Hiro’a n°175 – Œuvre du mois…Escale à Huahine

MTI escale à Huahine crédit Titouan Lamazou copie

Œuvre du mois

Musée de Tahiti et des îles (MTI) – Fare Manaha

Escale à Huahine

Le voyage à travers l’exposition du peintre Titouan Lamazou se poursuit avec une escale aux îles Sous-le-Vent et plus particulièrement sur l’île de Huahine. Authentique et rebelle, Huahine ne pouvait que séduire un artiste voyageur comme Titouan Lamazou. Ici la nature se trouve aussi dans le regard des hommes.

C’est par Huahine que Titouan Lamazou est entré dans le chapitre de son exposition dédié aux Iles-Sous-le-Vent. Une île qu’il a eu l’occasion de visiter par le passé et qui lui procure toujours autant de respect, car ici il faut montrer patte blanche et c’est tant mieux. Ce qui a marqué Titouan Lamazou, c’est l’authenticité chevillée au corps des habitants de Huahine. « Huahine, C’est l’inverse de Bora Bora et Tahiti. Ici, il y a une réticence à un développement anarchique. C’est une bonne chose, ils seront gagnants à entretenir leurs savoirs et valeurs ancestrales », souligne le peintre.

Rencontre naturelle

Pour ce voyage, Chantal Spitz, écrivaine polynésienne et résidente de Huahine dont le portrait enrichit l’ouvrage, a joué les guides sur le chemin des rencontres. Le premier sera Pitori Gibert. Deuxième adjoint au maire de l’île et conseiller municipal de Haapu, Pitori est aussi un talentueux et solitaire pêcheur à bord de son poti marara. Qu’est ce qui a tant séduit Titouan Lamazou  ? Pitori, «  c’est le solide gaillard qu’on voudrait pour ami, pour frère, pour père.  » Une belle âme sans doute et sa conviction intime de la nécessité de préserver son île, son environnement terrestre et maritime. « Pitori s’emploie à éduquer et sensibiliser les jeunes de son île  », explique l’artiste qui a pu, avec ce portrait, poursuivre son travail de mémoire. « Les savoirs des anciens et les traditions polynésiennes perdurent grâce à des personnes comme Pitori  », rappelle Titouan. Savoir, tradition et nature s’entremêlent à Huahine. « La relation des océaniens à la nature est bien différente de celle des occidentaux. D’ailleurs le mot nature n’existe pas dans les langues polynésiennes, car elle est partout et l’homme appartient à cette nature au même titre que les poissons, les arbres… »

Mario et son fils

C’est la nature qui a réuni Titouan et Mario ou plutôt un hasard naturel. Titouan Lamazou s’appliquait à dessiner un majestueux banian qui se trouve au niveau des sentiers de randonnée lorsque Mario apparu le dos chargé de mangues et de cocos. La montagne est son garde-manger mais aussi son gagne-pain puisque l’homme au charme naturel et courageux, à l’image de l’île, vend le fruit de sa récolte au marché de Fare. Cette rencontre méritait bien un portrait en toute simplicité avec son fils. « On dirait deux frères », remarque l’artiste.

Le chien et la pirogue

Dernière rencontre qui n’en est pas une, celle d’un pêcheur et de son chien. «  Lorsque j’étais en train de réaliser le portrait de Pitori sur le quai de Haapu, un bon copain à lui passe et repasse en pirogue. C’est son chien qui a retenu mon attention. Il était immobile, extrêmement attentif à la navigation et plus particulièrement à la ligne que son maitre avait laissé trainer.  », raconte Titouan. Le peintre amusé par cette scène furtive l’a couchée sur du papier et l’a même transposée dans un autre décor, un paysage de Huahine qu’il affectionne particulièrement. C’est la liberté du peintre que de déformer et d’embellir la réalité, sa réalité. Cette liberté, il la prend également en peignant la nature, des arbres au bord de l’eau, de jour comme de nuit, une forêt foisonnante, des falcatas… À Huahine, Titouan Lamazou raconte son attachement à la question de l’environnement. L’île est un modèle pour lui, il s’est promis de revenir.

PRATIQUE

  • L’exposition « Escales en Polynésie » dure jusqu’au 4 juin au Musée de Tahiti et des îles.
  • Horaires d’ouverture : de 9h00 à 17h00, du mardi au samedi.

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