N°135 : La solidarité exemplaire des habitants de Reao 

135 - Trésor de Polynésie - Sauvetage Savernake SPAA - The 'Savernake' at Port Adelaide - Photo libre de droitsTrésor de Polynésie 

Service du patrimoine archivistique et audiovisuel (SPAA) – Te piha faufa’a tupuna 

Rencontre avec Robert Veccella, prestataire et consultant au Service du patrimoine archivistique et audiovisuel. Texte : Élodie Largenton. 

C’est dans l’atoll de Reao, aux Tuamotu, que les marins anglais du trois-mâts Savernake ont passé Noël 1901, après avoir fait naufrage le 14 novembre. Alors qu’ils craignaient de faire face à des gens hostiles, ils ont été secourus et accueillis chaleureusement par les habitants de l’atoll. 

Le sauvetage par les habitants de l’atoll de Reao de l’équipage du trois-mâts anglais Savernake en 1901 est un exemple de solidarité que le service des archives nous permet de découvrir. Parti de Valparaiso, au Chili,le 24 juin 1901, le bateau fait naufrage aux Tuamotu dans la nuit du 14 novembre 1901. Le capitaine Frederick J. Toole évoque « des conditions climatiques peu adéquates : un temps brumeux, des vents très insatisfaisants, des observations stellaires de nuit impossibles en raison d’un ciel trop couvert et des appareils de mesure déréglés (30 miles d’erreur) », raconte Robert Veccella, prestataire et consultant au sein du SPAA. Malgré la nuit et la houle, les habitants de Reao portent secours à cet équipage anglais ; pendant plusieurs semaines, ils vont ensuite partager avec les marins le produit de leur pêche et leurs noix de coco, leurs seules ressources.  

Le 17 décembre 1901, le capitaine du Savernake décide d’aller chercher du secours à Mangareva avec deux autres marins sur une des embarcations du navire. Mais le 2 janvier 1902, n’ayant pas de nouvelles de leur capitaine, l’officier en second et trois marins prennent la mer à leur tour avec une autre chaloupe pour aller chercher du secours, mais cette fois-ci à Tahiti. Ils traversent les Tuamotu jusqu’à Anaa, où ils prennent place sur la goélette Maurice qui les mènent à Papeete, où ils débarquent le 9 janvier 1902, comme on peut le lire dans le journal officiel des EFO (Établissements français d’Océanie) n°5 du 30 janvier 1902. 

Des médailles d’honneur accordées à cinq Reao 

Les marins britanniques avertissent alors leur Consul de leur fortune de mer et le Gouverneur est mis au courant par un courrier du chef de Reao. Le représentant de l’État français demande au commandant de la canonnière Zélée de faire route sur l’atoll du sinistre pour y recueillir le reste de l’équipage afin qu’il soit transporté à Papeete d’où il sera rapatrié. Le navire de guerre français est de retour à Papeete le 21 janvier après avoir touché Reao, puis Mangareva le 17 janvier où il embarque le capitaine et les deux marins qui l’ont accompagné. Les mouvements du port de Mangareva sont publiés dans le journal officiel des EFO n° 17 du 24 avril 1902. 

L’histoire ne s’arrête pas là, comme Robert Veccella a pu le découvrir dans une lettre datée du 25 janvier 1902, adressée par Édouard Petit, gouverneur des EFO au ministre des Colonies. Le gouverneur attire l’attention du ministre sur le dévouement et la générosité des habitants de Reao. À sa demande, le chef du village, Henri Keha, et quatre autres habitants de l’atoll se voient accorder une médaille d’honneur.  

Retrouvez… 

Toutes les études sur le site du SPAA : www.archives.pf, et sur la page facebook Service du patrimoine archivistique audiovisuel. 

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