N°118 – Qu’est-ce que la création insulaire océanienne ?

 Centre des Métiers d’Art (CMA) – Pu ha’api’ira’a toro’a rima’iCULTURE BOUGE - CMA © CMA20170608_0000

 

Rencontre avec Tokai Devatine, professeur d’histoire et de culture polynésiennes au Centre des Métiers d’Art. Texte : SF

 

Le Pūtahi, ce grand rassemblement d’artistes océaniens qui se déroule du 16 au 30 juin, est une occasion de s’interroger et d’échanger autour de la création insulaire en Océanie.

 

Toutes les délégations de l’Océanie sont réunies au Centre des Métiers d’Art : la Nouvelle-Zélande, Hawaï, Fidji, Tonga, Rarotonga, Nouvelle-Calédonie, et bien-sûr la Polynésie française. Depuis leur arrivée le 16 juin dernier, les artistes océaniens discutent, échangent et tentent de s’entendre sur une définition de la création insulaire en Océanie par les Océaniens. « L’art contemporain traduit une pensée. Tu ne peux pas mentir car tu parles de quelque chose et souvent de toi et tu l’exposes au regard d’autrui, explique Tokai Devatine, enseignant au Centre des Métiers d’Art et artiste. L’art contemporain peut souvent être incompris et perçu comme étrange et parfois bizarre. Cela peut avoir pour conséquence de produire un manque d’intérêt pour cette forme d’expression. C’est pourtant dans l’art contemporain que se trouve l’inspiration d’un peuple. Les anciens en créant jadis des objets du quotidien avaient marqué leur inscription au monde à une époque. On pense souvent à tort qu’il s’agit du passé mais en réalité c’est une continuité ».

 

Ouvrir des espaces et un réseau

 

L’une des ambitions de ce Pūtahi est à la fois d’ouvrir une discussion autour d’une expression contemporaine de l’art océanien mais aussi un « moyen de trouver et de s’engager à faire vivre un réseau de circulation des artistes océaniens dans les pays et les régions », précise Tokai Devatine. « L’idée est d’ouvrir un espace à l’expression contemporaine pour créer des échanges, un peu comme ce qui se passe en Asie ou en Europe », poursuit l’enseignant. Chaque pays connaît sa propre évolution avec ses facilités et ses difficultés. Cette rencontre permet ainsi de faire un point sur les freins et les avantages de chacun afin d’encourager la création d’un réseau. « Il est important de mettre en place un espace pour produire et accompagner les artistes ». Plus les espaces se multiplient, plus la culture océanienne rayonne. Ce Pūtahi se veut être un exemple d’ouverture avec des expositions dans différents lieux : en plus de celle du Centre des Métiers d’Art, le Musée de Tahiti et des îles accueille lui aussi les artistes, la galerie Winckler s’est également jointe à l’événement en ouvrant ses portes aux artistes avec une exposition d’une semaine du 21 au 28 juin. Seuls les artistes des délégations y exposent, ils sont 32 au total. « On veut leur laisser de la place pour qu’ils puissent vendre et faire connaître au public leurs travaux. On veut aussi montrer l’exemple. En créant un espace pour les acteurs de l’art océanien, on créé des émulations et un endroit où recevoir les personnes et les mettre en contact ». Tout ce qui s’est passé au Pūtahi va être précieusement gardé. Les paroles, les pensées, les mots échangés lors de cet évènement seront ensuite imprimés sur papier afin d’être restitués dans le catalogue du Pūtahi, dont la parution est prévue les mois suivants l’événement.

 

Pratique

                   

Expositions 

Du 21 au 28 juin à la galerie Winckler (entrée libre)

Du 24 juin au 20 août au Musée de Tahiti et des îles. Tarif de la salle des expositions temporaires : 500 Fcfp pour les adultes et gratuit pour les enfants et les scolaires. Vernissage le 24 juin à 18h (entrée libre) ;

Du 30 juin au 7 juillet et du 21 août au 16 septembre au Centre des Métiers d’Art (entrée libre)

 

+ d’infos : secrétariat 40 43 70 51 ou [email protected],

Suivez les événements du CMA sur sa page Facebook : Centre des Métiers d’Art de la Polynésie française.

 

 

 

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