance fete de la musique © Ludovic Chan : CAPF 20170617_0011

 

Des rendez-vous quotidiens, des évènements, des spectacles, des projets, et autres plaisir à partager ! Les établissements culturels de la Polynésie font leur rentrée en août. Pour certains, cela passe avant tout par les inscriptions. Au Conservatoire de Polynésie française, trois jours entiers y sont consacrés. « C’est un moment très important car les élèves choisissent leurs disciplines et leurs horaires. En quelque sorte, ils écrivent leur partition musicale pour l’année ! », explique Frédéric Cibard, chargé de la communication de l’établissement. Les parents et leurs enfants ont ainsi rendez-vous les mercredi 23 août de 8h à 18h, les jeudi 24 et vendredi 25 août de 13h à 18h au Conservatoire. Trois jours pour découvrir l’établissement, rencontrer les enseignants, choisir les disciplines, établir les horaires des cours et régler tout ou une partie des frais de scolarité. Les deux premières journées, le 23 et 24 août, sont consacrées aux élèves du Conservatoire et tous les nouveaux élèves ayant déjà fait une préinscription. Le vendredi 25 août est uniquement réservé aux nouveaux venus. Si on vient choisir dans quelles sections s’inscrire parmi les quatre proposées : art classique, art traditionnel, art visuel ou art dramatique ; c’est aussi à ce moment-là que se constituent les ensembles musicaux : orchestre symphonique, groupes de rock, chorale… Et, cette année, le Conservatoire monte en puissance avec quelques nouveautés.

 

La qualité, avant tout 

 

Fort de ses 1800 élèves, l’établissement connaît un succès et un intérêt grandissant depuis sa création en 1979. Un succès lié notamment à la force de proposition du Conservatoire qui, malgré le temps qui passe, ne se repose pas sur ses lauriers. Pour cette rentrée 2017-2018, la chorale des adultes revient après deux années d’absence. Jean-Marie Dantin, ancien professeur de clarinette aujourd’hui à la retraite, dirigera le chœur des adultes en revisitant les grandes voix de l’opéra italien. Ce passionné de musique sera aussi à la tête d’une partie de l’orchestre symphonique, dirigé également par Frédéric Rossoni. Ce n’est pas tout. Le département musiques actuelles, dirigé par Stéphane Rossoni, se développe avec une nouvelle unité de valeur : la musique assistée par ordinateur, appelée plus communément MAO. Il s’agit d’apprendre aux élèves à créer leur musique avec un ordinateur comme centre de studio. La MAO sert à s’enregistrer, à éditer de l’audio, à mixer, et bien plus encore. Une petite révolution dans le monde musical qui est apparue dans les années 1970 et qui depuis a fait ses preuves. Autre nouveauté, la venue de Mimife, coach vocal. Mimife est une artiste de renom. Choriste de Johnny Hallyday, elle est aussi l’une des voix de Disney France. Cette chanteuse installée depuis quelques années au fenua viendra coacher des chanteurs des groupes de rock du département musique actuelle au Conservatoire. « On souhaite enrichir les pratiques de ce département qui a de plus en plus de succès, souligne Frédéric Cibard, Des jeunes talents y sont nés et continuent aujourd’hui leur carrière en France ». C’est le cas par exemple du jeune prodige Ugo, qui est aujourd’hui chez Warner

 

S’engager et échanger 

 

Le Conservatoire propose des formations mais aussi des concerts tout au long de l’année. Et le programme 2017-2018 est bien chargé. L’année commence avec le concert de la paix, organisé avec le club soroptimist. Ce spectacle qui propose de la danse traditionnelle et de la musique de chambre, est important car il permet de récolter des fonds pour les enfants défavorisés. Cette 7ème édition est prévue le 29 septembre, à la mairie de Pirae à partir de 19h30. « Le Conservatoire est engagé dans les causes. Nous allons soutenir le téléthon avec un concert d’orchestre à cordes, mais aussi les enfants malades..Nous allons aussi participer à la journée européenne et celle du patrimoine », explique Frédéric Cibard, ravi de constater qu’au fil des ans, l’établissement est de plus en plus impliqué dans la vie sociale du fenua. La synergie avec la population est importante pour le Conservatoire, qui s’associe également à la Maison de la Culture pour certains événements populaires. Parmi eux, le très attendu, festival de Ukulele, après lequel les Polynésiens tenteront de battre le nouveau record du monde de ukulele désormais détenu par Hong-Kong. Autre collaboration intéressante, celle avec l’école de musique de Rapa Nui. « Nous développons les échanges avec nos cousins pascuans, nous allons notamment recevoir une jeune danseuse tout au long de l’année ». Un échange qui se fait aussi localement avec les jeunes élèves des collèges proposant les classes CHAD et CHAM, classes à horaires aménagées en danse et en musique. Après celle de Taravao et Maco Tevane, le Conservatoire participe à l’ouverture d’une classe CHAD au collège de Tipaerui. L’engagement du Conservatoire dans la jeunesse et les artistes de demain est ainsi total.

