N°129 – 800 élèves dansent et chantent leur culture et leurs racines

 

Conservatoire artistique de la Polynésie française – Te Fare Upa Rau129 - Culture bouge - Gala CAPF - Photo CAPF

Maison de la Culture – Te Fare Tauhiti Nui

 

Rencontre avec Frédéric Cibard, chargé de communication du conservatoire, et Vanina Ehu, professeure de danse. Texte : ASF. Photos : CAPF.

 

L’ADN du Conservatoire – transmettre, partager, sauvegarder – prend tout son sens lors de sa Nuit de gala. Le 16 juin, sur la scène de To’ata, huit cents élèves vous invitent à vivre pleinement la culture polynésienne.

 

 

« C’est un travail d’un an, une longue préparation. Ce n’est pas juste un spectacle de fin d’année, ce sont toutes les bases de notre culture que nous transmettons à nos élèves. Si on n’a pas les bases, on ne peut pas évoluer, c’est d’ailleurs le thème des cinq tableaux proposés pendant le gala. Cela s’inscrit totalement dans notre mission d’enseignement. » Vanina Ehu, professeure de danse du conservatoire, est, avec les enseignants des arts traditionnels, totalement engagée dans ce rendez-vous culturel, trait d’union entre le Heiva des écoles et le Heiva i Tahiti.

Les huit cents élèves, danseurs de ‘ori Tahiti, chanteurs et musiciens reprendront le 16 juin sur la place To’ata le thème développé en décembre dernier (le conservatoire présente chaque année deux galas, l’un en décembre et l’autre en juin) par l’auteur Patrick Amaru, déjà plusieurs fois primé pour ses compositions. Avec Te Papa a Tua-Tua, il est question d’enraciner sa pratique dans la tradition.

 

‘Ori Tahiti : plus de 600 danseurs

 

Toutes les forces de la section des arts traditionnels de l’établissement sont engagées dans cette grande fête de la culture et en premier lieu, les classes de ‘ori Tahiti. Toanui Mahinui et Hinavai Raveino, en charge des classes CHAM/CHAD et professeurs au conservatoire, ont rejoint avec leurs élèves les rangs de Tipaerui. « Avant chaque spectacle, l’antenne de Pirae nous rejoint également, nous travaillons ensemble sur les déplacements, nous faisons des ajustements », précise Vanina qui dans quelques jours invitera les danseurs à répéter hors des murs des salles de danse pour être au plus près des conditions du spectacle. Tous ensemble, avec Moon, Erena Uura, Orlane et les jeunes assistantes, ils ont imaginé et géré les chorégraphies des cinq tableaux consacrés à la danse. Inlassablement, on répète les gestes, les pas. « Il faut savoir qu’à To’ata, le public a une vue plongeante sur la scène, donc nos chorégraphies doivent prendre en compte cette spécificité. Les déplacements sont très importants. Les entrées, les sorties, tout doit être pensé. » Comme chaque année, ce sont les plus petits (3 à 6 ans) qui effectueront les premiers pas sur scène, puis les enfants de 7 à 10 ans, les élèves en examen associés aux élèves des CHAM/CHAD, les adultes et, pour clore cette belle soirée, les danseurs de haut niveau. « Cette année, nous avons ouvert une classe aparima pour les adultes. Ces élèves, une trentaine, fusionnent le temps du spectacle avec les élèves avancés. »

 

Des compositions originales

 

Mais le ‘ori Tahiti ne serait pas complet sans le chant et la musique. Au conservatoire, on s’engage pour donner toute sa place au himene avec des compositions originales. Mama Iopa œuvre au quotidien pour cet art avec Mike Ariipeu Tessier, lauréat lui aussi du Heiva. Le conservatoire peut se targuer d’avoir en son sein le plus grand chœur de jeunes chanteurs du fenua, composé de plus de 250 élèves. Depuis deux ans, un chœur d’adultes a vu également le jour.

Pour accompagner le thème de Patrick Amaru, les musiciens de l’orchestre traditionnel de Te fare upa rau, dirigés par Roger Taae, ont composé tous les rythmes et les mélodies originales du spectacle. Leur présence tout au long de l’année auprès des danseurs permet à ces derniers d’appréhender plus sereinement les rythmes et les mélodies. À l’issue du gala, la captation des musiques fera d’ailleurs l’objet d’un CD qui sera mis en vente. On n’oublie pas les ensembles jeunes et adultes de percussions traditionnelles et de ‘ukulele, sans qui la fête ne serait pas complète, et l’ensemble des guitares. À la demande de Vanina Ehu, deux instruments du département classique feront une apparition au cours du spectacle, le violon et le saxophone. Leur présence nous rappelle que le conservatoire manipule avec brio la transversalité entre les disciplines.

Enfin, on ne peut célébrer les arts traditionnels sans parler du ‘orero. Toariki Tehei, élève de John Mairai, ouvrira le gala. Là encore, nous sommes dans la transmission de la tradition orale et sacrée.

 

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Les classes CHAD, de nouveau sur scène

 

Les classes CHAD étaient déjà présentes lors du spectacle de décembre. Elles auront encore toute leur place pour cette Nuit du Gala. Ces élèves des classes à horaires aménagés (CHAM/CHAD) dans le secteur des arts traditionnels des collèges de Taravao, Maco Tevane et Tipaerui se sont impliqués de façon très forte dans l’apprentissage de la danse et de la musique. Ils disposent désormais d’un véritable « passeport » pour la culture, et certains d’entre eux viendront sans doute un jour grossir les effectifs des troupes de danse.

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Pratique

Le 16 juin à 18h

Aire de spectacle de To’ata

Billet entre 500 et 1 500 Fcfp, en vente à la Maison de la culture et en ligne sur www.heiva.org.

+ d’infos : 40 50 14 14, [email protected]

 

 

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