N°135 : Un Noël festif et solidaire 

 NOEL DES ENFANTS MALADES 4 CLARINETTES LEACentre des métiers d’art (CMA) – Pu Ha’api’ira’a toro’a rima’i 

Conservatoire artistique de Polynésie française (CAPF) – Te Fare Upa Rau 

Maison de la culture (TFTN) – Te fare tauhiti nui 

Service de l’artisanat traditionnel (Art) – Pu ohipa rima’i 

Rencontre avec Vaitiare Sagnes, chargée de communication à la Direction des solidarités, de la famille et de l’égalité, Tokai Devatine, enseignant en histoire et civilisation polynésiennes au Centre des métiers d’art, Amandine Clémencet, chef de l’orchestre symphonique junior et professeure de violon au Conservatoire artistique de la Polynésie française, Frédéric Cibard, chargé des relations publiques et de la communication du CAPF, Guillaume Matarere, chanteur et coorganisateur du concert Disney, Vaiana Giraud, responsable de la communication et de la production à la Maison de la culture, Nathalie Teariki, présidente du Comité organisateur des expositions artisanales Tahiti i te rima rau, Fauura Bouteau, présidente de l’association Bijouterie d’art polynésien. Texte : Élodie Largenton.  

Collecte de jouets, concert solidaire, organisation de jeux pour les enfants défavorisés : la période de Noël invite au partage. En cette fin d’année, le monde de la culture se mobilise pour apporter de la joie et du réconfort au plus grand nombre. 

La fête est toujours plus belle quand elle est partagée. La période de Noël permet de se réunir en famille, entre amis, et si c’est généralement l’occasion de se faire plaisir, les difficultés de la vie empêchent parfois d’en profiter. Alors les établissements culturels se mobilisent pour offrir un peu de réjouissance aux moins favorisés. Le centre des métiers d’art et le conservatoire participent ainsi, une nouvelle fois, au Noël des solidarités organisé par la Direction des solidarités, de la famille et de l’égalité. Le principe de la journée est « d’offrir aux enfants défavorisés une fête de Noël sans les mettre à part, les stigmatiser. Tout le monde est rassemblé dans le parc Paofai et les ateliers sont ouverts à tous », explique Vaitiare Sagnes, de la DSFE. Plus de mille enfants des quartiers prioritaires de Tahiti sont attendus, et ils seront rejoints par soixante-dix enfants de Moorea. « L’idée, en y participant, c’est de penser aux autres, à ceux qui n’ont pas grand-chose », indique Tokai Devatine, du CMA. C’est le même moteur qui guide la Maison de la culture, qui invite trois cent cinquante enfants à son concert de Noël sur le thème enchanteur de Disney. La joie communicative de Noël va gagner aussi le service pédiatrique de l’hôpital grâce aux jeunes musiciens du conservatoire, qui ne manqueraient ce rendez-vous annuel pour rien au monde ! Quant à nos artisans, ils font parler leur talent pour nous offrir leurs plus belles pièces et égayer cette fin d’année. 

Un concert féérique sur le thème de Disney 

« Vivre un beau concert pour bien finir l’année » : c’est le concept désormais bien connu du concert de Noël de la Maison de la culture, comme le résume Guillaume Matarere, chanteur et coorganisateur de l’événement. Le but est d’en faire profiter des personnes qui ne peuvent pas se le permettre en temps normal ; trois cents enfants de familles identifiées par les services sociaux de la mairie de Papeete sont invités, et cinquante autres places sont offertes à des jeunes de Paea, sur proposition de Papa Tihota. Les spectateurs sont, en outre, invités à donner des jouets et des vêtements en bon état. Un grand casier sera mis à disposition le soir du spectacle et le Secours catholique se chargera ensuite de trier et de distribuer les affaires. 

Un aspect caritatif important pour Guillaume Matarere, qui a « le cœur sur la main », rapporte Vaiana Giraud, responsable de la communication et de la production à TFTN. C’est lui qui est chargé de monter le spectacle, de réunir les chanteurs et d’organiser les animations. « Il ne s’agit pas seulement de chansons, on va offrir une histoire », souligne l’artiste. Sur scène, aux côtés de chanteurs comme Vaitiare Tuhoe et Warren Teaniniuraitemoana, il y aura un orchestre, dirigé par Bruno Demougeot et un grand travail sur la lumière permettra de rendre la soirée féérique. Des images de films seront par ailleurs projetées sur grand écran en arrière scène. Des films Disney, car c’est le thème de la soirée, et cela devrait plaire « aux petits et aux moins petits », comme le dit en souriant Guillaume Matarere. « On a tous grandi avec Disney. Quand j’ai en ai parlé aux chanteurs, ils savaient déjà ce qu’ils avaient envie de chanter – Aladin, Pocahontas, le Roi lion, ou encore Vaiana… Ce thème parle à tout le monde, et je vois bien le public chanter avec nous le soir du spectacle ! » De quoi passer les fêtes de Noël en s’imaginant exploratrice intrépide sur sa pirogue ou princesse du royaume d’Arendelle. 

