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	<title> &#187; 10 questions à</title>
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		<title>« Le silence des objets veut dire tant de choses »</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2011 22:59:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ICA-Web</dc:creator>
				<category><![CDATA[10 questions à]]></category>

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		<description><![CDATA[
Theano Jaillet est, depuis septembre, la nouvelle directrice du Musée de Tahiti et des Îles. Après de brillantes études axées sur l’histoire des arts, la muséologie et la conservation, c’est avec enthousiasme et modestie que Theano prend les rênes de cette institution culturelle majeure. 
Comment tu as eu connaissance du poste de directeur du Musée ?
C’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
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<strong><br />
Theano Jaillet est, depuis septembre, la nouvelle directrice du <a href="http://www.hiroa.pf/tag/musee/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec musée">Musée</a> de <a href="http://www.hiroa.pf/tag/tahiti/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec tahiti">Tahiti</a> et des Îles. Après de brillantes études axées sur l’histoire des arts, la muséologie et la conservation, c’est avec enthousiasme et modestie que Theano prend les rênes de cette institution culturelle majeure. </strong></p>
<p><strong>Comment tu as eu connaissance du poste de directeur du Musée ?</strong></p>
<p>C’est Véronique Mu, alors conservatrice, qui m’en a fait part. Je la connaissais suite aux différents passages que j’ai pu effectuer auparavant au Musée de Tahiti, en tant que stagiaire en 2004 et ingénieur technique en 2006. Après avoir vécu au Mexique et en France avec mon mari, nous souhaitions justement revenir vivre à Tahiti. Autant dire que cette offre est arrivée à point nommé.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui t’a intéressé dans cette mission, comment vois-tu ton rôle de directrice ?</strong></p>
<p>J’ai toujours rêvé de travailler dans ce Musée ! Il renferme les joyaux de la <a href="http://www.hiroa.pf/tag/culture/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec culture">culture</a> polynésienne. Le projet de rénovation des salles d’exposition, initié par mes prédécesseurs, avance : cela permettra de redonner de l’éclat aux objets et à la muséographie qui date des années 1970. Le public, et c’est normal, en a assez de ces salles qui n’ont pas évolué depuis 40 ans ! Par la suite, j’espère pouvoir proposer un programme dynamique d’expositions avec l’équipe du Musée.</p>
<p><strong>Comment en es-tu venue à t’intéresser à la muséologie et à la conservation ?</strong></p>
<p>Très jeune, je me suis passionnée pour l’antiquité Gréco-Romaine. Probablement en raison de mon prénom, qui sonne tahitien mais qui est grec ! Dans la mythologie grecque, Théano est la prêtresse d’Athena à Troie et une mathématicienne disciple de Pythagore… Je suis partie après mon bac faire des études d’Histoire de l’Art à Toulouse, puis j’ai intégré l’école du Louvre où j’ai choisi de me spécialiser en Art Océanien. J’ai commencé à m’y intéresser en quittant Tahiti ! Comme si j’avais eu besoin de m’en éloigner pour prendre conscience de sa valeur. Mes études m’ont ouvert les yeux.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui te fascine tant dans les objets océaniens ?</strong></p>
<p>Je suis retournée récemment dans les réserves du Musée de Tahiti. C’est un endroit hors du monde, apaisant. Le silence de tous ces objets veut dire tant de choses ! J’ai envie de connaître l’histoire de chacun d’entre eux, ils ont tellement à nous raconter. Je les considère comme des survivants mais aussi des battants, car s’ils sont toujours là aujourd’hui c’est qu’ils devaient vraiment en avoir envie ! A nous de leur permettre de se dévoiler.</p>
<p><strong>Quels sont ceux qui retiennent le plus ton attention ?</strong></p>
<p>Les objets religieux : <em>ti’i</em>, <em>to’o</em>, <em>puna</em>… Ils sont chargés de l’histoire et des fondements de la société ancestrale. On ne peut rester insensible au fait qu’ils aient été utilisés par nos ancêtres pour incarner leurs divinités ; ce sont, pour moi, des reliques d’une rare intensité.</p>
<p><strong>Quelle est ta définition de la culture ?</strong></p>
<p>On dit que c’est ce qui reste quand on a tout oublié. Elle fait partie de chacun d’entre nous, contrairement à la connaissance – on « n’apprend pas » la culture comme une leçon pour le lendemain. Personnellement, je crois que j’ai véritablement compris le sens de la culture en partant de Tahiti ! A Paris, j’ai alors ressenti le besoin de m’en rapprocher, à commencer par prendre des cours de <em>reo tahiti</em> à la Délégation. Ceci étant, il est important de ne pas confondre culture et passé. S’il est nécessaire de faire revivre le passé, il est inutile, pour ne pas dire insensé, de vouloir revivre dans le passé.</p>
<p><strong>Tu es heureuse d’être revenue vivre chez toi ?</strong></p>
<p>Oui et surtout de revenir pour travailler dans ce Musée qui compte beaucoup pour moi. J’aimerais pouvoir lui être utile.</p>
<p><strong>Quels sont les projets du Musée à court terme ?</strong></p>
<p>Terminer la rénovation des salles d’exposition permanente est notre priorité. Montrer les collections au public sera la suivante. Le Musée renferme des trésors qu’il est important de faire découvrir aux Polynésiens ainsi qu’aux visiteurs. Nous souhaitons favoriser l’approche pédagogique pour sensibiliser les enfants à leur culture. Autrement, nous accueillons en ce moment même l’exposition Matisse, proposée par Paule Laudon et l’association Vaipuna, et l’exposition « Taiwan – <a href="http://www.hiroa.pf/tag/polynesie/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec polynésie">Polynésie</a>, peuplement et communauté du monde polynésien », sur laquelle l’équipe du Musée travaille depuis longtemps, sera présentée en décembre. Deux expositions que je recommande à tout le monde !</p>
<p><strong>Notre dossier du mois est consacré au Hura Tapairu, concours de danses traditionnelles : un sujet qui t’inspire ?</strong></p>
<p>Ce sera la première fois que je serai présente au moment du Hura Tapairu, il me tarde de découvrir l’évolution et la créativité de nos groupes de danse. Il me semble que c’est une belle alternative au Heiva.</p>
<p><strong>Le mot de la fin ?</strong></p>
<p>Je voudrais dire combien le Musée de Tahiti est un édifice primordial, les objets qu’il renferme sont les moteurs d’un rayonnement culturel qui ne demande qu’à s’épanouir davantage : les efforts pédagogiques pour consolider le rôle du musée auprès de la population doivent continuer.</p>
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		<title>L’art, trait d’union entre culture et vécu</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Oct 2011 20:22:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ICA-Web</dc:creator>
				<category><![CDATA[10 questions à]]></category>

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		<description><![CDATA[
Fabienne Peterano et Heira’i Lehartel sont les nouvelles enseignantes du Centre des Métiers d’Art. La première en sculpture et la seconde en Arts Plastiques. Deux jeunes artistes accomplies qui ont décidé d’appréhender leur discipline de prédilection comme un métier de partage, porteur de sens et d&#8217;avenir. 
