Hiro’a n°142 – Le saviez-vous ? Redécouvrir le tiki a Moke

Service de l’artisanat traditionnel (ART) – Pu Ohipa rima΄i

Rencontre avec Damien Haturau, maitre sculpteur et président du jury dans le cadre du concours du 48e salon des Marquises.

Texte : ASF – Photos : fédération Te tuhuka o te henua enana

 

Tiki a moke

 

Redécouvrir le tiki a Moke

L’artisanat marquisien avait rendez-vous avec son public lors du 48e salon des Marquises en mai dernier, au parc expo de Māma΄o. Organisé par la fédération Te tuhuka o te henua enana, ce salon permet aussi aux artisans marquisiens de montrer leur savoir-faire à travers des démonstrations et un concours. Pour cette édition, quatre candidats ont dû reproduire le tiki a Moke.

 

C’est toujours un moment fort que la rencontre avec les artisans et les artistes marquisiens. Lors du 48e salon des Marquises, ils étaient nombreux à partager leur savoir-faire et leur culture avec le public : danse, chant, musique, mais aussi démonstration de sculpture sur bois, de gravure sur os, démonstration culinaire, démonstration de peinture sur tapa et sa fabrication…

Chaque salon est surtout l’occasion pour les artisans de se mesurer à travers un concours. Pour cette édition, le challenge à relever était la reproduction en quatre jours du tiki a Moke. Un exercice difficile, car qui dit reproduction dit respect des dimensions et des proportions.  « Je voulais que les artisans reviennent à des bases, à des objets traditionnels. J’ai proposé qu’on fasse un tiki d’origine », explique Damien Haturau, maitre sculpteur et président du jury. C’est donc un tiki en pierre de Ua Huka qui a été choisi pour modèle du concours, mais pour des raisons pratiques, les quatre candidats ont dû le réaliser en bois. Après plusieurs heures de travail, le premier prix a été remporté par Johan Viri Bonno, un jeune sculpteur de Tahuata.

Un tiki disparu

Découvert en 1919 dans une tarodière par un certain Moke, ce petit mais fameux tiki (17 cm) est assez classique avec un crâne en forme d’obus. Son originalité réside dans une perforation transversale au bas de la nuque. « À l’époque, les Marquisiens étaient assez craintifs à l’idée de manipuler des pièces anciennes à cause du mana. Moke a donc confié sa découverte à l’évêché. La pièce est ensuite partie à Taiohae, au musée de l’évêché. C’est là que je l’ai vue pour la première fois. Dans les années 1980, j’ai eu l’autorisation de faire un moulage et j’ai donc une copie de la pièce d’origine qui, depuis, a disparu. » Un moulage en pierre est également exposé dans le musée de Tetumu, à Ua Huka et une représentation en bois de rose est exposée au British museum de Londres.

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Pratique

Retrouvez l’artisanat marquisien dans le cadre du Heiva i Rima΄i, au parc expo de Māma΄o, jusqu’au 14 juillet.

Puis du 20 novembre au 1er décembre, toujours au parc expo de Māma΄o, dans le cadre du 49e salon des Marquises. Le concours portera alors sur la sculpture d’une selle de cheval et d’un pilon en pierre taillés en amont aux Marquises.

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