N° 135 : Sept cents élèves sur scène le 12 décembre

 

Conservatoire artistique de Polynésie française (CAPF) – Te Fare Upa Rau  1

Rencontre avec Vanina Ehu, coordinatrice et professeur de danse au conservatoire et Steeve Angia chargé de la mise en musique

Texte : Benoît Buquet – Photos Christian Durocher / CAPF

Le gala du conservatoire artistique de la Polynésie française a lieu mercredi 12 décembre, à 16 heures dans les jardins du Musée de Tahiti. Sept cents élèves vont s’y produire, des tout-petits aux adultes. Les artistes de haut niveau de la section traditionnelle concluront le spectacle avec un ‘aparimasur matari’i i ni’a.

C’est une tradition du mois de décembre : la mise en avant des plus jeunes talents du conservatoire artistique de la Polynésie française. On y découvre chaque année avec stupéfaction les ‘oreroenflammés, les chœurs magnifiques et les chorégraphies spontanées des enfants du CAPF.

Le gala du conservatoire artistique de la Polynésie française aura lieu mercredi 12 novembre dans les jardins du musée de Tahiti. Plus de 700 élèves de la section traditionnelle sont engagés pour ce spectacle des arts traditionnels polynésiens dans toutes les disciplines enseignées au sein de la section traditionnelle du CAPF : ‘ori tahiti, ‘orero, percussions, ukulele, guitare folk et himeneavec le plus grand chœur d’enfants du fenuacomposé de 250 jeunes chanteurs.

L’entrée est libre, grâce au soutien du service des moyens généraux de la présidence et de l’équipe du musée de Tahiti et des îles.

« Émulsion de bébé» en ouverture

Au conservatoire, Vanina Ehu est la responsable de la section traditionnelle. Elle s’occupe de la section des 3-6 ans. Ce sont les plus jeunes pensionnaires du CAPF, et ce sont eux qui vont ouvrir cette « journée des arts traditionnels». « Ils ont préparé une cérémonie d’accueil, un petitpatauet unöte’aégalement. Ça donne une émulsion de bébés pour le premier tableau, s’amuse l’enseignante, qui s’occupe plus particulièrement des filles. Tout ce que tu leur demandes, elles le font de manière spontanée, bien sûr en rajoutant leur touche de chipie. »

À la suite de cette« émulsion de bébés», toute la section des arts traditionnels défilera par tranches d’âges : un deuxième tableau avec les 7-10 ans, un troisième avec les 11-14 ans puis les collégiens en classe à horaires aménagés pour la musique et la danse (Cham et Chad) et un quatrième et dernier tableau avec soixante adultes,  et enfin un dernier tableau pour les artistes de haut niveau du conservatoire.

Un « travail de mise en scène de toute l’équipe, un vrai travail en commun», insiste Vanina Ehu : « Nous réunissons les trois antennes du CAPF, Tipaerui, Punaauia et Pirae, et nous essayons d’insuffler l’esprit de famille du conservatoire pour jouer ensemble sur scène.»

Un texte sur une « période instable pour la culture»

Le thème du spectacle a été rédigé par Janine Maru, grande dame du ‘ori tahitiqui est toujours très présente dans les travaux du conservatoire. « Nous avons repris un de ses anciens textes, que j’ai traduit et nous lui avons demandé de nous transmettre la musique et la danse de son temps», raconte la responsable de la section traditionnelle. Ce texte raconte, selon les mots traduits par Vanina Ehu, «l’évolution des rythmes anciens», le « temps de la musique qui passe », « le temps de la musique qui s’évanouit dans la nuit»

Le texte, qui devrait être lu en ouverture de chaque tableau, parle aussi de la menace sur la langue tahitienne : « Je parle une langue depuis mon enfance / Qui m’a été transmise par mes parents / C’est une langue étrangère / Et non celle qui a / Autorité depuis le temps de mes ancêtres / Quelle est donc ma langue ? / […] Le cœur de l’enfant est perturbé / La réflexion extrêmement confuse / En cette période vraiment instable / Pour ma culture», dit la traduction proposée par Vanina Ehu de l’un des ‘aparimade fin de spectacle.

Un retour musical « aux sources»

Le tout sera mis en musique par Steve Angia, assistant chef d’orchestre au conservatoire artistique. Il annonce la participation de «trois ou quatre classes de percussions et trois ou quatre classes dehimene ruauethimene tarava», soit près de 200 élèves des classes de musique traditionnelle du conservatoire. Ils seront encadrés tout au long du gala par une équipe de « huit ou neuf musiciens professionnels : 1 pahu tüpa’i, 2 fa’atete, 3 tö’ere, 2 tariparau et peut-être un musicien polyvalent qui nous rejoindra». Le chef d’orchestre du conservatoire, Roger Taae, et son assistant Steve Angia, seront tous les deux au tö’erependant toute la soirée de gala, pour encadrer la partie musicale. « C’est un plaisir, et si c’est beaucoup de travail, eh bien tant mieux », sourit Steve Angia, chargé de la mise en musique du spectacle.

En plus de diriger des dizaines d’élèves musiciens et de coordonner les classes de musique des trois antennes du CAPF (Tipaerui, Punaauia, Pirae), il a aussi la responsabilité de mettre en notes le texte de Janine Maru et Vanina Ehu. « J’attends qu’elles terminent le texte pour voir comment je vais l’adapter,dit Steve Angia sans s’inquiéter à quelques semaines du rendez-vous. En fait, le plus gros travail est déjà fait : ce sont les études et les recherches. Pour le 12 décembre, ce sera juste un retour aux sources. »

Pratique

Gala de fin d’année du conservatoire

Mercredi 12 décembre, à partir de 16 heures, dans les jardins du Musée de Tahiti et des îles, entrée libre.

+ d’infos : 40.50.14.18

[email protected]

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