N°106 – Heiva i Tahiti 2016 : intensité et identité

 

MAISON DE LA CULTURE – TE FARE TAUHITI NUIMatareva - Tahina No Uturoa-1er prix Hura Ava Tau

Rencontre avec Vaiana Giraud, responsable de la communication à la Maison de la Culture.

Texte : LR.

 

Du jamais vu ! Plus de quarante groupes vont participer au Heiva, en chants et en danses. Jamais ce concours n’avait autant rassemblé, preuve s’il en faut de la richesse de la culture polynésienne et de l’attachement des Polynésiens à leurs chants, leurs danses et leurs langues !

Réjouissons-nous ! Nous sommes en n en juillet. Et en Polynésie française, ce mois rime avec Heiva. Heiva en tahitien signifie divertissement, mais dans les cœurs, il signifie aussi fête, culture, danse, chants, découvertes, émotions, frissons ! Le Heiva i Tahiti est un des plus anciens festivals du monde. Sa première édition remonte à 1881. Au départ, les communes sont invitées à se joindre aux festivités du 14 juillet, qui devient fête nationale à Tahiti aussi et pour célébrer l’événement, les autorités coloniales françaises organisent les fêtes du Tiurai (juillet en tahitien). C’est en 1985 que le Tiurai devient Heiva, en même temps que le statut du territoire évolue vers l’autonomie. Les années 80 sont celles du renouveau culturel, le Heiva i Tahiti de- vient le lieu où on revendique son identité polynésienne. Pour les organisateurs, « le Heiva reste un repère essentiel et intense du calendrier culturel et de nos racines ancestrales. Expression la plus traditionnelle de notre langue, de nos légendes, il en est aussi l’expression la plus moderne. C’est là que se nouent et se resserrent les ls de la création, de la parole, de l’identité ».

C’est sur la scène de To’ata aussi que « la grande famille des arts traditionnels se rassemble et exprime son amour de notre fenua », note Heremoana Maamaatuaiahutapu, le ministre de la Culture. Chaque groupe, en chant ou en danse, va raconter l’histoire, les légendes, les mythes de son district ou de son archipel. Ce concours est une fête culturelle mais aussi historique car les participants racontent la Polynésie. Depuis des mois, ils réfléchissent aux thèmes et confient l’écriture des histoires qu’ils veulent raconter à des personnalités éclairées. Ces textes sont remplis de sens et transmettent souvent des messages. La scène de To’ata est aussi une tribune.

Cette édition 2016 va être la démonstration de l’attachement des Polynésiens à leur culture et la preuve de cette volonté de la faire briller. Le nombre de groupes participants n’a jamais été aussi important. Plus de quarante groupes sont inscrits, une moitié en chants et l’autre moitié en danses. Le concours a donc été prolongé d’une semaine, passant de deux à trois semaines. « Le Heiva i Tahiti 2016 va plus que tout autre incarner l’intensité du lien qui unit les Polynésiens à leur culture », affirment encore les organisateurs, ers de voir l’événement rassembler autant de participants. Pour le ministre de la Culture, c’est la preuve du « regain d’intérêt des jeunes générations pour cet art unique indissociable de la danse. N’oublions ja- mais que nous sommes des passeurs de culture. N’oublions pas nos anciens, qui les premiers ont tracé une voie royale, identitaire, levant le voile sur le génie créatif et chorégraphique de nos artistes ».

Du fond des vallées, du fond des âges, le Heiva résonne et prend au ventre. Ce festival de plus de 100 ans raconte encore et encore l’histoire du fenua. Elle ne pourra pas être oubliée car ce sont, en 2016, plus de 5 000 artistes qui vont la raconter, la chanter, la danser, la faire vibrer.

Pupu hīmene : 21 groupes en Concours

Tarava Tuha’a Pae : deux fois plus de candidats !

La catégorie Tarava Tuha’a Pae n’a jamais eu un tel succès. Six groupes sont inscrits, soit le double des années précédentes. Pupu Tuha’a Pae, deuxième prix en 2014 dans cette catégorie, racontera l’histoire d’un partage. Une guerre oppose deux clans de Rurutu. Les uns envient les bons taros des autres. La fin est heureuse, le roi décide que les taros profiteront à tout le monde. Le texte est d’Alexis Faara, membre du Toohitu de Rurutu.

