N°134 – L’enseignement des arts traditionnels au collège de Paopao

 

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Rencontre avec les professeurs d’arts traditionnels du Conservatoire artistique. Texte : Meria Orbeck. Photos : CAPF.

 

Après les collèges de Taravao, Maco Tevane (Taunoa) et Tipaerui, c’est au tour du collège de Paopao de bénéficier cette année de l’intervention des professeurs du Conservatoire grâce au projet de classe Arts et Traditions.

 

Au collège de Paopao, ce sont vingt-sept élèves de quatrième qui bénéficient chaque jeudi de l’enseignement artistique des professeurs du conservatoire. Pour Poema Kelley, professeure principale de la classe Arts et Traditions, l’objectif le plus important est de revaloriser la culture. « C’est une chance que les enfants ont aujourd’hui de pouvoir faire du hīmene, du ‘ukulele, des percussions et du ‘ori Tahiti, qu’ils puissent mettre en avant à l’école les talents qu’ils possèdent et que cela puisse compter dans la moyenne ! »

Le conservatoire n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il coopère déjà au projet de classe à horaires aménagés (CHAM/CHAD) dans trois autres collèges de Tahiti. Mais c’est une première sur l’île sœur. Au collège de Paopao, les élèves sont attentifs. La classe est bien encadrée. « Les élèves sont gentilles et du coup, c’est plus facile de mettre en place le programme et de s’y tenir », confie Hinavai Raveino, professeure de danse des filles. « C’est enrichissant pour les élèves mais aussi pour nous. Ça nous donne la possibilité de rencontrer des jeunes hors du conservatoire », ajoute-t-elle.

Le gala et le Heiva Taure’a en ligne de mire

« Pour moi, c’est très important de transmettre notre savoir », souligne Hans Faatauira, professeur de percussions. « J’ai tout de suite été intéressé par le projet CHAM/CHAD. On constate depuis quelques années qu’il y a un renouveau culturel. Ça peut permettre aux jeunes de trouver leur voie dans la culture. » Toanui Mahinui, lauréat cette année au Heiva i Tahiti, enseigne le ‘ori Tahiti aux garçons : « Au début, c’est difficile parce qu’ils ont honte de danser, alors ils choisissent plutôt la musique. Mais comme on a mélangé les groupes, alors ils doivent aussi danser. Finalement, ils se rendent compte qu’ils en sont capables. » Au-delà de l’enseignement du ‘ori Tahiti, c’est une transmission culturelle dans tous ses aspects, historique, traditionnel, pratique. C’est aussi un moyen d’utiliser le reo Tahiti. « On enseigne plutôt en français mais on utilise les mots en tahitien pour nommer les pas de danse. Et maintenant, les élèves les utilisent spontanément », raconte-t-il.

Motivation supplémentaire, les jeunes participeront en fin d’année à plusieurs événements. D’une part, au gala du conservatoire qui permet de réunir tous les élèves des collèges concernés par le dispositif CHAM/CHAD. D’autre part, au Heiva Taure’a, à To’ata. Et cerise sur le gâteau, cette classe de Paopao se prépare à un voyage culturel en Nouvelle-Zélande.

 

Qu’est-ce que le dispositif CHAM/CHAD ?

Ce sont des classes à horaires aménagés de musique (classique) ou de danse (traditionnelle). Les CHAD intègrent également la musique traditionnelle avec l’enseignement des percussions, du ‘ukulele et du hīmene, en plus de la danse.

Les enseignements artistiques traditionnels sont assurés par Toanui Mahinui et Hinavai Raveino pour la danse traditionnelle, Hans Faatauira pour les percussions, Tetia Fiedler Valenta pour le ‘ukulele et Mike Teissier pour la pratique des hīmene.

 

+ d’infos : 40 50 14 18, [email protected]

 

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