N°125 – Le FIFO, un festival engagé

 

Maison de la Culture (TFTN) – Te Fare Tauhiti NuiAFFICHE_FIFO15_SS

Rencontre avec Mareva Leu, déléguée générale du FIFO, Miriama Bono, présidente de l’association du FIFO, Viri Taimana, directeur du Centre des Métiers d’Art et Herenui Garbutt, présidente de l’association des élèves du Centre des Métiers d’Art. Texte SF.

 

15 années d’existence, 15 années à traverser l’Océanie, à porter les regards sur la région et promouvoir la création océanienne. Cette année, le FIFO célèbre sa 15ième édition qui se déroulera du 3 au 11 février à la Maison de la Culture. Pour cet anniversaire, le FIFO s’engage une nouvelle fois à vous offrir une traversée géographique et humaine au cœur de la création, la culture et l’histoire océaniennes. Zoom sur ce FIFO 2018 !

9 jours pour découvrir des films documentaires et assouvir sa curiosité sur la région de l’Océanie. Du 3 au 11 février, le Festival International du Film documentaire Océanien ouvre ses portes à la Maison de la Culture pour accueillir les festivaliers et des dizaines de productions audiovisuelles. Cette année, pas moins de 67 films seront projetés lors de cette manifestation attendue et prisée du public polynésien. 14 réalisations sont en compétition et 16 films sélectionnés hors compétition. Si on retrouve les thèmes récurrents de l’identité, de la transmission, de la culture, de l’environnement ou encore de l’histoire, on va aussi, cette année, faire du sport. On va jouer au rugby, surfer avec Michel Bourez ou encore sauter en base jumping. Sensation garantie ! Pour ceux qui ont plus l’âme d’un artiste, ne vous inquiétez pas, le FIFO vous promet également un voyage au cœur de l’art, de la musique et de la littérature. Cette année encore, ce sont les productions australiennes qui sont représentées en nombre, tout comme celles de la Nouvelle-Zélande et de la Nouvelle-Calédonie. « Il y a très peu de réalisations polynésiennes pour cette édition. Les réalisateurs n’étaient pas encore prêts pour 2018 mais le seront pour 2019 ! », précise Mareva Leu, déléguée générale du FIFO. Absente lors de la précédente édition, Rapa Nui fait son retour en présentant un film. La Papouasie est elle aussi bien représentée. « Les grands pays ont plus de ressources financières et humaines, ce qui n’est pas le cas de producteurs indépendants. C’est donc toujours plus difficile pour eux, explique Mareva Leu, ravie de constater la présence croissante de petits pays au festival. Le but du FIFO reste d’offrir une fenêtre avec un regard sincère et fidèle sur toute l’Océanie. »

Des soirées découvertes

Le FIFO, c’est aussi des soirées avec notamment les écrans océaniens. Du mardi au jeudi, à partir de 17h, le public est invité à la salle de projection de la Maison de la Culture pour découvrir quelques films parmi les 14 sélectionnés. « Cette catégorie est ouverte à des films qui ne sont pas toujours dans les festivals, et qui présentent des pays et des peuples dont on entend rarement parler. Le FIFO a pour vocation de représenter au mieux notre région et les Océaniens, il est donc important de présenter ces films peu connus mais qui ont une originalité », confie la déléguée générale du FIFO. Autres soirées à ne pas manquer, celles des OFF. L’idée est de proposer des projections gratuites et ouvertes à tous en dehors de la sélection du festival. Le public avait l’habitude de découvrir des courts-métrages de fictions, qui seront au nombre de 14 cette année, lors de La 9e Nuit de la fiction. Mais la petite nouveauté de ce FIFO est la soirée Fenêtre sur courts avec 11 courts-métrages documentaires. L’objectif est de montrer des œuvres de qualité, souvent peu diffusées et réalisées par des pays divers. Si certains films viennent de l’Océanie, d’autres sont réalisés par des pays comme la Slovaquie, la Suisse ou encore les Etats-Unis. « Cette diversité est révélatrice : elle montre que l’Océanie attire les regards du monde entier. 15 ans après le premier FIFO, des réalisateurs et des producteurs de partout dans le monde s’intéressent au pays et aux cultures océaniennes ! », se réjouit Mareva Leu.