&#160;
Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Fabienne Peterano : Après un BEP [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
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</a>
<strong><br />
Fabienne Peterano et Heira’i Lehartel sont les nouvelles enseignantes du Centre des Métiers d’Art. La première en sculpture et la seconde en Arts Plastiques. Deux jeunes artistes accomplies qui ont décidé d’appréhender leur discipline de prédilection comme un métier de partage, porteur de sens et d&#8217;avenir. </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?</strong></p>
<p><strong>Fabienne Peterano : </strong>Après<strong> </strong>un BEP Menuiserie agencement passé à <a href="http://www.hiroa.pf/tag/tahiti/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec tahiti">Tahiti</a>, je suis partie faire un Bac Pro Ebénisterie à Tours, en France. Je suis de Nuku-Hiva et chez nous, la sculpture est un peu une histoire de famille ! J’ai enchaîné sur un BTS Ebénisterie à Lyon, puis par l’ESEA* d’Avignon où j’ai obtenu le titre de Sculpteur. De retour à <a href="http://www.hiroa.pf/tag/tahiti/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec tahiti">Tahiti</a> pour travailler, j’ai enseigné la menuiserie au lycée de Faa’a pendant 5 ans.</p>
<p><strong>Heira’i Lehartel : </strong>J’ai suivi 4 ans d’études d’art en Nouvelle-Zélande, où j’ai obtenu un « Bachelor Visual Arts ». Ce cursus polyvalent apporte autant de théorie que de pratique en photo, peinture – disciplines dans lesquelles je me suis spécialisée – mais aussi vidéo, sculpture, design… De retour en <a href="http://www.hiroa.pf/tag/polynesie/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec polynésie">Polynésie</a>, j’ai commencé à enseigner en école maternelle avant de partir faire 3 ans d’IUFM à Paris, je travaillais parallèlement pour la délégation polynésienne à la promotion des arts et de la <a href="http://www.hiroa.pf/tag/culture/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec culture">culture</a>. Mais en revenant à Tahiti, j’ai opté pour le métier d’hôtesse de l’air avant de redevenir enseignante, cette fois-ci en Arts Plastiques au collège de Hitia’a.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Comment êtes-vous arrivées au Centre des Métiers d’Art ?</strong></p>
<p><strong>Fabienne Peterano : </strong>J’ai fait, l’an dernier, une surveillance d’examen au Centre des Métiers d’Art. J’ai rencontré les candidats, leurs créations et… Viri, le directeur. Le courant est passé entre nous, il cherchait un enseignant en sculpture. Ayant beaucoup apprécié l’état d’esprit de l’établissement, je n’ai pas hésité longtemps à saisir cette opportunité !</p>
<p><strong>Heira’i Lehartel :</strong> Je suis venue faire un stage de tressage au Centre des Métiers d’Art dans le cadre de mon enseignement au collège. Comme Fabienne, j’ai rencontré Viri et été agréablement surprise par le projet de l’établissement. Il m’a indiqué qu’il avait besoin d’un enseignant en Arts Plastiques à la rentrée, pour remplacer le départ à la retraite d’Hervé Fay…<strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Comment envisagez-vous votre nouvelle fonction ?</strong></p>
<p><strong>Fabienne Peterano : </strong>On est là pour apporter aux élèves notre vécu, notre savoir-faire et nos techniques, mais aussi pour les mettre en confiance et les pousser. Ce qui est intéressant au Centre des Métiers d’Art c’est que les élèves ont déjà un certain niveau, il s’agit donc de les accompagner pour leur permettre d’aller au maximum de leurs capacités.</p>
<p><strong>Heira’i Lehartel : </strong>Le Centre est un établissement territorial, ce qui permet de prendre du recul par rapport au programme de l’éducation nationale auquel j’ai été habitué. Le fait d’enseigner à des adultes est intéressant car c’est un public plus mature et autonome, leur motivation est évidente.<strong> </strong>Cela permet plus de créativité et de pratique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Quelle est votre démarche artistique personnelle ? </strong></p>
<p><strong>Fabienne Peterano : </strong>Pour ma part, c’est un questionnement permanent entre ce que nous étions, ce que nous sommes et ce que nous devenons. J’ai, en ce moment, peu de temps pour pratiquer la sculpture à titre personnel, mais je dessine beaucoup pour poser mes idées. Autrement, j’aime travailler le bois avec le métal, la peinture et la dorure.</p>
<p><strong>Heira’i Lehartel : </strong>C’est une démarche entre ma culture et mon vécu, avec un passé que je n’ai pas vécu mais qui m’a été transmis. J’essaye de situer cette histoire dans la mienne afin de me projeter. Mon travail est très éclectique en terme de matières et de techniques ; je m’exprime généralement sur de grands formats qui mélangent peinture, bois, sculpture, photo, gravure…</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Quelle fut votre meilleure expérience artistique ?</strong></p>
<p><strong>Fabienne Peterano : </strong>Lors de la présentation du chef d’œuvre de fin d’année à l’ESEA. J’avais réalisé une sculpture en bois inspirée d’un <em>tumu mape</em>, avec une représentation d’un homme polynésien. J’ai volontairement travaillé cette œuvre de façon brute, écorchée presque, pour laisser transparaître les formes et les nœuds du bois dans leur état naturel. J’estime que la nature est bien faite, pourquoi toujours vouloir la lisser, la modifier ? Le jury a été surpris, il avait rarement été confronté à des esthétiques d’inspiration polynésienne. J’ai eu les félicitations, le jury estimant que mon travail avait un esprit particulièrement « vivant »…</p>
<p><strong>Heira’i Lehartel :</strong> La première exposition que j’ai faite en Nouvelle-Zélande. Comme c’était justement la première fois que j’exposais, je n’avais aucune idée de la manière dont le public allait juger mes œuvres, s’il allait apprécier, comprendre… C’était très éprouvant mais cette exposition m’a ouvert des portes et donné davantage confiance en moi. Une expérience très significative !<br />
<em> </em></p>
<p><em>* ESEA : Ecole Supérieure d’Ebénisterie d’Avignon. </em></p>
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		<title>« Notre richesse culturelle est une chance »</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Sep 2011 00:42:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ICA-Web</dc:creator>
				<category><![CDATA[10 questions à]]></category>

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		<description><![CDATA[
Vous la connaissez comme présentatrice et journaliste sur TNTV, vous la verrez bientôt sous un jour « culturel » dans sa prochaine émission : Taina Fabre a en effet créé une nouvelle version de « Mana Culture », plus personnelle, accessible et positive. 
Peux-tu nous raconter ton actu, ce qui t&#8217;as occupé ces derniers jours ?
Depuis le mois de juillet, je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
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</a>
<strong><br />
Vous la connaissez comme présentatrice et journaliste sur TNTV, vous la verrez bientôt sous un jour « culturel » dans sa prochaine émission : Taina Fabre a en effet créé une nouvelle version de « Mana <a href="http://www.hiroa.pf/tag/culture/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec culture">Culture</a> », plus personnelle, accessible et positive. </strong></p>
<p><strong>Peux-tu nous raconter ton actu, ce qui t&#8217;as occupé ces derniers jours ?</strong></p>
<p>Depuis le mois de juillet, je travaille sur le nouveau concept de l’émission « Mana Culture »*, qui sera présentée dès le mois de septembre sur TNTV. Parallèlement, je réalise des portraits dans le cadre d’un partenariat avec l’évènement « <a href="http://www.hiroa.pf/tag/tahiti/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec tahiti">Tahiti</a> entrepreneur forum ». Nous avons un autre projet de module sur lequel nous travaillons pour la rentrée. Hors TNTV, j’écris des articles pour le magazine Boss.</p>
<p><strong>Comment en es-tu venue au journalisme, à l&#8217;audiovisuel ?</strong></p>
<p>J’ai toujours été attirée par cet univers. Petite, je me demandais comment les gens pouvaient rentrer dans ce petit écran et je voulais réussir à y entrer aussi… Bien que timide, j’ai d’abord commencé par présenter de petites rubriques dans l’émission « Api Hour », alors que j’étais encore étudiante en BTS Informatique. Ensuite, j’ai eu l’opportunité de présenter des émissions (« xtrême tunning » et « tinu shopping ») pour des sociétés de productions externes. Mon diplôme en poche, on m’a proposé un remplacement pour « Ciné nui », qui a finalement duré plusieurs années. Travailler avec Ramzi fut une des expériences les plus enrichissantes de ma carrière. J’ai également pu vivre l’expérience du direct avec l’émission quotidienne « Firi Firi », aux côtés de Jeanne Peckett. Les émissions se sont alors enchaînées, « Manava », « Yoz », « Iaorana Kids »… J’ai voulu en apprendre davantage, en travaillant à la rédaction des sports avec Olivier Huc et Johan Bouit, où j’ai pu apprendre à réaliser un reportage de A à Z (écrire, filmer, monter). Puis j’ai intégré la rédaction de TNTV où j’ai appris à traiter des sujets d’actualité. Ces différents chemins m’ont permis d’explorer de nombreuses facettes du métier de journaliste. Aujourd’hui, je sais mieux ce que je veux mais surtout que j’ai encore beaucoup à découvrir.</p>
<p><strong>Parle-nous de l&#8217;émission de « Mana Culture »…</strong></p>