 

Pratique 

Les inscriptions : 23, 24, 25 août au CAPF

+ d’infos : 40 50 14 14 / 40 43 41 00 ou sur  www.conservatoire.pf 

 

La Maison de la Culture innove

Du côté de TFTN, la culture est aussi à la fête. Pour cette rentrée 2017-2018, la Maison de la Culture enrichit ses cours et ateliers de petites nouveautés. Bien-sûr, on retrouve d’abord les classiques : aide aux devoirs, anglais, échec, éveil corporel… Mais il y a aussi des nouveaux venus. Dès le 28 août, Majo Sotomayor, artiste qui accomplit un travail remarquable avec les détenues de Nuutania, propose un atelier créatif, à l’année, pour les enfants. L’idée étant de découvrir un art à travers ses artistes, ses courants et de réaliser un travail personnel d’après ces différents courants artistiques. Autres nouveautés destinées aux enfants : cours de yoga avec Aurélie Cottier. Pour les enfants qui ont du mal à se concentrer ou à trouver le calme, pratiquer le yoga est une belle ouverture vers cet univers de la pleine conscience et un bon moyen d’apprendre à se concentrer sur son monde intérieur. Egalement pour le jeune public, cours de japonais (langues, civilisation, culture) avec Akari Okamune et l’atelier chant « United Kids » avec Julie Boudou. Les enfants âgés de 7 à 11 ans sont invités à travailler sur une comédie m116 - RS - Ateliers TFTN © TFTN04usicale, celle choisie cette année est « Le violon enchanté ». Au cours de cet atelier, les enfants apprendront à travailler leur voix mais aussi la mise en scène, ils se produiront en spectacle en fin d’année scolaire. Les adultes pourront quant à eux s’essayer à la création artisanale. Marie Ruaud partage son talent de tressage avec les plus curieux. « Non seulement elle a du talent mais en plus elle est très pédagogue. Elle a appris le tressage en faisant un panier marché avec une mama en 2002 et cela a déclenché une passion chez elle. On peut dire qu’elle maîtrise toutes les techniques », souligne Mylène Raveino, responsable des activités permanentes à TFTN.

Richesse des contenus

Chaque semaine durant 1h30, les adultes pourront ainsi s’initier ou améliorer leur pratique du tressage sur pandanus et auront ensuite l’occasion de montrer leurs créations lors d’une exposition. Les adultes pourront également s’adonner au théâtre avec l’excellent Nicolas Arnould. Côté musique, un autre petit nouveau voit le jour cette année : l’atelier musique de Libor Prokop. On y apprendra principalement à jouer du ukulele, du vivo, cette traditionnelle flûte nasale, et on s’imprégnera de la culture musicale polynésienne, notamment rythmique avec les percussions traditionnelles. Passionné de musique mais aussi de culture polynésienne, Libor Prokop réédite, par ailleurs, son atelier Cosmogonie polynésienne. Mythologie, d’histoire, de traditions, de savoir… « Le sujet est très riche et très vaste. Libor vous emmène au plus profond des connaissances du Pö, de Rumia, de la vision polynésienne de l’origine du monde… C’est une véritable source d’inspiration notamment dans le domaine de la danse mais aussi de l’écriture», confie Mylène Raveino. Si les adultes et les enfants sont choyés, les matahiapo ne sont pas oubliés. Un atelier leur est consacré : le stretch&tone. Animé par Isabelle Balland, il permet d’entretenir sa mobilité tout en travaillant sa souplesse.