Se réunir à l’ombre de l’arbre

Des projections et des soirées mais aussi des rencontres, des débats, des colloques, des ateliers audiovisuels gratuits pour le public et des ateliers à destination des professionnels… Le FIFO structure et fédère autour de lui un large public d’amateurs et de curieux, de réalisateurs, de producteurs, de diffuseurs, de pouvoirs publics et d’entreprises privées. Parmi les rencontres, on retrouve les formidables échanges recueillis à l’ombre du ‘ōrā, emblématique banian de la Maison de la Culture. Du mercredi au vendredi, le public est invité à se réunir autour de cet arbre hautement symbolique situé sur le Paepae a Hiro, pour les fameux Inside the doc appelés désormais I Raro I Te Tumu ‘Ōrā, ce qui signifie : à l’ombre du ‘Ōrā. « Quand on est sur le Paepae a Hiro, à l’ombre du ‘Ōrā, il se passe des choses de la cérémonie d’ouverture jusqu’au cocktail de clôture. C’est ici que les langues se délient. C’est pourquoi j’ai eu cette idée de changer de nom », précise la déléguée générale du FIFO, passionnée et investie dans la culture polynésienne. Lors de ces rencontres, des réalisateurs, des producteurs ou des diffuseurs sont invités à parler de leur œuvre. « Le documentaire appelle à échanger et à discuter, ce n’est jamais terminé, il était donc important d’aménager ces espaces de rencontre pour permettre au public d’aller dans le fond, d’en savoir plus ».

Apprendre et s’enrichir

Autres rencontres, celles de l’audiovisuel. Ouvertes au public, elles proposent des conférences et des tables rondes avec des professionnels du milieu. Trois thèmes ont été retenus cette année. La première rencontre est une présentation du dispositif Good Pitch. Mis en place en 2005 par la fondation BRITDOC en partenariat avec la fondation Ford et le Sundance Institute afin de mettre en relation les porteurs de projets et les financeurs potentiels, le Good Pitch fait aujourd’hui fureur. Ce phénomène est parti d’Angleterre puis a traversé les océans pour se retrouver en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis. Animée par Alex Lee, directeur du festival néo-zélandais Doc Edge, cette présentation du dispositif permettra d’inciter les réalisateurs locaux à s’inscrire. Deuxième rencontre : une conférence publique intitulée « Bienvenue dans le monde de la conservation des médias ». L’idée est d’expliquer les techniques d’archivage. Animée par Joshua Harris, coordinateur de la conservation de médias à l’université de l’Illinois aux Etats-Unis, cette rencontre permettra au public de mieux comprendre les techniques administratives, légales et culturelles de l’archivage audiovisuel. Enfin, la troisième rencontre est une table ronde autour du thème : « Les femmes derrière la caméra ». Des productrices, des réalisatrices et des techniciennes viendront ainsi partager leur expérience. En marge de ces rencontres, le FIFO propose des ateliers destinés au public : make-up, prise de vue, son et mixage, écriture de scénario, vlogging. Les professionnels auront aussi l’occasion de profiter d’ateliers : Alex Lee animera un atelier sur la réalité virtuelle et Joshua Harris sur l’archivage audiovisuel et la conservation à long terme. Les archives seront d’ailleurs au cœur du colloque des télévisions océaniennes, prévu les mardi 6 et mercredi 7 février. Cette année, les organisateurs ont décidé d’innover pour ce colloque, en proposant aux chaînes de télévision du colloque d’utiliser la journée du vendredi pour tourner du contenu. « L’idée est qu’ils fassent des interviews ou des portraits pour réaliser un début de film. Le but est qu’ils repartent au moins avec des rushes pour ensuite les diffuser chez eux avec cet esprit de promouvoir le festival et les réalisateurs océaniens », précise Mareva Leu.

 

Entre deux projections, ateliers ou rencontres, le public pourra se balader dans les allées du village du FIFO sur les différents stands. Partenaire historique, Polynésie 1ère délocalisera son journal, l’émission Fare Ma’ohi, et la radio au FIFO. Les festivaliers pourront également découvrir une exposition du matériel d’archives ou s’essayer au matériel photographique et de drone de Matarai. Autre stand : celui du casting. En 2016, des castings avaient été organisés pour la série Al Dorsey, en 2017, c’était pour Coup de foudre à Bora Bora. Cette année, de nombreux rôles, pour différents âges et profils, sont proposés pour plusieurs séries locales et métropolitaines. N’hésitez plus, et venez vous essayer au jeu d’acteur !