<p>C’est une émission que j’ai conçue et que je réalise entièrement en plus de la présenter. La création de ce projet me tenait particulièrement à cœur. J’ai traversé une période de quête identitaire où il m’est apparu indispensable de fouiller dans le passé de nos ancêtres ; je pensais que de connaître notre histoire m’aiderait à me trouver. Je n’ai pas forcément trouvé les réponses que je cherchais mais j’ai trouvé beaucoup plus : un apaisement. Cette démarche a contribué à la création du concept de « Mana Culture ». Je suis « demie », née en Métropole, élevée à la polynésienne par ma mère, immergée dans la culture française de mon père et du pays dans lequel je vivais. A 16 ans, je suis venue vivre en <a href="http://www.hiroa.pf/tag/polynesie/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec polynésie">Polynésie</a>. Si en France, j’étais la petite polynésienne aux yeux des autres, en <a href="http://www.hiroa.pf/tag/polynesie/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec polynésie">Polynésie</a>, j’étais la <em>popa’a</em>, je n’arrivais pas à trouver ma place. Je pensais qu’être demie était une tare, mais en grandissant et forte de nombreuses rencontres, j’ai compris que c’était une richesse. Pour cela, j’ai souhaité créer une émission culturelle ouverte, valorisante pour tout le monde en présentant des personnes d’ici ou d’ailleurs qui font la Polynésie d’aujourd’hui.</p>
<p><strong>Il est question que Mana Culture présente des sujets du magazine Hiro’a, peux-tu nous en dire plus ?</strong></p>
<p>Hiro’a,  « l’identité »&#8230; Ce magazine en est le reflet. Les personnages qu’il met en avant, les objets du patrimoine, les lieux culturels, historiques ou mythiques… Tout cela fait l’identité polynésienne. Il m’a souvent inspiré et j’avais envie de le valoriser, avec mes modestes moyens, en présentant aux spectateurs les sujets que le mensuel propose.</p>
<p><strong>Quelle est ta définition de la culture ?</strong></p>
<p>Nos croyances, nos peurs, nos façons de penser sont le résultat d’enseignements et de transmissions conscientes et inconscientes du passé. C’est notre culture. Je suis fascinée par le comportement humain. Revenir dans le passé est à mon sens une manière de mieux comprendre des comportements de la société. L’histoire en Polynésie est très riche et je trouve regrettable de ne pas la faire connaître davantage.</p>
<p><strong>Quelle a été ta meilleure expérience culturelle ?</strong></p>
<p>Je ne peux pas vraiment parler de meilleure « expérience » culturelle. J’aime me rendre sur des sites comme les <em>marae</em>, même si parfois j’y ressens d’étranges sensations. Le <em>mana</em> qui émane de ces lieux sacrés est très fort. Autrement, toutes mes rencontres dans le cadre de « Mana Culture » m’ont énormément apporté.  Avec les artistes et les historiens qui me racontent le <em>fenua</em>, j’apprends beaucoup, sur la vie, les gens et aussi sur moi. Je suis heureuse de pouvoir partager ces moments avec les téléspectateurs.</p>
<p><strong>Une problématique culturelle qui te tiens à coeur ?</strong></p>
<p>Je pense que la culture polynésienne n’est pas assez valorisée ! Sa richesse est une chance pour chacun en plus de représenter un vrai atout touristique…. Les artistes d’ici ont un talent fou et ne sont pas suffisamment pris au sérieux, de nombreux sites historiques sont abandonnés. C’est aussi une des raisons pour laquelle l’émission existe. Quel dommage que cet aspect soit tant négligé. En France ou ailleurs, des villes ont été sauvées grâce à leur patrimoine historique, culturel ou artistique. La Polynésie dispose de tout, pourquoi ne pas véritablement miser sur cette voie pour le développement touristique de notre Pays ?</p>
<p><strong>Si demain on te donnait des crédits pour développer une action culturelle, que ferais-tu en priorité ?</strong></p>
<p>On m’a déjà donné cette opportunité, puisque je réalise mon émission sur la culture et que je participe à ma manière à la promotion des évènements culturels et artistiques du <em>fenua</em>. Autrement, je donnerais plus de moyens aux institutions culturelles pour qu’elles puissent continuer à se développer.</p>
<p><strong>Quelques mots sur l&#8217;avenir de TNTV ?</strong></p>
<p>A l’heure où je vous parle, nous ne savons rien de plus sur l’avenir de notre chaîne. Personnellement, je reste positive, mais travailler sans avoir de cap est très difficile ! On navigue à vue. Je me focalise sur la rentrée, je dois terminer mon émission… On a encore jusqu’au 31 décembre 2011, autant continuer à fond jusque là, on verra ensuite.</p>
<p><strong>Le mot de la fin ?</strong></p>
<p>La culture fait partie de nous, il ne faut pas l’ignorer mais la valoriser. J’espère que mon émission vous plaira et que les messages positifs seront bien perçus.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>* « Mana Culture », diffusée à partir de septembre sur TNTV, est une émission hebdomadaire de 13 minutes de proximité culturelle et artistique. Son but est de faire connaître des artistes, de promouvoir les évènements culturels ainsi que l’histoire polynésienne à travers ses sites.</em></p>
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		<title>« Même avec une part de don, il faut travailler sans cesse »</title>
		<link>http://www.hiroa.pf/2011/08/%c2%ab-meme-avec-une-part-de-don-il-faut-travailler-sans-cesse-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Aug 2011 00:20:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ICA-Web</dc:creator>
				<category><![CDATA[10 questions à]]></category>

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		<description><![CDATA[Cela fait 20 ans qu’il a quitté la Polynésie pour la France. Steeve Mai est devenu baryton international, il chante dans de grands Opéras, donne des récitals dans le monde entier, des masters classe, enseigne le chant lyrique… Et dans cet emploi du temps chargé, il laisse toujours une place pour Tahiti où il revient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
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</a>
<br />
<strong>Cela fait 20 ans qu’il a quitté la <a href="http://www.hiroa.pf/tag/polynesie/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec polynésie">Polynésie</a> pour la France. Steeve Mai est devenu baryton international, il chante dans de grands Opéras, donne des récitals dans le monde entier, des masters classe, enseigne le chant lyrique… Et dans cet emploi du temps chargé, il laisse toujours une place pour <a href="http://www.hiroa.pf/tag/tahiti/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec tahiti">Tahiti</a> où il revient régulièrement se produire devant le public polynésien. Lors de son passage en avril dernier, nous avons réussi à lui voler quelques instants entre deux programmes. </strong></p>
<p><strong>Parle-nous de ta découverte du chant lyrique ?</strong></p>
<p>Tout petit, j’ai entendu Pavarotti et je me suis dit que je voulais chanter comme lui ! J’ai toujours été sensible aux extraits d’opéra, cela m’a conduit à chanter dans une chorale religieuse à 12 ans, que j’ai même dirigée à l’âge de 15 ans. Ensuite, j’ai eu l’opportunité de suivre les cours de chant lyrique du Conservatoire de Polynésie avec Marie-Anne Audy. C’est sur son conseil qu’en 1990, alors appelé par le service militaire, j’ai passé et obtenu le concours des chœurs de l’armée française, pouvant ainsi poursuivre ma passion.</p>
<p><strong>Quel souvenir gardes-tu de ton cursus au Conservatoire de Polynésie ?</strong></p>
<p>L’encouragement inconditionnel de ma professeure ainsi que de tous les parents d’élèves de l’époque, sensibles à mon désir de persévérer dans le chant lyrique. Ils m’ont aidé à franchir le cap pour partir en France !</p>
<p><strong>Depuis, tu as fait beaucoup de chemin et notamment réussi à rentrer au prestigieux Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris…</strong></p>
<p>C’était mon objectif, un vrai soulagement de réussir ce concours auquel je suis arrivé 3<sup>ème </sup>. Je savais que pour réussir dans l’univers du chant, je devais passer par cette case ! Le Conservatoire National de Paris forme les solistes au plus haut niveau, c’est une préparation difficile mais indispensable.</p>
<p><strong>Peux-tu nous rappeler les grandes dates de ta carrière ?</strong></p>
<p>Parallèlement aux chœurs de l’armée française, je suis rentré au Conservatoire de Région de Rueil-Malmaison et obtenu ma médaille d’or en 1994, puis le prix de chant du Conservatoire National Supérieur de Paris en 1999. Depuis, j’enchaîne les rôles dans les chœurs de l’Opéra de Paris (Alcina de Haendel, Fidelio de Beethoven, Le Roi David de Honegger, etc.) et les récitals en tant que soliste.</p>
<p><strong>L’intégration en métropole et qui plus est dans un univers aussi particulier a-t-elle été facile ?</strong></p>
<p>Non, évidemment. Je ne me suis pas laissé impressionner et j’ai rencontré des personnes qui m’ont permis d’évoluer personnellement et artistiquement. Pour autant, j’ai fait en sorte de ne pas être « aspiré », je suis resté polynésien. Après toutes ces années en France, j’ai juste perdu mon accent !</p>
<p><strong>Aujourd’hui, tu enseignes le chant dans différents Conservatoires en région parisienne, est-ce un aboutissement ?</strong></p>
<p>L’enseignement me plait, la rencontre des générations, la transmission, le partage, je m’épanouis dans cette fonction. Mais ce n’est pas « mon » aboutissement. J’aspire à plus grand encore, je veux être un chanteur lyrique connu et reconnu dans le monde ! Je sens que je suis fait pour porter ma voix auprès du plus grand nombre et j’y travaille ardemment.</p>
<p><strong>Le meilleur moment de ta carrière de soliste?</strong></p>
<p>Un récital de Schubert que j’ai donné à Istanbul (Turquie) devant près d’un millier de personnes. L’accueil avait été fantastique. Chanter dans la salle Gaveau à Paris fut aussi une belle expérience, le lieu est tellement mythique !</p>
<p><strong>Tu es venu donner des concerts avec Bruno Beaufils de Guérigny, pianiste de renommée internationale. Quelle est la relation entre chanteur et musicien ?</strong></p>
<p>C’est comme dans un couple, la relation fonctionne avec de la confiance. On doit pouvoir s’en remettre l’un à l’autre. Avec Bruno, le dialogue musical est parfait, nous avons la même énergie, la même respiration. Il est très rare de trouver la bonne complémentarité entre chanteur et musicien, alors que c’est véritablement sur elle que repose la magie de nos arts.</p>
<p><strong>Quel conseil donnerais-tu aux chanteurs polynésiens qui souhaitent percer ?</strong></p>