Pratique 

Concert de Noël 

Vendredi 7 décembre, 19h 

Maison de la culture 

Tarif unique : 1 500 Fcfp 

N vente sur www.maisondelaculture.pf  

Les aumoa du CMA font leur retour ! 

La course de pirogues mise en place l’année dernière pour le Noël des solidarités a eu un immense succès. « L’atelier a beaucoup plu, c’était engorgé du début à la fin, les enfants étaient ravis », témoigne Vaitiare Sagnes, chargée de communication à la Direction des solidarités, de la famille et de l’égalité (DSFE). Les étudiants du centre ont préparé des pirogues à voile miniatures à base de bois local et de matériaux recyclés pour les voiles – du tissu ou des morceaux de parapluie. Un bassin a été installé dans le parc Paofai, avec trois lignes d’eau. Aux enfants ensuite de faire gagner leur pirogue avec l’aide du vent… et des étudiants du CMA, présents tout au long de l’après-midi. Cette année, les choses se corsent, tous les enfants ne pourront pas repartir avec leur aumoa, il faudra la mériter. « On change les règles pour que l’atelier puisse durer toute l’après-midi, que tout le monde puisse en profiter », explique Vaitiare Sagnes. Pour Tokai Devatine, enseignant en histoire et civilisation polynésiennes au CMA, cela permet aussi d’inciter les jeunes à « s’investir pour pouvoir gagner leur pirogue et en prendre soin après, ça leur apprend la valeur des choses ». Le centre a préparé une cinquantaine de modèles.  

Cette course de pirogues miniatures avait tellement plu, l’an passé, que des enseignants de Tahiti ont ensuite demandé au centre d’organiser le même atelier au sein de leur école. En juillet dernier, un ancien élève du CMA, Léon Tamata, a appris aux enfants de la Saga à fabriquer leur propre aumoa pendant les semaines de régates à Huahine. Alors que cette tradition « se perdait un peu », ces ateliers permettent de la relancer. En 2010, le CMA avait organisé une première régate de petites pirogues au PK18. Depuis, l’engouement est toujours plus grand. L’avantage, c’est que ces jouets sont « toujours réparables, il n’y a pas besoin de piles, ce n’est pas du plastique et on n’est pas dans le virtuel », souligne Tokai Devatine. Il suffit juste d’un peu d’eau, un peu de vent, et d’une bonne dose d’ingéniosité et on peut passer des heures à courir derrière sa pirogue en espérant qu’elle soit la première à franchir la ligne d’arrivée ! 

Un moment de partage musical au parc Paofai 

L’orchestre symphonique junior du conservatoire va clôturer le Noël des solidarités, le samedi 8 décembre. Âgés de 7 à 12 ans, les élèves d’Amandine Clémencet, professeure de violon, vont jouer des musiques de Noël, « connues et moins connues », pendant une vingtaine de minutes, dans l’enceinte du parc Paofai. Des cordes et des percussions seront sur scène pour un beau moment d’échange. « C’est magique de voir trente enfants jouer du violon devant d’autres enfants qui n’ont pas forcément l’habitude de voir ce genre d’instruments », raconte Vaitiare Sagnes, de la DSFE. Elle garde un excellent souvenir du concert de l’an passé : « Il y avait du hip-hop sur scène juste avant leur passage et on se demandait comment les enfants allaient réagir à ce changement de style, mais ils sont tous restés, ils étaient curieux et se sont approchés de la scène. » Amandine Clémencet en garde le même souvenir et est ravie d’embarquer à nouveau ses élèves dans l’aventure. Depuis trois ans, elle les fait jouer pour des associations, au moment du téléthon par exemple, et c’est elle qui a contacté la DSFE, comme le raconte  Vaitiare Sagnes : « Elle a entendu parler de notre journée et elle a voulu nous suivre, elle est à fond, c’est super ! » Amandine Clémencet a préparé ses jeunes musiciens à la rentrée, en leur expliquant le principe de l’événement et en leur demandant si ça leur plaisait d’y participer. La réponse a été unanime : « Ils sont ravis et fiers de jouer en public et de montrer ce qu’ils savent faire. Ils ont bien compris que les enfants devant lesquels ils vont jouer n’ont pas la vie facile et ils ont envie de leur faire découvrir leur instrument et de les inciter à essayer à leur tour. » Cet échange conclut la journée, à laquelle ils sont invités à participer. Les jeunes musiciens peuvent donc tenter leur chance sur le bassin des pirogues à voile miniatures du CMA ! 

