Hiro’a n°144 – Culture bouge : Journées du patrimoine : profitez du Musée en famille

Musée de Tahiti et des îles (MTI) – Fare Manaha

Rencontre avec Miriama Bono, directrice, Mahinatea Gatien, assistante de conservation des collections naturelles et Tamara Maric, conservatrice au Musée de Tahiti et des îles. Texte : Lucie Rabréaud – Photos : Lucie Rabréaud et MTI.

 

Journées du patrimoine : profitez du Musée en famille

Chaque année, le Musée de Tahiti et des îles ouvre ses portes au public durant les Journées du patrimoine. L’occasion d’être guidé dans les réserves, l’herbier et l’exposition Tupuna>Transit, mais aussi de participer à des ateliers, de regarder des films du Fifo… De se nourrir de culture !

crédit MTI

Comme chaque année et pendant deux jours, le Musée de Tahiti et des îles va être en fête : les Journées européennes du patrimoine, sont l’occasion de mettre en avant le patrimoine d’un pays et à Tahiti, c’est au musée que ça se passe ! Même si celui-ci est en travaux, pas question de rater l’événement. Les 21 et 22 septembre, le public y trouvera de quoi s’amuser, se cultiver, découvrir… Au programme, des visites guidées des réserves, de l’herbier (lire ci-contre) et de l’exposition Tupuna>Transit. En attendant l’ouverture de la nouvelle salle d’exposition permanente, certaines œuvres du musée ont été choisies pour être exposées dans la salle des expositions temporaires. Tupuna>Transit met en avant les plus belles pièces de la collection comme le tabouret de Mai, des grands tiki, des éventails, des ivi po΄o des Marquises… Des pièces liées au prestige, au sacré et au mana, mises en scène de façon contemporaine avec des va΄a en plexiglas, symbolisant le voyage des Polynésiens, mais aussi le voyage intérieur des visiteurs entrant dans cette salle. Des visites guidées y sont organisées régulièrement depuis l’ouverture, elles seront gratuites lors des Journées du patrimoine (sur inscription). Mais pour ceux qui rateraient l’horaire, pas de souci : des audioguides sont disponibles. Il suffit d’amener son Smartphone (Androïd ou iPhone) et de suivre les instructions à l’entrée, sans oublier de prendre un casque pour profiter pleinement des explications. « Les visiteurs se connectent sur un réseau interne au musée et ont accès à une visite guidée en français, en anglais, en tahitien ou en japonais », explique Miriama Bono, la directrice du musée. Ces journées seront aussi une rare occasion de visiter l’herbier du musée, ainsi que les réserves, des espaces où habituellement personne ne rentre hormis les équipes scientifiques du musée. Des espaces ouverts au grand public qui pourra bénéficier d’un guide sur inscription et ainsi découvrir la richesse des collections, mais aussi tout le travail mis en place pour leur préservation.

Jeux et ateliers

Au programme encore de ces deux jours : des jeux et des ateliers. Le jeu du Patrimoine, créé à la fin de l’année 2018, sur une dalle à côté du musée, devrait séduire les plus jeunes ; des ateliers de lecture et de contes, de sculpture, penu, tressage, pêche, outillage, arts plastiques, seront animés par différentes associations culturelles, notamment par l’association Taparau et ΄Arioi Experience. Les associations Manu et Mata Tohora participeront également à la fête autour de la protection des espèces. La direction du Musée espère que les dauphins et les baleines seront présents dans la baie pour des moments d’observation (des jumelles seront disponibles). Samedi soir, des films du Fifo seront projetés dans les jardins et des spectacles de danse seront organisés dans la journée. Il y en a pour tous les goûts ! « Ces journées sont intéressantes, car elles nous permettent de tester différentes activités ou dispositifs culturels, voir ce qui plait ou non. Suite à celles de 2017, nous avons mis en place les ateliers animés par ΄Arioi Experience tous les premiers dimanches du mois par exemple. Les Journées du patrimoine sont l’occasion pour les familles de venir au musée et de profiter des visites et des ateliers, de participer avec leurs enfants à l’apprentissage de gestes anciens. Le musée est là, il est bien vivant et j’adore le voir rempli de gens et d’enfants ! » s’enthousiasme Miriama Bono. Que ce soit pour s’amuser, apprendre ou découvrir, ne loupez pas ces deux jours au Musée de Tahiti et des îles !

L’herbier, un lieu rarement accessible

L’herbier du musée de Tahiti et des îles retrouve une nouvelle vie. Après avoir sommeillé pendant plusieurs années, il est désormais installé dans l’ancienne maison du gardien et géré par Mahinatea Gatien, assistante de conservation des collections naturelles. Plus de 15 000 « parts » y sont classées. Une « part » est une grande feuille blanche sur laquelle est délicatement disposée une plante, adossée à un code-barres et une étiquette où l’on retrouve le nom du collecteur, les données GPS du lieu où elle a été trouvée, l’espèce, la famille, le genre, la variété, la hauteur, le diamètre, la topographie du lieu de collecte, le nombre d’individus, la phénologie (présence de fleurs ou de graines) et les remarques du botaniste. Ces parts sont rangées selon un classement précis dans de grosses armoires métalliques installées dans une petite salle où l’hygrométrie et la température sont rigoureusement surveillées. Pour conserver un herbier, il faut que les conditions restent stables. Toutes les plantes sont traitées avant leur arrivée dans cette collection et rentrées dans la base de données Nadeaud (du nom d’un médecin chirurgien venu à Tahiti au XIXe siècle et qui est à l’origine de la plus belle collection de plantes de Polynésie française). D’autres botanistes vont se succéder à partir de 1966 pour construire l’herbier territoriale devenu la propriété du Musée de Tahiti et des îles en 1993. Jacques Florence, botaniste qui a commencé l’inventaire de la flore de la Polynésie française à la demande du territoire à partir de 1981 et Hervé Chevillotte, agent de l’IRD (institut de recherche pour le développement), sont considérés comme « les papas de l’herbier ». Hervé Chevillotte est d’ailleurs attendu en septembre pour former des agents à la gestion de la base de données Nadeaud. L’herbier du Musée de Tahiti et des îles est une collection riche et vivante qui ne cesse de s’agrandir. Elle est la preuve de la beauté de la biodiversité, mais aussi la mémoire d’une flore en danger. Certaines plantes conservées dans l’herbier sont en voie de disparition. Il constitue aussi un matériel indispensable aux recherches des botanistes et des scientifiques.

  • Attention : il est interdit d’apporter des végétaux ou de la nourriture sur soi pour cette visite.

Pratique :

Journées du patrimoine, les 21 et 22 septembre.

Entrée libre

Pour s’inscrire aux ateliers et aux visites guidées : [email protected] ou 87 79 07 97.

Les visites guidées des réserves et de l’herbier sont interdites aux enfants de moins de 10 ans.

Programme complet à retrouver sur le site du musée (www.museetahiti.pf) ou sur sa page Facebook (Musée de Tahiti et des Iles – Te Fare Manaha).

Les visiteurs trouveront de quoi se restaurer sur place.

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