<p>La réussite nécessite de la discipline et de la rigueur. Même avec une part de don, il faut travailler tout le temps, il ne s’agit pas de se reposer sur d’apparentes facilités. Un <a href="http://www.hiroa.pf/tag/artiste/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec artiste">artiste</a> est comme un sportif, il ne doit jamais cesser de s’entraîner. C’est ce qui fera la différence.</p>
<p><strong>Tu reviens régulièrement en Polynésie donner des concerts, une nécessité de renouer ?</strong></p>
<p>Je suis toujours ravi de revenir à Tahiti, de retrouver les saveurs et la chaleur humaine. Même à 20 000 km, mon cœur restera pour toujours ici. Mais j’avoue que désormais, j’ai besoin de l’émulation urbaine des villes, celle qui te tire vers le haut.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Encadré</strong></p>
<p>Le concert lyrique que Steeve Mai et Bruno Beaufils ont donné le 25 avril dernier à la cathédrale Notre-Dame de Papeete sera retransmis sur TNTV le 15 août 2011.</p>
<div name="googleone_share_1" style="position:relative;z-index:5;float: right; margin-left: 10px;"><g:plusone size="standard" count="1" href="http://www.hiroa.pf/2011/08/%c2%ab-meme-avec-une-part-de-don-il-faut-travailler-sans-cesse-%c2%bb/">{lang: 'fr'}</g:plusone></div>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>« J’admire le travail des groupes de danse »</title>
		<link>http://www.hiroa.pf/2011/07/%c2%ab-j%e2%80%99admire-le-travail-des-groupes-de-danse-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Mon, 18 Jul 2011 20:07:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ICA-Web</dc:creator>
				<category><![CDATA[10 questions à]]></category>
		<category><![CDATA[A La Une]]></category>

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		<description><![CDATA[
Vous connaissez peut-être son nom pour l’avoir vu en signature sur les superbes photos de ‘ori tahiti que nous publions depuis le début dans Hiro’a. Fabien Chin est passionné par la photographie de danse traditionnelle, un art dans lequel il excelle grâce à une sensibilité humaine et artistique hors norme. 
Comment sont venues ces deux passions : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
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</a>
<strong><br />
Vous connaissez peut-être son nom pour l’avoir vu en signature sur les superbes photos de <em>‘ori <a href="http://www.hiroa.pf/tag/tahiti/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec tahiti">tahiti</a> </em>que nous publions depuis le début dans Hiro’a. Fabien Chin est passionné par la photographie de danse traditionnelle, un art dans lequel il excelle grâce à une sensibilité humaine et artistique hors norme. </strong></p>
<p><strong>Comment sont venues ces deux passions : la photo et la danse ?</strong></p>
<p>Cela commence par la photo. Au lycée, je faisais partie du club photo par curiosité. Cela me plaisait mais je n’ai pas continué, le matériel argentique de l’époque étant trop coûteux. Lorsque les appareils photos numériques ont fait leur apparition, j’ai commencé à m’y intéresser de plus près : plus besoin d’une chambre noire pour développer les images ! En 2007, je me suis acheté mon premier vrai appareil &#8211; un réflexe numérique Nikon D40X. Je cherchais des évènements à photographier pour « m’entraîner » sur mon nouveau matériel : il y avait alors de nombreux galas de danse traditionnelle et j’ai vite pris goût à ces soirées. J’ai découvert les possibilités infinies de prises de vue offertes par la danse : le cadre, l’éclairage, l’expression des personnes… Je me suis aussi très vite aperçu que le sujet était peu exploité, ou alors de manière superficielle et commerciale. Et je trouvais aberrant que les danseurs doivent payer pour obtenir les clichés sur lesquels ils étaient ; sans eux, la danse n’existerait pas ! J’ai donc mis en place un site Internet fin 2007 grâce auquel ils peuvent, depuis, regarder toutes les photos de leurs spectacles.</p>
<p><strong>Tu n’as jamais eu l’intention d’en faire un métier ou une activité lucrative?</strong></p>
<p>Non, surtout pas ! C’est totalement contraire à ma démarche. Gagner ma vie de la sorte réduirait considérablement mon champ d’action. Ainsi, photographier la danse reste une passion dans laquelle je peux m’exprimer librement et proposer le travail artistique qui m’intéresse.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qu’une « belle » photo de danse, ou une photo « réussie » selon toi ?</strong></p>
<p>C’est une photo qui retient l’attention tout d’abord. Elle doit refléter et dégager les émotions que j’ai voulu capturer. J’aime une photo lorsqu’elle traduit un mouvement – l’essence même de la danse ! -, immortalise une expression, une sensation… Le plus difficile n’est pas de faire une photo esthétique, mais une photo authentique. Quand le danseur regarde la photo, il doit ressentir les sensations qu’il a vécues au moment précis.</p>
<p><strong>Une telle implication ne t’a jamais donné envie de danser à ton tour ?</strong></p>
<p>Non… Chacun fait ce qu’il sait faire et c’est très bien ainsi. Je préfère rester en arrière-plan ! En revanche, pour les groupes que je suis &#8211; de l’idée du spectacle à sa conception &#8211; j’ai le sentiment de vivre la danse. C’est une aventure commune entre chefs de groupe, chorégraphes, danseurs, musiciens, costumiers… et photographe, à condition d’être en immersion dans le groupe ! Et pour l’être, c’est beaucoup d’engagement et de temps derrière. Observer les comportements, apprendre à connaître les personnes du groupe, afin de réussir à se faire oublier. Les danseurs ne doivent plus être gênés par ma présence et celle de l’objectif : cela représente un travail de longue haleine, mais c’est la seule façon pour pouvoir réaliser des images spontanées et authentiques. Les mises en scène ne m’intéressent pas.</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui te plaît le plus dans la danse traditionnelle ?</strong></p>
<p>L’amour des groupes pour leur art. J’admire leur travail. Beaucoup d’entre eux vivent au rythme des <em>ote’a</em> et des <em>to’ere</em> depuis leur âge le plus tendre et vouent aujourd’hui une passion sans borne à la danse traditionnelle. Lorsqu’on voit un spectacle, on n’imagine pas le temps et l’énergie déployés par ces artistes pour qu’il soit une réussite ! Je me considère privilégié de pouvoir partager avec eux cette passion, ainsi qu’avec le public.</p>
<p><strong>Depuis tout ce temps, tu gardes le même plaisir à assister aux répétitions, aux spectacles ? </strong></p>
<p>Oui, car je ne sais jamais à quoi m’attendre. Déjà parce que chaque groupe à son style, ses méthodes de travail et son ambiance… Ils sont toujours dans la recherche, je n’ai jamais l’impression de vivre deux fois la même expérience : j’accompagne leur évolution. D’autre part, en terme d’image, on trouve toujours quelque chose de nouveau à explorer techniquement et humainement, car la danse est un sujet très riche. Mais c’est vrai qu’avec les années, je deviens de plus en plus exigeant, surtout envers moi-même !</p>
<p><strong>Au cours de ces années, quel est le moment qui t&#8217;a le plus marqué, ému ?</strong></p>
<p>Il y en a tellement ! Tous les nombreux moments que j&#8217;ai pu partager avec les chefs de groupe de la place, à les écouter parler avec ferveur de leur amour pour le <em>‘ori tahiti</em> : des moments rares et précieux. La victoire de Hei Tahiti en 2009 a été très intense, car j’avais suivi le groupe partout, du début à la fin. 2009 d’une manière générale a été une année mémorable, avec le retour de tous les grands groupes au Heiva (Temaeva, O Tahiti E, Tamariki Poerani, Kei Tawhiti, Heikura Nui, Ahutoru Nui). Je me souviens que les répétitions de Hei Tahiti avaient commencé fin janvier, un mois après la victoire au Hura Tapairu. J’ai passé des soirées entières pendant plusieurs mois à observer la progression des danseurs, perfectionnant jour après jour leurs gestes. La famille de Tiare Trompette était venue de spécialement de Raivavae pour participer à la confection des costumes. Il existait une vraie communion entre tous les éléments de la troupe (danseurs, musiciens, choristes, costumières, etc.), mais aussi avec le thème.</p>
<p><strong>Et le moment qui t’a le plus contrarié ?</strong></p>
<p>Malgré le soutien de la majorité des groupes de danse dans ma passion ainsi que des ministères, cela a toujours été un chemin de croix pour obtenir l’autorisation de prendre des photos pendant le Heiva ! Comme je ne vends pas mes photos mais que je demande à être placé devant la scène, au même titre que les photographes professionnels, la confusion est totale !</p>
<p><strong>Justement, que représente le Heiva pour toi ?</strong></p>
<p>La consécration du groupe. Chacun des membres vit sa soirée du Heiva avec bonheur, car c’est le résultat et la fin de centaine d’heures de répétitions acharnées à répéter les mêmes gestes, à les travailler jusqu’à la perfection… ils peuvent enfin se lâcher et se faire plaisir tant ils maîtrisent leur spectacle ! Le Heiva est aussi un moment de partage et de compétition.</p>
<p><strong>Un message à faire passer aux danseurs ?</strong></p>
<p>Un grand merci à eux pour m&#8217;avoir accepté dans leur monde. Je leur rends hommage pour leur talent et leur dévouement. Il faut qu&#8217;ils continuent à nous faire rêver à travers leur art&#8230; Et surtout lâchez-vous sur scène, vivez votre danse !</p>
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		<title>« On ne peut pas tricher avec la culture »</title>
		<link>http://www.hiroa.pf/2011/06/%c2%ab-on-ne-peut-pas-tricher-avec-la-culture-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Tue, 07 Jun 2011 21:21:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ICA-Web</dc:creator>
				<category><![CDATA[10 questions à]]></category>

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		<description><![CDATA[Présente-t-on encore Raymond Teeriierooiterai Graffe ? Bien connu du public pour ses cérémonies de marche sur le feu autant que pour l’art du tatouage, il va partir à la retraite le mois prochain, après 35 ans passés au département archéologie du service de la Culture et du Patrimoine. Un nouveau départ !