 

A la découverte de la culture
La Maison de la Culture n’est pas seulement un lieu d’apprentissage et de découverte, elle est aussi un endroit de partage et d’échange. Pour la deuxième année, l’établissement propose des ateliers d’immersion en reo tahiti destinés aux enfants âgés de 8 à 13 ans. Si, pour la 1ère édition ils se tenaient sur une demi-journée, cette fois-ci c’est en journée complète. Danse, musique, art manuel, théâtre, écriture… L’enseignement proposé est aussi riche que divers. Ces ateliers sont un excellent moyen de se rapprocher de sa langue, de sa culture, de son histoire. Autre manière d’en apprendre un peu plus sur la Polynésie et plus largement sur le Pacifique Sud, avec les soirées « Histoires d’Océanie » au Petit Théâtre. L’ADCP (Association de Diffusion de la Culture en Polynésie) et TFTN proposent des séances de projection de films anciens, documentaire ou fiction tournés dans le Pacifique. Ouverte au public, la première séance est prévue le 4 octobre à 19h avec le film « South seas adventures ». L’établissement fera la part belle également à la peinture et à la sculpture, il propose des expositions à découvrir à la salle Muriavai. Trois artistes feront découvrir leurs œuvres au public en septembre et en octobre, parmi eux Marie-Ange Vinot et ses aquarelles, Gaya en peinture et fusain, le collectif Te Anuanua Art et ses scènes de vie polynésiennes (peinture à l’huile). En novembre, les sculpteurs Stéphane Motard et Mateitei vont s’emparer de l’espace durant une semaine avant de laisser la place à Gotz. Petit interlude entre les expositions, le Salon du livre à ne pas manquer du 16 au 19 novembre. En décembre, mois de fête, après une exposition de Dominigue Fargues (peinture à l’huile), place à la bijouterie d’art avec Hiro et Orama Ou Wen… La culture sera donc dans tous ses états pour cette nouvelle rentrée !

 

Pratique

  • Cours et ateliers

Tarifs enfants et étudiants : 1420 Fcfp/ cours, Tarif adultes : 1700 Fcfp/cours, Tarif matahiapo (+ 60 ans) : 1020 Fcfp/cours. Tarifs dégressifs dans le même atelier pour les enfants de la même fratrie, couples et fratrie.

  • Abonnement à la Médiathèque de la Maison de la Culture

Bibliothèque Adultes

Abonnement annuel : adolescent 2000 Fcfp, adulte : 4000 Fcfp

Abonnement semestriel : adolescent 1500 Fcfp, adultes 2500 Fcfp

Bibliothèque Enfants

Abonnement annuel : enfant (12 ans et moins) 2000 Fcfp

Abonnement semestriel : enfant (12 ans et moins) 1500 Fcfp

Discothèque/Vidéothèque

Abonnement annuel : adulte 3000 Fcfp, adolescent 2500 Fcfp

Abonnement semestriel : adulte 2000 Fcfp, adolescent 1500 Fcfp

Tarifs dégressifs pour les ados et enfants d’une même fratrie concernant les abonnements en bibliothèque adultes et enfants.

Possibilité de double abonnement : vidéothèque + bibliothèque adultes ou bibliothèque enfants. A partir de 5000 Fcfp pour les adultes et 3000 Fcfp pour les enfants lorsque ce sont des abonnements annuels et 3000 Fcfp adultes et 1 500 Fcfp pour les enfants lorsque ce sont des abonnements semestriels.

Renseignements au 40 544 536 / www.maisondelaculture.pf

  • Inscriptions :

A partir du lundi 7 août.

Bureau des activités permanentes (TFTN)

8h-16h

Les cours démarrent le lundi 28 août.

 

+ d’infos : 40 544 546/536 [email protected] ou

[email protected]

 