 

Pratique

 

Ecrans océaniens

Du mardi au jeudi à partir de 17h

Salle de projection de la Maison de la Culture

Renseignements aux 40 544 544 ou fifotahiti . [email protected]

 

Table ronde « Good Pitch »

Mardi 6 février

10h À 12h

Chapiteau

 

Conférence publique : « Bienvenue dans le monde de la conservation des médias »

Mercredi 7 février

9h à 10h30

Chapiteau

 

Table ronde : les femmes derrière la caméra

Vendredi 9 février

9h à 10h30

Paepae a Hiro

 

Atelier professionnel : « Réalité virtuelle, la nouvelle frontière »

Mercredi 7 février

8H À 12H

Salle Marama

 

Atelier professionnel : « Archivage audiovisuel et conservation à long terme »

Jeudi 8 février

13h à 17h

Salle Marama

 

 

Tarifs

 

Journalier : 1000 Fcfp, 500 Fcfp pour les étudiants les moins de 12 ans et les groupes de plus de 10 personnes.

Pass trois jours : 2500 Fcfp pour les adultes.

Tickets disponibles à partir du 15 janvier à la billetterie dans le hall du Grand Théâtre à la Maison de la Culture

 

 

Un jury éclectique

 

En 2017, les membres du jury étaient presque tous de fins connaisseurs de l’Océanie et des habitués du FIFO. Cette année, le festival accueille des petits nouveaux. Le président du jury, Eric Lavaine, est un novice de l’Océanie. C’est la première fois que ce réalisateur de comédie met les pieds en Polynésie et s’apprête ainsi à découvrir la région de l’Océanie. « J’espère que le festival va lui montrer autre chose que les clichés ou les préjugés habituels de la Polynésie et de l’Océanie. C’est la première fois que nous avons quelqu’un de l’univers de la comédie, ce sera donc intéressant de voir quel regard il portera sur les documentaires », explique Mareva Leu, qui avec les autres membres de l’AFIFO a souhaité accueillir de nouvelles personnalités dans le jury afin d’élargir le réseau du festival. Lavinia Tagane de Wallis-et-Futuna est également une nouvelle dans le jury du festival et aussi la plus jeune. Cette jeune femme de 28 ans n’est pas du milieu audiovisuel mais représentante de l’assemblée territoriale et membre de la commission culture. Mais avant d’être une politique, elle est surtout une femme océanienne sensible aux enjeux sociaux et culturels de son pays et de l’Océanie. « C’est la première fois qu’on accueille quelqu’un de Wallis-et-Futuna. C’était important. Nous organisons un Fifo Hors les murs à Wallis-et-Futuna depuis quelques années, c’est donc une reconnaissance de cette communauté. ». Pour la première fois également, Père Christophe, aficionado du festival en tant que spectateur et acteur social du fenua, comptera aussi parmi les membres de ce jury 2018. « On voulait sortir un peu de nos habitudes. Jusqu’à présent, on avait plutôt des personnalités du monde culturel, avec Père Christophe nous avons quelqu’un du monde social. Et l’un ne va pas sans l’autre, la culture et la société sont indissociables », souligne la déléguée générale du festival. De par son engagement et son action auprès des populations les plus démunies, Père Christophe a une expérience unique de l’Océanie et de la Polynésie, estime Mareva Leu. Guillaume Soulard, directeur artistique et culturel du centre Tjibaou à Nouméa, complète le jury. Cet Océanien de cœur, qui vit depuis longtemps en Nouvelle-Calédonie, connaît bien la culture kanak. Il est aussi un petit nouveau parmi les membres du jury. Un jury qui a une parité parfaite hommes-femmes ! Ainsi, on accueille également Molly Reynolds, réalisatrice et productrice australienne. Elle connaît bien le FIFO pour y avoir notamment été primée avec le grand prix du FIFO 2016 pour Another Country. « Sa réalisation est particulière, c’est une esthète, elle joue sur la qualité des images, sur la pertinence des plans et des séquences ». Autre femme de passion : Kim Webby, réalisatrice et productrice néo-zélandaise. En 2016, elle avait obtenu le prix spécial du jury pour son film The Price of Peace. Enfin, Noella Tau, de Polynésie 1ière, complète le jury féminin. Cette personnalité locale apportera certainement un regard original car Noella Tau est une femme des médias de la communication tournée vers la radio plutôt que la télévision. « Cette année nous avons beaucoup de nouveaux dans le jury. Le verdict sera intéressant à analyser », confie Mareva Leu.