 
Tu pars à la retraite [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
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</a>
<br />
<strong>Présente-t-on encore</strong> <strong>Raymond </strong><strong>Teeriierooiterai </strong><strong>Graffe ? Bien connu du public pour ses</strong><strong> cérémonies de marche sur le feu autant que pour l’art du tatouage</strong><strong>, il va partir à la retraite le mois prochain, après 35 ans passés au département archéologie du service de la <a href="http://www.hiroa.pf/tag/culture/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec culture">Culture</a> et du Patrimoine.</strong><strong> </strong><strong>Un nouveau départ !</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Tu pars à la retraite le 1<sup>er</sup> juillet… Quel effet ça te fait ?</strong></p>
<p>Sincèrement, ça me fait drôle d’imaginer d’arrêter de travailler. Cela fait 35 ans que j’ai un rythme assez dense, de penser que la soupape va sauter du jour au lendemain me donne une sensation étrange ! Mais ce n’est pas parce que je serai à la retraite que je vais tout arrêter ! J’ai d’ailleurs plein de projets.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Lesquels ?</strong></p>
<p>Je dispose d’un immense terrain à Papenoo, dans la vallée, et je compte bien le rendre utile en faisant de l’agriculture raisonnée et durable. Cela pourra donner du travail aux jeunes de la commune qui ne travaillent pas et devenir une production intéressante pour tout le monde.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Pourquoi, voilà 35 ans, avais-tu choisi la voie de l’archéologie ?</strong></p>
<p>En 1971, il y a eu le projet de barrage hydraulique dans la vallée de Papenoo. J’ai commencé les prospections comme ça, bénévolement, trop inquiet de voir disparaître tous les vestiges du passé. Suite à cette expérience et à ma rencontre avec l’archéologue José Garanger, j’ai décidé de partir à Paris pour suivre une formation en archéologie. J’avais trouvé dans cette discipline une manière concrète de reconstituer notre histoire, le mode de vie des temps anciens. Je suis revenu à <a href="http://www.hiroa.pf/tag/tahiti/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec tahiti">Tahiti</a> à 1982 et j’ai commencé à travailler au CPSH*.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Quelle est ta plus grande satisfaction au cours de ta carrière ?</strong></p>
<p>Il y en a eu plein ! Mais la plus marquante reste la campagne de fouilles de Vitaria, à Raivavae, entre 1982 et 1984. Nous avons mis à jour la plus grande plateforme d’habitation jamais découverte en <a href="http://www.hiroa.pf/tag/polynesie/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec polynésie">Polynésie</a>, mesurant plus de 92 mètres de long sur 22 mètres de large. 12 pierres dressées – considérées comme les dossiers royaux -étaient là également. J’ai trouvé, enfouis à un mètre de profondeur dans le sol, les poteaux en <em>aito</em> de la maison ! L’ensemble date du 13<sup>ème</sup> ou du 14<sup>ème</sup> siècle. C’était une formidable découverte.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Et ta plus grande déception ?</strong></p>
<p>Tous les projets de sauvegarde de notre patrimoine qui n’ont jamais pu aboutir. Le dernier en date : la restauration, prévue en 2009, des <em>marae</em> Te mahara, Pomoavao et Atorani de Raivavae, des sites de grandes importances qui ne demandent qu’à être valorisés. On avait vraiment beaucoup travaillé, notamment avec la population de l’île qui était très impliquée dans ce chantier. Nous n’avons finalement pas obtenu les crédits.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Comment as-tu été sensibilisé à ta culture, aux traditions ?</strong></p>
<p>Mon père était un ancien combattant, très strict… Il nous interdisait de parler tahitien à la maison puisque c’était la loi. Mais pendant ses siestes du dimanche, avec ma mère, on parlait notre langue. C’est comme ça que j’ai pu apprendre le tahitien. Mais surtout, c’est grâce à ce livre que ma mère possédait et qu’elle tenait de son grand-père, Teriieroo a Teriierooi te Ra’i, chef de Papenoo à la fin du 19<sup>ème</sup> siècle. Il a recueilli et écrit de sa main un livre réunissant tous les récits qu’on lui a transmis. C’est un trésor de connaissances, je l’ai décortiqué pendant des années pour le comprendre. Il m’inspire et me guide depuis toujours.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Quelle est ta définition de la culture ? </strong></p>
<p>La culture est un terme profond, mais aujourd’hui, on l’assaisonne à toutes les mayonnaises… Selon moi, elle est plus que ce à quoi on l’associe couramment (la danse, le chant, le tatouage…) : c’est un ensemble de données historiques qu’une minorité tente de rechercher et de mettre en application. On ne peut pas tricher avec la culture.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Que souhaites-tu pour l’avenir de la culture polynésienne ?</strong></p>
<p>Les grandes perspectives ont été apportées lors des Etats généraux. Ne reste plus qu’à les appliquer, mais on ne peut pas, on ne doit pas attendre ! Certes, le nerf de la guerre c’est l’argent. A force de ne compter que sur lui pour « faire », rien ne se passe, alors agissons avec notre énergie et le peu de moyen dont nous disposons ; ce sera toujours mieux que rien.</p>
<p><strong>Les festivités du 129<sup>ème</sup> Heiva approchent, que penses-tu de l’évolution de cet événement ? </strong></p>
<p>Je suis, comme de nombreux anciens je pense, nostalgique du Tiurai ! Le Heiva se modernise, ce qui est tout à fait normal, mais moi je trouve que la flamme qui animait les grands chefs de groupes n’est plus aussi vive. Je ne ressens plus la même excitation qu’autrefois… Pour autant, le Heiva doit perdurer coûte que coûte.</p>
<p><strong>Le mot de la fin ?</strong></p>
<p>Il n’y aura pas de fin pour moi tant que mes yeux ne seront pas fermés ! Je vais continuer mes activités culturelles (cérémonies, tatouages, rituels, etc.) aussi longtemps que possible, pour perpétuer le merveilleux héritage de nos ancêtres.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>ENCADRE</p>
<p>Nous avons tous rendez-vous avec Raymond Teeriierooiterai<strong> </strong>Graffe le 6 juillet prochain, pour vivre sa <strong>58<sup>ème</sup> marche sur le feu</strong>, ou cérémonie du <em>umu ti</em>, rite venu de la nuit des temps et perpétué par notre <em>tahua</em>.</p>
<p>Celle-ci se déroulera en fin de journée au Mahana Park (PK18, à Punaauia).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>* Le Centre Polynésien des Sciences Humaines, créé en 1980, regroupait le <a href="http://www.hiroa.pf/tag/musee/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec musée">Musée</a> de Tahiti des îles, le département d’Archéologie et des Traditions Orales. Il a été dissout en 2000 pour former deux entités : le Service de la Culture et du Patrimoine et le <a href="http://www.hiroa.pf/tag/musee/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec musée">Musée</a> de Tahiti et des Îles. </em></p>
<div name="googleone_share_1" style="position:relative;z-index:5;float: right; margin-left: 10px;"><g:plusone size="standard" count="1" href="http://www.hiroa.pf/2011/06/%c2%ab-on-ne-peut-pas-tricher-avec-la-culture-%c2%bb/">{lang: 'fr'}</g:plusone></div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>« La nouvelle aventure FIFO m’enchante »</title>
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		<pubDate>Tue, 24 May 2011 06:29:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ICA-Web</dc:creator>
				<category><![CDATA[10 questions à]]></category>

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		<description><![CDATA[Architecte, peintre, journaliste et depuis quelques mois coordinatrice du FIFO, Miriama Geoffroy aime surprendre ; elle-même, les autres. Créative et téméraire, elle entend bien continuer à faire du FIFO ce festival que nous apprécions tous pour sa qualité et sa fraîcheur. 
