Hiro’a n°152 – Pour vous servir : Opération « Pū Aho » : 18 000 masques pour l’administration

Service de l’Artisanat traditionnel (ART) – Pu Ohipa rima’i

Rencontre avec Marania Wan, du Service de l’artisanat traditionnel, Ruaragi Tahiata, présidente du comité artisanal des Tuamotu Gambier, et Taiana Bellais, artisane couturière. Texte : Lucie Rabréaud.

 

Opération « Pū Aho » : 18 000 masques pour l’administration

Le Pays a lancé l’opération « Pū Aho » à la mi-avril. Les artisans ont été sollicités pour la fabrication de 18 000 masques à fournir à tous les agents de l’administration du Pays afin qu’ils soient protégés à la reprise de leur travail.

Plutôt que d’importer des masques de l’étranger, le Pays a choisi de solliciter les artisans locaux pour la fabrication de 18 000 masques pour ses agents administratifs. Après le confinement, les gestes et mesures barrières restent de rigueur et les agents retournant au travail devaient avoir de quoi se protéger du Covid-19. « L’opération, baptisée Pū Aho, a pour objectif principal d’équiper en masques de tissu tous les agents de l’administration de la Polynésie française, hors personnels de santé et exerçant dans les structures de santé, conformément aux recommandations de la cellule de crise de la santé. Cette opération, d’une part, favorise la production locale grâce à l’activation du réseau d’artisans présents dans chaque commune et île  ; et d’autre part, contribue à la protection des agents et des usagers du service public  », peut-on lire dans le compte-rendu du conseil des ministres. La Direction de la modernisation et des réformes de l’administration et le Service de l’artisanat traditionnel ont mis en œuvre l’opération. Le Service de l’artisanat traditionnel a notamment supervisé la fabrication du prototype. Un tuto YouTube mis en ligne par la Direction de la santé a été repris et adapté aux paramètres locaux. Le tissu devait notamment répondre à certaines conditions : avoir des mailles suffisamment serrées et le masque être d’une taille adaptable à toutes les morphologies. Le prototype a donc trois plis, ce qui permet de l’étirer des yeux au menton. Elizabeth Teto, couturière installée à Moorea, a réalisé le prototype retenu. Les mesures exactes ont ensuite été envoyées aux associations et fédérations qui ont réparti le travail entre les artisans.

Taiana Bellais a reçu une commande de 250 masques à fabriquer en quelques jours. « Cela fait plaisir de participer à l’effort collectif et de voir que le Pays a pensé à nous plutôt que d’importer des masques. Cette période de confinement est difficile pour nous, les salons et expositions sont annulés, tout est fermé… Cette opération permet de reprendre l’activité. » Taiana Bellais a tout de même profité de cette période pour continuer sa production et être prête dès que les salons et expositions reprendront. La fabrication des masques pour le Pays permet également d’en proposer à la clientèle habituelle qui cherche également à se protéger. L’effort est aussi partagé dans les îles  : les artisans des Marquises, des Australes, des îles Sous-le-Vent, fabriquent les masques pour les agents administratifs des îles. Pour les Tuamotu et les Gambier, ils seront fabriqués sur Tahiti par le comité artisanal des Tuamotu Gambier, présidé par Ruaragi Tahiata, faute de tissus adaptés sur place. « Nous sommes quatre à travailler pour la fabrication de plus de 700 masques dont une centaine sera envoyée dans les îles, explique Ruaragi Tahiata. Je crois que le Pays a pris une bonne décision. C’est du travail pour nous. C’est assez facile à réaliser, il faut simplement bien respecter le modèle. » Certains établissements privés ont également signalé leurs besoins au Service de l’artisanat. « Nous leur conseillons de lancer des appels d’offres auprès des fédérations et des associations d’artisans pour se fournir en masques », explique Marania Wan, du Service de l’artisanat traditionnel. L’opération « Pū Aho », qui a engagé environ 350 artisans couturiers, doit permettre de fournir un kit de quatre masques par agent avant le 13 mai. Le coût global, estimé à 8,2 millions de Fcfp sans les frais de livraison, est entièrement supporté par le Service de l’artisanat traditionnel et la DMRA grâce à une réorientation des crédits.

 

Pratique

Service de l’artisanat traditionnel

 

Légende (photo des deux personnes avec les masques) :

Elizabeth Teto a réalisé le prototype validé et Dominique Moreau, son compagnon, l’a testé !

 

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