N°130 – L’artisanat de mère en fille

Rencontre avec Miranda dite Mira Tihoni, artisane, membre du bureau du comité Tahiti i te rima rau. Texte : Élodie Largenton.130 - Culture bouge - Mira Tihoni avec sa fille - Photo de Mira Tihoni

Miranda Tihoni, plus connue sous le nom de Mira, baigne dans les paniers et les chapeaux en pandanus depuis toute petite. Après avoir aidé sa mère, Nathalie Teariki, elle s’est lancée à son tour, en créant notamment des boîtes à bijoux. Aujourd’hui, elle transmet son savoir-faire à sa fille de 22 ans.

« Pour changer », Mira Tihoni a essayé de délaisser le tressage, activité de prédilection de sa mère, et s’est mise à créer des bijoux avec une amie pendant un temps, mais ça n’a pas duré, elle est vite revenue à la confection de paniers en pandanus. Toute petite, déjà, elle aidait l’actuelle présidente du comité d’organisation du Heiva rima’i, Nathalie Teariki, à tresser ses paniers. Avec ses sœurs, elle observait sa mère au travail et tentait de reproduire ses gestes.

Ce savoir-faire acquis, Mira a développé ses propres modèles, en se spécialisant dans la confection de boîtes à bijoux décorées, avec du tissu à l’intérieur. En parallèle, elle continue de tresser des paniers de toutes tailles, des chapeaux, des sacs de soirée, des pochettes d’ordinateur et même des sacs à dos ! Le pandanus qu’elle rapporte de son île, Rimatara, reste la matière première indispensable, mais l’artisane aime utiliser toutes les fibres que la nature lui offre : écorce de cocotier, feuilles de mais, feuilles de bananier… Elle achète parfois de la matière première aux artisans qu’elle croise dans les salons. « Ce qui me plaît dans le Heiva rima’i, c’est le mélange des cultures, on rencontre des artisans de tous les archipels, ils viennent avec leurs coquillages, leurs créations, je vais voir ce qu’ils font pour m’inspirer, voir s’il y a des éléments que je peux mettre sur mes paniers, et ça marche dans l’autre sens aussi », raconte Mira. Pour le salon qui se tient au parc expo de Mamao jusqu’au 15 juillet, elle devait avoir son espace, mais pour laisser de la place à d’autres artisans, elle partage finalement un stand avec sa mère. Car même si elle a développé ses spécialités, elles font « presque les mêmes produits », s’amuse Mira.

Un savoir-faire familial

Ce virus du tressage a été transmis à une autre de ses sœurs, qui confectionne des chapeaux. En revanche, sa sœur aînée préfère la couture, même si elle sait aussi tresser. D’ailleurs, quand Mira a besoin d’aide pour répondre à des commandes, elle demande à ses sœurs de réaliser les anses des paniers, par exemple. Quant aux boîtes, elle peut se tourner vers sa fille, étudiante à l’université, à qui elle a transmis son savoir-faire, à son tour.

Pratique

• 30ème Heiva rima’i

• Parc expo de Mamao

• Du 22 juin au 15 juillet

• Ouvert au public du lundi au dimanche, de 8h à 17h

+ d’infos : Ina Utia au 87 71 18 50 ou Nathalie Teariki au 87 75 92 48, www.artisanat.pf, www.heiva.org

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