N°126 – Jeannine Faatau : « Nous avons plus de contraintes pour vendre nos bijoux »

 

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Rencontre avec Jeannine Faatau, artisane bijoutière. Texte ASF

 

Mettre fin aux vendeurs « à la sauvette » et à un circuit parfois anarchique, c’est le but de la nouvelle loi du pays réglementant les activités professionnelles liées à la production et à la commercialisation des produits perliers et nacriers en Polynésie française. Pour les détaillants artisans en produits perliers comme Jeannine Faatau, cette nouvelle loi oblige à plus de rigueur dans la filière.

Dans sa maison, quelques boîtes en plastique empilées laissent entrevoir le trésor de Jeannine Faatau. Cette artisane bijoutière crée des bijoux en nacre et perles depuis de longues années, mais depuis quelques mois elle a choisi de quitter le statut associatif de son activité pour obtenir une carte d’agrément d’artisan traditionnel auprès du Service de l’artisanat traditionnel. Elle a ainsi pu se rendre à la Direction des Ressources Marines et Minières pour demander sa carte « détaillant artisan en produits perliers ». Sa démarche s’inscrit dans la nouvelle loi perlière dont l’objectif principal est de réglementer la production et la commercialisation des produits perliers. « J’ai toujours été manuelle, j’ai commencé avec la couture, puis une amie m’a montré comment réaliser des bijoux. Depuis j’aime travailler la nacre, la perle et même le macramé pour confectionner la parure. Je surfe beaucoup sur Internet pour y trouver de nouvelles idées, de l’inspiration afin de créer des bijoux fantaisies », confie Jeannine pour qui la créativité démarre généralement avec un croquis. Sa clientèle est locale et aime la retrouver sur les salons ou venir directement chez elle. Si Jeannine a fait le choix de se professionnaliser, c’est qu’elle compte parmi ses clients plusieurs commerçants dont certains vendent à l’export. « Avec la nouvelle réglementation, si je voulais conserver certains de mes clients, il me fallait ma carte »

La rigueur

Sa carte de « détaillant artisan en produits perliers » l’oblige aujourd’hui à mieux sélectionner ses vendeurs de perles et à exiger une facture et une traçabilité. « Pour moi c’est fastidieux, plus contraignant et surtout j’ai constaté que les règles ne sont pas identiques si vous faites de l’export ou pas. » Jeannine doit tenir à jour un cahier dans lequel elle répertorie toutes les perles et keishis achetés : « Il faut tout compter, les baroques, les rondes, les ovales… » Et tous les trois mois, elle doit déclarer à la Direction des ressources marines et minières son stock. « Pour ma part, comme j’ai plusieurs fournisseurs, je ne vais pas faire ma déclaration lorsque les pièces sont nues, mais une fois le bijou monté. J’amène chaque collier, chaque bracelet sur lequel j’ai comptabilisé toutes les pièces à la Direction des ressources marines et minières qui valide ensuite. C’est seulement après cette opération que je peux livrer mon produit. Pour nous artisans, c’est beaucoup de paperasse. » Pour Jeannine, l’autre challenge est de continuer à trouver des perles et des nacres à des prix modérés, « car je ne veux pas vendre mes créations trop cher ensuite. »

Que dit la loi

Avec cette loi du pays, il s’agit de tracer et surtout de contrôler la filière, du nucléus au produit fini. La loi détermine entre autre les conditions d’obtention de la carte professionnelle et les obligations des détaillants artisan ou bijoutiers de produits perliers. Aujourd’hui, toute personne physique ou morale souhaitant exercer l’activité de détaillant artisan de produits perliers doit préalablement soumettre une demande d’autorisation auprès du service en charge de la perliculture. Cette autorisation se matérialise sous la forme d’une carte. La demande de carte de détaillant artisan de produits perliers ne peut être effectuée que par le titulaire d’une carte d’agrément d’artisan traditionnel de Polynésie française délivré par le service en charge de l’artisanat traditionnel. Concrètement, le détaillant bijoutier et le détaillant artisan de produits perliers doivent fournir au service en charge de la perliculture toutes données nécessaires au contrôle des quotas de production et tenir à jour un registre d’achats et de ventes de perles de culture sur le marché local, conformément au formulaire type mis à leur disposition. Une fois par trimestre, il déclare : les quantités de perles de culture de Tahiti achetées en mentionnant un maximum d’information sur le vendeur. Le registre est tenu à la disposition du service en charge de la perliculture et du service des douanes en cas de contrôle. Enfin, pour les détaillants artisans de produits perliers, les références de la carte doivent être portées sur tout document, contrat ou correspondance à usage professionnel.

 

Renseignements au 40 54 54 00 ou [email protected]

 

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