Quel parcours que le tien !
Oui, j’ai un parcours pour le moins diversifié… Je suis curieuse de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
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	<img class="ngg-singlepic ngg-left" src="http://www.hiroa.pf/wp-content/gallery/cache/602__320x240_full_h44_10questionsa.jpg" alt="full_h44_10questionsa" title="full_h44_10questionsa" />
</a>
<br />
<strong>Architecte, peintre, journaliste et depuis quelques mois coordinatrice du FIFO, Miriama Geoffroy aime surprendre ; elle-même, les autres. Créative et téméraire, elle entend bien continuer à faire du FIFO ce festival que nous apprécions tous pour sa qualité et sa fraîcheur. </strong></p>
<p><strong>Quel parcours que le tien !</strong></p>
<p>Oui, j’ai un parcours pour le moins diversifié… Je suis curieuse de nature et particulièrement sensible à tout ce qui touche à l’art, à la <a href="http://www.hiroa.pf/tag/culture/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec culture">culture</a>. Fondamentalement, je suis peintre – c’est comme affirmer que je suis femme, mère, ça fait partie de moi. La peinture m’accompagnera toute ma vie. Mais pour le moment, je suis coordinatrice du FIFO et cette nouvelle aventure m’enchante.</p>
<p><strong>Tu as mis la peinture entre parenthèses pour assurer ta nouvelle fonction ?</strong></p>
<p>Non : je l’organise différemment. Tout est question d’équilibre. Je prépare même une exposition en septembre à la Maison de la Culture et vais participer à plusieurs expos collectives (Transpacific Art au <a href="http://www.hiroa.pf/tag/musee/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec musée">Musée</a> de <a href="http://www.hiroa.pf/tag/tahiti/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec tahiti">Tahiti</a> et des Îles et « La couleur du tarot » à la galerie Winkler en mai)…</p>
<p><strong>A 8 mois de la prochaine édition du FIFO, en quoi consiste ta mission ?</strong></p>
<p>A organiser le FIFO 2012 évidemment, mais je gère également la suite de la vie du précédent festival, notamment avec le FIFO Hors les murs, les déplacements et projections dans les îles… Autrement, il y a aussi toute la partie relationnelle à entretenir et gérer avec les producteurs, la réception et la circulation des films, la communication. Vu de l’extérieur, on ne s’imagine pas qu’un événement qui dure une semaine demande une année entière de travail !</p>
<p><strong>Que deviennent les films qui ont eu un prix au FIFO ?</strong></p>
<p>Ils sont très sollicités pour participer à d’autres festivals. Par exemple, les films primés en 2011 vont être projetés ce mois de mai dans le cadre de l’année des Outre-mer à Paris (au Musée de l’Homme, au Quai Branly, à la Délégation polynésienne), mais aussi au festival du film de Cabourg en juin. Cela donne à ces documentaires un autre éclairage, en étant visionnés sous un autre angle par de nouveaux spectateurs. Ils découvrent ainsi un état d’esprit océanien, une partie de la quête de l’Homme dans son évolution.</p>
<p><strong>Personnellement, quelles sont tes affinités avec le monde de l’audiovisuel ?</strong></p>
<p>En tant qu’<a href="http://www.hiroa.pf/tag/artiste/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec artiste">artiste</a>, l’image m’a toujours intéressée. Et puis je suis moi-même une spectatrice assidue du FIFO ! L’audiovisuel prend un véritable essor en <a href="http://www.hiroa.pf/tag/polynesie/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec polynésie">Polynésie</a>, grâce à des initiatives comme le festival entre autres. Je ne regarde pas la télévision, mais je visionne beaucoup de films ainsi que des vidéos sur Internet. J’apprécie particulièrement les démarches audiovisuelles expérimentales, j’aimerais d’ailleurs m’y essayer…</p>
<p><strong>Quelle est ta définition de la culture polynésienne ?</strong></p>
<p>Elle est en mouvement. Le FIFO, les Etats généraux, la récente manifestation des groupes de danse sont autant d’expressions du devenir de la culture polynésienne. J’ai le sentiment qu’en Polynésie nous prenons de plus en plus conscience de notre différence culturelle et entendons bien l’affirmer. Je trouve aussi que les interactions entre les différents domaines de la culture sont plus courantes, alors qu’avant, chacun avait l’habitude de rester dans son coin. On est davantage dans la rencontre et le partage. Le récent spectacle <em>Moemoea</em> est à ce titre un très bel exemple de brassage : le dessin a servi d’inspiration à un spectacle de danse qui mêle danse traditionnelle et contemporaine, ayant lui-même servi de support à un documentaire.</p>
<p><strong>Si demain, on te donnait des crédits pour développer des actions, quel serait le projet qui te tiendrait le plus à cœur ?</strong></p>
<p>Un centre culturel bien sûr ! Avec de la danse, de la peinture, de l’audiovisuel, de la musique, de la sculpture, de la photo… Le Disneyland de la culture autrement dit ! Je m’explique : selon moi, la culture ne pas être hermétique, mais ouverte sur les autres, attrayante, on doit pouvoir la vivre et la voir librement, avoir le choix d’aimer ou de ne pas aimer…</p>
<p><strong>Est-ce que tu peux nous dire un mot du FIFO 2012 ?</strong></p>
<p>On va essayer de faire au moins aussi bien que 2011 ! L’objectif est de continuer à participer au développement de l’audiovisuel local – qui a de beaux jours devant lui -, d’offrir toujours autant de documentaires qualitatifs au public, de rencontres et d’ateliers… D’autant qu’en 2012, le Grand Théâtre sera insonorisé et climatisé, ce qui nous permettra de programmer plus de séances.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Ce qu’il y a de plus difficile pour toi pour le moment?</strong></p>
<p>Avoir les bonnes réponses aux milliers de questions et rattraper les 8 ans de mémoire du FIFO ! Arriver après Pierre Ollivier est un gros défi, car il a donné au festival une grande rigueur que je me dois de préserver.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Le mot de la fin ?</strong></p>
<p>Que se préparent de belles années culturelles en Polynésie. Nous, on pense déjà à l’anniversaire des 10 ans du FIFO en 2013… !</p>
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		</item>
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		<title>« L&#8217;Art, c&#8217;est une bête sauvage »</title>
		<link>http://www.hiroa.pf/2011/05/%c2%ab-lart-cest-une-bete-sauvage-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Mon, 02 May 2011 18:34:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ICA-Web</dc:creator>
				<category><![CDATA[10 questions à]]></category>

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		<description><![CDATA[Installé depuis 1994 à Moorea, Jean-Luc Bousquet persiste dans une œuvre atypique, nous promenant dans ses paysages intérieurs au plus profond de l’âme humaine. Son œuvre est tendue, sombre et intérieure. Il ne regarde pas le décor mais interroge : le sujet, dont il explore les attitudes, la trahison gestuelle… Un artiste qui échappe à toutes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
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	<img class="ngg-singlepic ngg-left" src="http://www.hiroa.pf/wp-content/gallery/cache/578__320x240_full-h43_10questionsa01.jpg" alt="full-h43_10questionsa01" title="full-h43_10questionsa01" />
</a>
<br />
<strong>Installé depuis 1994 à Moorea, Jean-Luc Bousquet persiste dans une œuvre atypique, nous promenant dans ses paysages intérieurs au plus profond de l’âme humaine. Son œuvre est tendue, sombre et intérieure. Il ne regarde pas le décor mais interroge : le sujet, dont il explore les attitudes, la trahison gestuelle… Un <a href="http://www.hiroa.pf/tag/artiste/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec artiste">artiste</a> qui échappe à toutes les étiquettes. </strong></p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui t&#8217;as occupé ces dernières semaines ?</strong></p>
<p>Les turpitudes communes et quotidiennes de la vie, l&#8217;amour, la mort, la souffrance du monde, la peinture et le chantier de  notre futur maison…</p>
<p><strong>Peux-tu nous résumer ton parcours d&#8217;artiste ?</strong></p>
