Hiro’a n°150 – Pour vous servir : De nouvelles scientifiques au service du Musée

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Pour vous servir – Musée de Tahiti et des îles (MTI) – Fare Manaha

De nouvelles scientifiques au service du Musée

Rencontre avec le docteur Tamara Maric, responsable de la conservation ; le docteur Marine Vallée, assistante de conservation et Mahinatea Gatien, assistante de conservation des collections naturelles, en charge de l’Herbier de Polynésie française. Texte et photos : Lara Dupuy

Le Musée de Tahiti et des îles, en plein renouvellement, s’est doté de nouvelles recrues. Suite à des départs et afin de préparer les collections du futur bâtiment du Musée dont l’ouverture est prévue en 2022, trois jeunes femmes, au profil scientifique, sont venues renforcer la petite équipe. Leurs tâches se révèlent extrêmement vastes.

Trois jeunes femmes dynamiques et passionnées. C’est exactement ce dont avait besoin le Musée de Tahiti et des îles pour prendre soin de ses collections et préparer, avec Tara Hiquily et Vairea Teissier qui travaillent dans cet établissement depuis plus de vingt ans, les collections destinées à la nouvelle mouture du Musée de Tahiti et des îles. Un travail de titan qui nécessitait des ressources supplémentaires. Tamara Maric, responsable de l’ensemble des collections, épaulée par Marine Vallée, chapeaute la préparation de reconditionnement de près d’un millier d’œuvres après leur déménagement en réserve, et leur future exposition dans le nouveau parcours d’exposition. Depuis 1977, le Musée n’a cessé d’enrichir ses collections. La tâche première de la petite équipe consiste à prendre soin des quelque 800 objets qui étaient exposés et des 18 000 autres enregistrés en réserve. Ces derniers nécessitent une attention constante dans le contrôle quotidien de l’environnement (hygrométrie et température) au sein de la salle d’exposition et de la réserve. Il a fallu déménager tout ce qui était exposé dans la partie détruite du Musée et donc réaménager la réserve. « Qui dit déménagement dit opération de récolement, qui se pratique tous les dix ans. Il s’agit de vérifier l’état de chaque objet, le mesurer, le prendre en photo et contrôler les numéros d’inventaire afin d’actualiser la banque de données », explique Tamara Maric. Chaque objet doit ensuite « trouver une nouvelle place dans la réserve, quel type de mousse choisir, quelle fixation… il faut à chacun un cocon avec des matériaux spécifiques », précise Marine Vallée. L’occasion de lancer des campagnes de restauration.

 

Tamara & Marine

 

Des centaines de panneaux à préparer

Multitâche, l’équipe de conservateurs a toujours plusieurs missions en cours, comme la numérisation en haute définition des 2 600 photos archivées. Elle s’attelle actuellement à une besogne de taille : rédiger les textes des futurs panneaux d’exposition et le contenu des bornes audio. Des textes informatifs qui doivent être à la fois concis, accessibles au public polynésien, aux scolaires, aux touristes ainsi qu’à un public plus averti.  Et comme la présentation des œuvres va changer totalement par rapport à l’exposition de l’ancien musée, Tara Hiquily s’occupe du soclage des œuvres. « Il s’agit de choisir le socle le mieux adapté pour les mettre en valeur en veillant à leur préservation. L’exposition sans vitrine est actuellement à la mode. C’est aux conservateurs de choisir quels objets particulièrement fragiles nécessitent d’être derrière une vitre. Les autres seront protégés par une alarme », explique Tamara Maric. L’équipe travaille également avec des musées extérieurs, notamment via un partenariat avec le Musée du Quai Branly à Paris et le British Museum de Londres. « Les prêts internationaux sont très complexes car il faut apporter des preuves de bonne conservation et mettre en avant l’environnement technique d’un musée qui n’est pas encore construit ; rapporte Marine Vallée, nous sommes dans l’ère du prêt des œuvres à leur pays d’origine. Cette année, une rencontre est organisée au British Museum. Il faut donc penser au convoiement et à la sécurité. C’est une grande responsabilité. » Il faudra attendre encore deux ans pour pouvoir admirer le travail de fourmi de cette équipe de scientifiques qui œuvre dans l’ombre pour que la culture et l’histoire polynésiennes puissent être bientôt mises en lumière dans un musée flambant neuf.

Pratique

• Musée de Tahiti et des îles

• PK 15 Pointe des pêcheurs – Punaauia

• http://www.museetahiti.pf

Légende

Mahinatea, Tamara et Marine.

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