 

Miriama Bono est la présidente de l’AFIFO. Pour le Hiro’a, elle revient sur les 15 ans de ce festival pas comme les autres.

 

Cette année, le FIFO célèbre ses 15 ans, pensiez-vous qu’il allait durer si longtemps ? 

 

Ses pères fondateurs, Heremoana Maamaatuaiahutapu et Wallès Kotra, n’imaginaient certainement pas un tel parcours et un tel engouement lorsque ce festival a vu le jour en 2004. La genèse même du festival reste un pari un peu fou, mais le FIFO a rapidement trouvé ses marques, grâce notamment au public polynésien qui a très vite manifesté son intérêt, mais aussi au soutien de personnalités de l’audiovisuel et des réalisateurs. Si le FIFO est arrivé à se maintenir et à grandir, c’est parce qu’il traduit le besoin des Océaniens de se raconter et de se rencontrer.

 

Quelles sont les évolutions de la première édition à aujourd’hui ? 

 

Le festival a beaucoup évolué depuis ses débuts. La première édition ne durait que quelques jours, avec une équipe beaucoup plus restreinte qu’aujourd’hui. Très vite, l’idée d’organiser des rencontres s’est imposée car elles permettent de traiter à la fois des problématiques de développement de la filière audiovisuelle locale mais aussi de développement de coopération régionale en matière télévisuelle. Depuis quelques années, le festival accueille le Colloque des télévisions océaniennes, des conférences et des débats ou encore l’Oceania Pitch… Ce festival est avant tout le lieu du dialogue, c’est ce qui fait son succès. Et puis, progressivement le FIFO s’est ouvert à la fiction avec La Nuit de la Fiction, et cette année nous ajoutons encore une catégorie, avec les courts documentaires. Le FIFO se veut le reflet de l’Océanie, et il est donc normal que le festival évolue au rythme des nouveaux types de productions et des problématiques rencontrées dans la région.
Aujourd’hui, l’Océanie semble tourner les caméras et les curiosités vers elle, est-ce un effet du FIFO ?

 

Le FIFO participe à cette prise de conscience de la richesse culturelle et identitaire de l’Océanie. Le festival est une tribune. Et, parce qu’il porte la parole des Océaniens dans notre région mais également en Métropole, il est aujourd’hui reconnu comme une vraie référence. C’est une très belle réussite et c’est un honneur même si c’est également une lourde responsabilité pour nous.
Quels seront les enjeux de ce 15ième FIFO ?

 

Comme chaque année le programme de cette édition est extrêmement riche. Il est essentiel pour nous d’arriver à maintenir la qualité de notre programmation et la diversité des ateliers, des rencontres, des débats, alors que nous devons faire face à une perte progressive de certains de nos soutiens financiers. Même si nous comprenons les difficultés économiques du Pays et des entreprises, cela rend problématique le maintien de certaine activité, et notamment le hors les murs dans les îles. C’est pourtant, à mon sens, ce qui fait la magie de ce festival : sa capacité à aller à la rencontre des populations même les plus éloignées. Heureusement nous avons aussi des soutiens fidèles, et nous les remercions car sans eux, ce festival n’existerait pas.


Quelles sont les prochaines étapes du FIFO ?

 

Le FIFO continue de se développer, comme il l’a toujours fait. Nous espérons pouvoir soutenir de façon plus efficace la production locale, notamment au travers du développement des courts-métrages ou des courts documentaires. L’avenir du FIFO sera je l’espère, aussi riche et passionnant que ces 15 dernières années !