Pratique 

Noël des solidarités 

Samedi 8 décembre, de 13h à 17h 

Nombreux ateliers en accès libre 

Parc Paofai  

Un concert au profit des enfants malades 

C’est un rendez-vous inscrit chaque année à l’agenda du conservatoire : les jeunes musiciens donnent un air de Noël au service pédiatrique de l’hôpital de Taaone. « C’est le concert du cœur », résume Frédéric Cibard, chargé des relations publiques et de la communication du CAPF. Quatre ensembles s’y  produisent, -les flûtes et les clarinettes,  les violoncelles et le chœur des enfants -le temps d’une après-midi, le premier samedi de décembre à 14 heures. En tout, une cinquantaine de musiciens y participent, déguisés en père Noël ! Avant le concert, le club Soroptimist donne des cadeaux aux enfants malades. « Il y a une belle coopération avec les cadres du service et plus globalement avec tout le personnel soignant », raconte Frédéric Cibard. Des airs tahitiens, français et du monde entier sont joués au sein même de l’hôpital, devant des enfants très attentifs, « émerveillés et impressionnés pour les plus jeunes ». L’événement touche aussi les élèves du conservatoire, « être associé à un concert caritatif leur permet de comprendre ce que la musique peut apporter », souligne le chargé de communication. « On ne pourrait pas terminer l’année autrement, c’est un concert auquel on tient particulièrement », ajoute-t-il, en ayant une pensée pour Christine Goyard, professeure de flûte du conservatoire qui a initié cette belle tradition à l’époque où l’hôpital était encore situé à Mamao. 

Passer Noël en beauté grâce aux artisans 

Quoi de mieux qu’un panier en pae’ore ou un chapeau fabriqué avec des tiges de roseau au pied du sapin ? Deux salons ont lieu en ce mois de décembre pour nous permettre de faire de beaux cadeaux : le salon artisanal Te Noera a te Rima’i au Parc expo de Mamao, du 30 novembre au 24 décembre, et le salon Artisanat d’art de Noël dans le hall de l’assemblée de la Polynésie française, du 18 au 24 décembre. 

Pour des fêtes originales, on pourra découvrir l’artisanat de l’île de Wallis au le salon Te Noera a te Rima’i. Une dizaine d’artisanes font le déplacement avec leurs créations. « Il y aura du tressage et de la sculpture. Les Wallisiennes ont des façons de tresser différentes des nôtres, avec des matières teintées sur du purau, par exemple », explique Nathalie Teariki, organisatrice de l’événement. Outre ces échanges culturels, il y aura des concours organisés chaque jour, des défilés, et des animations. Tout au long du salon, les artisans sont invités à décorer leur stand avec un sapin de Noël confectionné par leurs soins. Des guirlandes de Noël fabriquées en fibres locales seront aussi de la partie. Aux côtés des objets tressés, on trouvera des bijoux en nacre et des tifaifai. En tout, une centaine d’exposants venus des cinq archipels de la Polynésie française et de Wallis présenteront leurs plus belles œuvres pour fêter Noël. 

À la veille des fêtes, les artisans se mobiliseront aussi dans le hall de l’assemblée pour nous permettre de s’offrir ou d’offrir à un proche le plus beau des présents. Le rendez-vous est attendu chaque année, et les habitués y retrouveront leurs produits fétiches : bijoux, mais aussi mobilier, décoration, vêtements et même produits cosmétiques, avec un point commun, « tout est créé localement », précise l’organisatrice, Fauura Bouteau. « C’est le rendez-vous de l’artisanat de qualité », ajoute-t-elle. Une quarantaine d’exposants seront présents. Le salon sera inauguré le mardi 18 décembre à 10 heures, en présence du ministre de la Culture et de l’Artisanat. 

Pratique 

  • Salon artisanal Te Noera a te Rima’i

Du 30 novembre au 24 décembre 

Parc expo de Mamao 

Contact : Nathalie Teariki, 87 75 92 48 / www.artisanat.pf 

  • Salon Artisanat d’art de Noël

Du 18 au 24 décembre 

Hall de l’assemblée de la Polynésie française 

Contact : Fauura Bouteau, 87 75 03 63 / www.artisanat.pf

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