<p>Je n&#8217;ai pas fait d&#8217;école d&#8217;Art. J&#8217;ai sans doute reçu un don du ciel qui a pris la forme d&#8217;une casserole d&#8217;eau bouillante renversée sur mon pauvre petit corps de bébé de tout juste 1 an, traumatisme déclencheur du monstre d&#8217;intériorité que je suis devenu. J&#8217;ai toujours dessiné, creusé mon souterrain, seul, jusqu&#8217;au jour où, revenant d&#8217;un voyage à travers les civilisations majeures de l&#8217;histoire de l&#8217;Art, Italie, Grèce, Égypte, j&#8217;ai rencontré Manuel Taraio, peintre portugais avec qui j&#8217;ai travaillé pendant un an. C&#8217;est là que j&#8217;ai appris les éléments techniques de la peinture à l&#8217;huile, « à l&#8217;ancienne », qui m&#8217;ont permis de décoller et d&#8217;élaborer la recette de ma potion magique. La suite n&#8217;est qu&#8217;une succession de lévitations ; les aventures du cerveau.</p>
<p><strong>Quelles sont tes sources inspiration ?</strong></p>
<p>Le sujet, la singulière conjugaison du « je ». L&#8217;homme, la femme, l&#8217;androgyne. L&#8217;humain, la comédie humaine. Le décor ne m&#8217;intéresse pas.</p>
<p><strong>La peinture : métier ou passion ?</strong></p>
<p>Évidemment, les deux. Il n&#8217;y a que dans la passion que l&#8217;on touche l&#8217;au-delà. Et ça, c&#8217;est un sacré boulot ! Un métier : appris, perçu, percé. La fatigue, le harassement qui amène ses joies et ses peines. Un métier, c&#8217;est un savoir-faire. De la passeuse de serpillière au lanceur de satellites, c&#8217;est plein de noblesse.</p>
<p><strong>Ta plus grande satisfaction au cours de ta carrière ?</strong></p>
<p>Avoir quitté le fonctionnariat et l&#8217;enseignement pour la peinture.</p>
<p><strong>Et la pire des déceptions ?</strong></p>
<p>Ne pas avoir réussi dans la musique et m&#8217;être fait arnaquer plusieurs tableaux, soit environ 6 mois de travail, par une Galerie.</p>
<p><strong>Quel est ton souhait pour l&#8217;art contemporain en <a href="http://www.hiroa.pf/tag/polynesie/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec polynésie">Polynésie</a> ?</strong></p>
<p>L&#8217;art contemporain, c&#8217;est quoi ? Un de nos derniers ministres valseur a sorti un gros livre très cher que personne ne lit sur l&#8217;émergence du « machin ». L’art contemporain s&#8217;explique longuement apparemment. Ça m&#8217;énerve un peu les beaux discours de surface. Je préfère les profondeurs silencieuses. Quand l&#8217;Art est bon, c&#8217;est bon, il n’y a rien à dire, il n’y a qu&#8217;à boire le nectar. Sinon, c&#8217;est du cochon. Cela dit, il y a eu des actions remarquables organisées par l&#8217;association TPAE (TransPacifiqueExpress), notamment les expositions organisées chaque année au <a href="http://www.hiroa.pf/tag/musee/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec musée">Musée</a> de <a href="http://www.hiroa.pf/tag/tahiti/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec tahiti">Tahiti</a> et des Iles grâce à la gentillesse, le soutien et le concours de Jean-Marc Pambrun. Occasions rares et précieuses pour l&#8217;Art vivant de s&#8217;exhiber timidement. Je ne souhaite rien pour l&#8217;Art, contemporain ou pas. L&#8217;Art, c&#8217;est une bête sauvage, incontrôlable, indomptable. Comme pour le fou, la question se pose pour l&#8217;artiste de sa place dans l&#8217;espace social. Et ce que je souhaite, c&#8217;est ne pas vous prédire la mort de l&#8217;imaginaire. Prenons garde qu&#8217;en s&#8217;accrochant trop au passé, on en oublie d&#8217;inventer le futur.</p>
<p><strong>Quelle est ta définition de la <a href="http://www.hiroa.pf/tag/culture/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec culture">culture</a> ?</strong></p>
<p>La culture est une alternative à l&#8217;existence de Dieu.</p>
<p><strong>Si demain, on te donnait des crédits pour développer des actions, quel serait le projet qui te tiendrait le plus à cœur ?</strong></p>
<p>Faire des petites vitrines d&#8217;exposition à installer dans les rues et à distribuer dans les commerces, afin d&#8217;y exposer, en collaboration avec les établissements scolaires, les travaux d&#8217;enfants.</p>
<p><strong>Un message à faire passer ?</strong></p>
<p>Je n&#8217;aime pas les gourous. Et si j&#8217;avais un message, je ne ferai pas de peinture, naufrage des certitudes dans l&#8217;océan des doutes…</p>
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		<title>« L’apprentissage de la musique est sans fin »</title>
		<link>http://www.hiroa.pf/2011/03/%c2%ab-l%e2%80%99apprentissage-de-la-musique-est-sans-fin-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Mar 2011 20:08:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ICA-Web</dc:creator>
				<category><![CDATA[10 questions à]]></category>

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		<description><![CDATA[A 13 ans, Joaquim a déjà passé plus de la moitié de sa vie à jouer du violoncelle ! A la fin de l’année, il passera son Diplôme de Fin d’Etudes. Lui qui a sauté deux niveaux au Conservatoire et donné plus d’une vingtaine de concerts possède pour son jeune âge une expérience solide de l’instrument, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
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	<img class="ngg-singlepic ngg-left" src="http://www.hiroa.pf/wp-content/gallery/cache/553__320x240_full_h42_10questionsa.jpg" alt="full_h42_10questionsa" title="full_h42_10questionsa" />
</a>
<br />
<strong>A 13 ans, Joaquim a déjà passé plus de la moitié de sa vie à jouer du violoncelle ! A la fin de l’année, il passera son Diplôme de Fin d’Etudes. Lui qui a sauté deux niveaux au Conservatoire et donné plus d’une vingtaine de concerts possède pour son jeune âge une expérience solide de l’instrument, entre prodige et travail.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Depuis combien de temps pratiques-tu le violoncelle ?</strong></p>
<p>Cela fait maintenant 8 ans, j’ai commencé à 5 ans. J’ai découvert différents instruments de musique en classe d’éveil musical au Conservatoire, et le violoncelle m’a immédiatement plus attiré que les autres.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Comment expliques-tu cette affinité ? </strong></p>
<p>C’est le son du violoncelle qui m’a séduit, ni trop grave, ni trop aigu. C’est un timbre particulier, tout comme la sensation physique de jouer, avec une prise en main très agréable de l’instrument.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Après 8 ans d’étude et de pratique, peut-on encore progresser ?</strong></p>
<p>Bien sûr, je suis loin d’avoir tout appris ! L’apprentissage de la musique est sans fin. Il faut jouer sans cesse pour être meilleur, apprendre différents morceaux en isolant les difficultés pour se corriger… La progression est lente.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Les débuts ont-ils été faciles pour toi ?</strong></p>
<p>Non ! La première année est même assez décourageante, car il faut 2, voire 3 ans, avant de sentir la musicalité et de prendre réellement du plaisir à jouer. Au début, on ne parvient pas à interpréter un morceau. Mais j’étais motivé, j’avais vraiment envie d’apprendre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Penses-tu avoir des facilités ?</strong></p>
<p>Je travaille beaucoup. Quel que soit mon emploi du temps scolaire, j’essaye toujours de caser le violoncelle – ce qui n’est pas forcément évident. Je répète au moins une heure par jour à la maison, à côté des 5 heures de cours par semaine (instrument, musique de chambre, grand orchestre et solfège).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Tu envisages ton avenir professionnel dans la musique ?</strong></p>
<p>Pour le moment, je n’ai pas d’idée particulière à ce sujet… Mais je ne suis pas certain d’avoir envie de devenir professeur ou concertiste, je souhaite juste continuer le violoncelle pour moi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Se produire en concert comme tu en as maintenant l’habitude doit être assez sensationnel ? </strong></p>
<p>Il y a une grande émotion à jouer sur une scène devant un public. Mais c’est stressant et la préparation demande beaucoup d’investissement. Il m’arrive de passer plusieurs heures sur le même morceau pour tenter de le maîtriser à la perfection.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>As-tu déjà eu envie d’apprendre à jouer d’un nouvel instrument ?</strong></p>
<p>Je sais jouer un peu de piano (ma mère et ma sœur en font depuis longtemps) et je viens de commencer la guitare. Je n’en fais pas sérieusement, c’est juste comme ça, pour varier…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Quelle est ta meilleure expérience musicale ?</strong></p>