Le CMA, une formation diplômante

 CMA © SF20160226_0013

C’est une première sur le fenua. Après huit longues années de travail sur le projet, fruit d’une détermination de fer, le Centre des Métiers d’Art, soutenu par le ministrère de tutelle, le ministère de l’Education et le vice-rectorat, propose dès la rentrée une formation diplômante : le CPMA, le certificat polynésien des métiers d’art, et le BPMA, le brevet polynésien des métiers d’art. « Ces diplômes sont valables sur toute la Polynésie et dès que le gouvernement en fera la demande auprès de l’Etat, ils seront reconnus aussi en France. Dans le statut de la Polynésie, nous avons la possibilité de créer de vrais diplômes polynésiens, nous ne nous en servons pas assez.», souligne Viri Taimana, directeur du Centre des Métiers d’Art, qui avec son équipe a travaillé dur pour obtenir cette formation diplômante. « Le but est une reconnaissance de la qualité du travail au CMA et surtout de ses enseignants en majorité sous contrat à durée déterminé (CDD). C’est aussi un moyen de proposer un parcours de formation pour les élèves de la Polynésie qui ne souhaitent pas suivre la voie classique, et de leur permettre d’avoir ce qu’on appelle « l’égalité des chances ». Enfin, cette formation permet de faire reconnaître à un niveau baccalauréat nos porteurs de patrimoine, qui pourront poursuivre en études supérieures, mais je reste persuadé que nous devons continuer nos efforts pour offrir des formations supérieures à nos étudiants polynésiens dans les domaines de la culture à l’instar de ce qui se fait chez les Maori et Maoli, ce qui n’est pas encore le cas chez nous ».

 

Deux enseignements

 

A la rentrée, les élèves du CMA ont donc deux possibilités : intégrer la formation CPMA ou BPMA. Dans les deux cas, ces diplômes se préparent sur deux ans. Le premier est un diplôme de niveau cinq, soit un CAP. Il s’adresse aux élèves qui n’ont pas de diplôme ou ont un diplôme mais orienté vers un autre secteur. Le second, le BPMA, est de niveau 4, donc un baccalauréat professionnel. Il s’adresse aux étudiants qui ont au minimum un CAP dans le secteur (menuiserie, ébénisterie, bijouterie, etc.). Ce diplôme ouvre la porte aux études supérieures. Pour les deux formations, un enseignement général et professionnel est apporté. L’enseignement général comprend le français, l’anglais, les mathématiques, les sciences physiques et chimiques, le sport, l’histoire et la géographie, la gestion. Seuls les élèves ayant déjà validé ces disciplines générales par l’obtention d’un diplôme en seront dispensés. L’autre enseignement, dit professionnel, est porté sur la sculpture, la gravure, la peinture, l’art plastique et l’art appliqué, l’histoire et la culture polynésienne, l’ouverture au mondes des arts et l’art numérique. « L’enseignement professionnel est important car il est fondé sur l’acquisition de concepts propres à la Polynésie et à l’Océanie. Nous pouvons approfondir et développer des pratiques comme les impressions 3D ou la gravure laser. Cela est plus expérimental. C’est une manière aussi d’aider les entreprises à entrevoir les pistes de développement possible. On collabore ensemble puisqu’elles nous fournissent le matériel, en échange, on développe des projets inédits qui leur donneront des idées et développeront l’économie ». Contrairement aux idées reçues, l’art est aussi un vecteur d’économie. Et le CMA l’a bien compris d’où la nécessité pour l’établissement de faire valoir le travail de ses enseignants et de ses élèves, les travailleurs de demain.

 

Bientôt une licence ?

 

Le Centre des Métiers d’Art est ambitieux et désire aller plus loin encore. L’objectif de ces deux diplômes est de créer des référentiels sur l’art polynésien, ce qui sera unique, mais aussi d’offrir une poursuite d’études. « On voudrait mettre en place un BTS ou une licence professionnelle. On a déjà réfléchi au nom du diplôme : étude, compréhension et développement de la création insulaire océanienne. On souhaiterait poursuivre ensuite vers un master et un doctorat ». Des discussions avec l’université de la Polynésie française ont été lancées. « Le président de l’UPF est prêt. », affirme Viri Taimana qui souhaite s’inspirer de ce qui se fait déjà en Nouvelle-Zélande et à Hawaï avec la création de département dédié à la culture et à la création artistique, comme le font les Maori et les Hawaïens. En attendant le développement de ces diplômes, les anciens élèves du Centre désireux de passer le CPMA et le BPMA auront la possibilité de passer auprès du SEFI une VAE, une Validation des Acquis de l’Expérience. Ils devront néanmoins patienter deux années de formation au CMA. En clair, intégrer le cursurs via une VAE ne sera possible qu’à la rentrée 2019-2020.

 

+ d’infos :

Les inscriptions pour l’année 2017-2018 sont closes. Renseignements au secrétariat 40 43 70 51 ou [email protected],pf

Suivez les événements du CMA sur sa page Facebook : Centre des Métiers d’Art de la Polynésie française.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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