 

 

Trophées du FIFO, des objets d’art

 

Depuis 2010, l’association des élèves du Centre des Métiers d’Art « Hiva Ora » réalise les prix du FIFO. Graveurs et sculpteurs mettent ainsi toute leur créativité et leur talent au service du festival. Cette année, en plus des trois prix spéciaux, du prix public, du grand prix, du prix Okeanos, les jeunes artistes confectionnent un prix pour symboliser les 15 ans du FIFO. Un prix tout particulier qui fera pas moins de 50 cm de hauteur et représentera un résumé des motifs de l’Océanie sur la partie basse du trophée. « Ce sera comme une voile prise au vent avec des motifs en relief. Sur la face du trophée, les élèves mettront un losange rappelant les 15 ans avec un filet de nacre blanche qui monte jusqu’au sommet », explique Viri Taimana, directeur du centre, qui a supervisé avec les autres enseignants le travail de ces jeunes artistes en herbe. Un travail d’envergure…

 

Un travail d’équipe

 

Dès le mois de novembre, une quarantaine d’élèves se sont attelés à faire des plans et des dessins pour proposer des créations. Ils devaient suivre une thématique : chaque trophée doit être un unu. Le unu représente un élément de commémoration de personnes qui ont marqué la société comme les chefs ou les guerriers. Il peut être un symbole de victoire mais aussi ce lien qui relie le visible à l’invisible.  « L’idée est de montrer que le lien entre Océaniens reste connecté », explique Herenui Garbutt, la présidente de l’association des élèves du CMA. Avec ses camarades, la jeune femme de 30 ans a ainsi imaginé à quoi allaient ressembler les unu avec des effets de matières et d’incrustation. Les sculpteurs ont travaillé en groupe pour réfléchir sur le calibrage et la forme, les graveurs, eux, ont imaginé les différentes nacres, le logo en laser, et l’incrustation. « Imaginer est la partie la plus difficile pour les élèves car ils ont aussi des contraintes de formes à respecter tout en apportant un certain dynamisme, souligne Viri Taimana. Ce travail d’équipe est important, il crée un esprit solidaire autour d’un même projet et les professionnalise ». Cette année, les élèves ont présenté aux enseignants trois séries d’une trentaine de dessins. « Durant la présentation, on leur explique pourquoi tel ou tel dessin est plus intéressant qu’un autre. On revient aussi sur les niveaux de composition, de forme, de légèreté… C’est un véritable apprentissage pour eux même si parfois c’est difficile car certains éléments ou procédés ne vont pas, mais on leur apprend la persévérance ! ».

 

Patrimoine océanien

 

Après les dessins, les élèves se sont attachés à la mise en couleur, au tracé du gabarit, au débitage du bois pour donner une forme basse puis il a fallu le tailler. Ils ont également dû découper les nacres et les travailler de manière à apporter des couleurs diverses. Cette année, tous les prix sont réalisés en bois précieux : le Tou. La couleur de la nacre apportera ainsi une différence de ton et d’effet. Chaque prix a sa variante. « Certains ont des nacres vertes ou plus sombres, d’autres ont des nacres plus claires. On fait un rayonnement selon l’importance du prix qui est apporté par la nacre ou les ajours c’est-à-dire le creux dans le bois. Il y aura aussi une variante des motifs. Le prix symbolisant les 15 ans du FIFO aura des motifs océaniens, les autres des motifs polynésiens. Des motifs qui ne doivent pas être trop complexes, tout est dans la simplicité et l’efficacité », précise Viri Taimana qui rappelle que le plus important est de maintenir une cadence afin de respecter les délais. Les trophées doivent être livrés au moins un jour avant la remise des prix, qui aura lieu le vendredi 9 février. Une soirée où les élèves comme les vainqueurs ressentent une certaine fierté. Heureux de voir leurs créations mises en avant, les jeunes artistes en herbe contribuent ainsi au rayonnement du FIFO. « C’est notre manière de bâtir des éléments du patrimoine à traverrs notre art », confie Herenui Garbutt. Quant aux primés, ils considèrent bien souvent que ces trophées sont à elles-mêmes des objets d’art. Certains producteurs s’inscrivent FIFO pour le prix, un objet dont ils font une collection. « Une fois, nous avons reçu au centre un producteur australien qui avait déjà eu deux prix. Chacun avait une forme différente, alors il voulait un autre prix pour compléter sa collection », s’amuse Viri Taimana, fier du travail de ses élèves. Cette année, encore, les primés devraient être ravis de recevoir ces objet d’art représentatif de la culture et du patrimoine polynésiens voir océaniens.

 

 

 

Pratique

FIFO

Du 3 au 11 février

La Maison de la Culture

Renseignements aux 40 544 544 ou fifotahiti . [email protected], et sur la page Facebook : Festival International du Film documentaire Océanien

 

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