<p>Les masters classes… On en a eu 3 au Conservatoire, avec des grands noms internationaux du violoncelle comme Arto Noras, célèbre interprète et compositeur. C’est fascinant de voir comment ils jouent, très stimulant. Autrement, en juillet dernier, j’ai pu suivre une master classe en région parisienne avec Jérôme Pernoo, professeur de violoncelle au Conservatoire National Supérieur de Paris. C’était passionnant, il avait des manières d’expliquer différentes, j’avais l’impression de progresser plus vite. Ca m’a révélé une autre façon de jouer.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Qu’écoutes-tu comme musique ?</strong></p>
<p>De tout ! De la musique classique aux groupes actuels. J’ai une préférence pour Muse et Mozart.</p>
<div name="googleone_share_1" style="position:relative;z-index:5;float: right; margin-left: 10px;"><g:plusone size="standard" count="1" href="http://www.hiroa.pf/2011/03/%c2%ab-l%e2%80%99apprentissage-de-la-musique-est-sans-fin-%c2%bb/">{lang: 'fr'}</g:plusone></div>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>« Bobby a été un cadeau pour la Polynésie »</title>
		<link>http://www.hiroa.pf/2011/02/%c2%ab-bobby-a-ete-un-cadeau-pour-la-polynesie-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Fri, 11 Feb 2011 19:28:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ICA-Web</dc:creator>
				<category><![CDATA[10 questions à]]></category>
		<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[La Une]]></category>
		<category><![CDATA[artiste]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[culture polynésie]]></category>
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		<category><![CDATA[tahiti]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Musée de Tahiti et des îles, organise à partir du 8 février une rétrospective des œuvres de Bobby Holcomb pour lui rendre hommage à l’occasion des vingt ans de sa disparition. Un événement cher à Manouche Lehartel, admiratrice inconditionnelle de Bobby l’artiste mais avant tout de l’homme, dont elle a perçu avant beaucoup la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
<a href="http://www.hiroa.pf/wp-content/gallery/41_hiroa/full_h41_10questionsa_bobby-tiff.jpg" title="" rel="lightbox[singlepic532]" >
	<img class="ngg-singlepic ngg-left" src="http://www.hiroa.pf/wp-content/gallery/cache/532__320x240_full_h41_10questionsa_bobby-tiff.jpg" alt="full_h41_10questionsa_bobby-tiff" title="full_h41_10questionsa_bobby-tiff" />
</a>
<br />
<strong>Le <a href="http://www.hiroa.pf/tag/musee/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec musée">Musée</a> de <a href="http://www.hiroa.pf/tag/tahiti/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec tahiti">Tahiti</a> et des îles, organise à partir du 8 février une rétrospective des œuvres de Bobby Holcomb pour lui rendre hommage à l’occasion des vingt ans de sa disparition. Un événement cher à Manouche Lehartel, admiratrice inconditionnelle de Bobby l’<a href="http://www.hiroa.pf/tag/artiste/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec artiste">artiste</a> mais avant tout de l’homme, dont elle a perçu avant beaucoup la prodigalité. De ses rencontres avec Bobby, Manouche a conservé le souvenir d’un être remarquable, ainsi que de nombreuses peintures. </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Comment as-tu découvert Bobby ?</strong></p>
<p>Nous avions des relations communes appartenant à la mouvance du « <em>pupu arioi </em>» constitué de jeunes polynésiens empreints de <a href="http://www.hiroa.pf/tag/culture/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec culture">culture</a> polynésienne. Je les trouvais beaux, leur engagement et leur mode de vie m’enchantaient. J’ai immédiatement été fascinée par Bobby qui respirait la sincérité, la simplicité, l’intelligence. Discuter avec lui était un vrai bonheur, tant par sa <a href="http://www.hiroa.pf/tag/culture/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec culture">culture</a> que par sa gentillesse. Je savais que j’étais face à une personnalité d’exception, bien au-dessus de la norme.</p>
<p><strong>Tu es connue pour posséder une belle collection de ses peintures…</strong></p>
<p>Je n’ai jamais eu l’intention de « constituer » une collection. Elle s’est faite au fil de nos rencontres, naturellement et spontanément. J’ai rarement « choisi » une de ses peintures !</p>
<p><strong>C’est-à-dire ? Comment as-tu été amenée à lui acheter des œuvres ? </strong></p>
<p>J’étais en stage au Musée de Tahiti en 1981quand Bobby est passé proposer une toile*, déclinée par le Musée qui était concentré sur son objet ethnographique. Elle était restée là en attendant acquéreur et elle m’a plu. J’ai souhaité l’acquérir… Il en demandait 60 000 Fcfp – ce qui représentait la moitié de mon salaire ! Sans charges particulières à l’époque, je me suis laissée tenter.</p>
<p><strong>C’est ainsi que l’histoire a commencé…</strong></p>
<p>Exactement. Il faut savoir que Bobby vivait de sa peinture. Tous les mois, il descendait de Huahine avec quelques tableaux et faisait le tour des bureaux et de ses connaissances en ville pour les vendre. Quand il arrivait au Musée avec une toile emballée dans du papier kraft sous le bras, il la posait contre le mur dans mon bureau, et nous faisions le tour de nos sujets d’intérêt. Avant de partir, on parlait de l’œuvre emballée – je la déballais jamais &#8211; et il me disait souvent : « c’est pour mon <em>tarahu », sa</em> facture au magasin de Fare à Huahine.</p>
<p><strong>Pourquoi ne les regardais-tu pas avant ?</strong></p>
<p>Je n’aurais jamais osé un tel affront ! Je l’admirais. Je trouvais indécent qu’il soit obligé de venir jusqu’à moi, en truck puis à pieds, avec son tableau, alors qu’il avait fait la tournée de ses relations en ville. S’il arrivait là, c’est que personne n’en avait voulu. Je n’aurais jamais pu le laisser repartir avec sa peinture, ça me paraissait évident de la lui prendre, de lui permettre de continuer à faire ce qu’il faisait !</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Etait-ce de la charité ?</strong></p>
<p>En aucun cas ! Non, non et non ! J’y trouvais mon compte, car j’aimais sa peinture et j’aimais l’homme qu’il était, généreux et altruiste. Un artiste dans le cœur et dans l’âme. J’avais le sentiment de contribuer à quelque chose de rare et précieux. Bobby a été un cadeau pour la <a href="http://www.hiroa.pf/tag/polynesie/" class="st_tag internal_tag" rel="tag" title="Voir les articles classés avec polynésie">Polynésie</a>. Il nous a ouvert les yeux sur notre valeur, nous a appris une autre musique, nous a fait prendre conscience que la culture polynésienne ne se résumait pas à Gauguin, qu’il fallait respecter ses racines, être fier de son identité.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Quel est le tableau de Bobby que tu affectionnes le plus et pour quelle raison ?</strong></p>
<p>Honnêtement, je n’ai pas de préférence. J’aime tous les tableaux de Bobby, surtout ceux que je n’ai pas ! J’affectionne les œuvres les plus anciennes que j’appréciais accrochées aux murs des maisons de nos relations communes, alors que je n’imaginais pas pouvoir en posséder moi-même un jour.</p>
<p><strong>Qu’apprécies-tu dans sa peinture ?</strong></p>
<p>Elle nous ressemble, dans sa simplicité et sa convivialité. Je crois que ce n’est pas de la « grande peinture » &#8211; comparé à un Rembrandt par exemple – mais c’est une peinture riche de sens, de contenu, de style aussi. Le côté presque naïf, de l’éternel enfant qui dessine ce qu’il a à dire sans se préoccuper des normes classiques, me plait énormément. Ses œuvres respirent la vie, nous ressemblent et nous vont bien.</p>
<p><strong>Et pourtant, en son temps, il avait aussi des détracteurs…</strong></p>
<p>Comme tous ceux qui font des choses, il pouvait déranger. Bobby déplaisait à certains car il les mettait devant leur mesquinerie ou leur ignorance de leur propre culture. Alors que c’est bel et bien grâce à lui, à Henri Hiro, au groupe des <em>pupu arioi</em> que la culture polynésienne a pu retrouver ses lettres de noblesse.</p>
<p><strong>Tu organises au Musée de Tahiti la deuxième rétrospective de ses œuvres. Ça te paraît important que le grand public puisse découvrir la peinture de Bobby ?</strong></p>
<p>Bien sûr, puisque ses œuvres appartiennent à des privés. Bobby est tellement populaire et apprécié des Polynésiens, les aînés auront plaisir à les redécouvrir et les plus jeunes à les découvrir. D’autant qu’il est davantage connu pour ses chansons que pour sa peinture, qui dévoile une facette de lui plus intime, plus profonde aussi.</p>
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