Tamarii Rapa no Tahiti, dirigé par Alphonse Riaria, chantera l’histoire de Vaira’aroa, une mère si malheureuse de laisser son enfant seul dans la vie, qu’elle essayera au-delà de la mort de revenir dans le monde des vivants pour emmener sa fille avec elle. La troupe veut dire aux parents d’aimer leurs enfants car quand la mort arrivera, il sera trop tard. L’association regroupe des dizaines d’élèves de Rapa, contraints de poursuivre leurs études à Tahiti. La scolarité dans les îles Australes s’arrête à la fin du collège. C’est sans doute cet éloignement, une préoccupation pour les membres de l’association, qui explique le choix de cette histoire. Les Tamarii Rapa no Tahiti ont été primés plusieurs fois, obtenant la première place du podium en 2014 et en 2015 en Tarava Tuha’a pae.

Hei Rurutu présentera un thème autour du village de Avera situé sur l’île de Rurutu, intitulé Ta’ema, écrit par Sunema Mairau. Petite particularité qui a son importance : les chanteurs de Hei Rurutu sont aussi les danseurs ! Ce sont les mêmes personnes qui concourent en chant et en danse. « Un Heiva i Tahiti sans hīmene ne serait plus un Heiva. Nous souhaitons contribuer à main- tenir vivante cette tradition car elle est source de notre identité et nous maintient rattaché à nos racines », estime la troupe.

Papara to’u fenua se présente pour la première fois sur la scène de To’ata. C’est le thème de Vaihihi qu’ils ont choisi d’interpréter. Cette rivière se trouve dans la vallée de Tetia, au-dessous de la montagne Tearatapu. Vaihihi, dont le nom signifie : « l’eau qui reflète les rayons du soleil », est aujourd’hui asséchée et c’est cette douloureuse histoire que Papara to’u fenua racontera. Menée par Béatrice Le Gayic, la troupe a été créée en janvier 2016.

Les Tamarii Tuha’a pae no mahina célébreront leur commune d’adoption, racontant qui est Mahina et comment elle est née. Une histoire écrite par Poema Rochette. L’année dernière, la troupe a remporté le premier prix en ‘ute paripari, le deuxième prix en Tarava Tuha’a Pae et un prix spécial du plus jeune ra’atira en chant.

Erai te toa no avera est né en septembre 2015. Objectif de l’association, présidée par Igor Paparai : faire vivre la culture Rurutu. Cette année sera donc la première participation de la troupe au Heiva qui est aussi candidate en danse.

Tarava Raromatai : entre légendes et souvenirs

Te Pape ora no Papofai veut rappeler aux Polynésiens que Tevatai était autrefois un lieu de renom. Ce bord de mer qui part de l’embouchure de la Tipaerui, juste derrière la Maison de la Culture, jusqu’à l’embouchure de la Vaiami, située place Chirac, accueillait les pirogues doubles des rois et des guerriers. Il ne faut pas oublier cet endroit malgré l’urbanisation qui l’a caché. En 2015, la troupe remportait le premier prix dans cette catégorie Tarava Raromatai, le premier prix en hīmene ru’au, le troisième prix en ‘ute paripari et le prix du meilleur compositeur.

Vaihoataua a choisi de raconter l’histoire de Hiro qui perdit trois frères lors d’un voyage sur une pirogue. Il les avait prévenu de ne pas faire de mal aux oiseaux car Tane Manu (l’oiseau du dieu Tane) pouvait se trouver parmi eux. Mais ils ne l’écoutèrent pas et tuèrent Tane Manu. Pour se venger, Tane Ma’o (le requin de Tane) les avala tout entier !

Connaissez-vous l’histoire de Matavai ? Tamarii mahina racontera l’histoire de ce lieu et pourquoi la rivière a été nommée ainsi, signi ant « les yeux de l’eau ». Dirigé par Moeata Arai, le groupe a remporté le premier prix ‘ute paripari, le deuxième prix Tarava Raromatai et le prix du meilleur costume en chant au Heiva i Tahiti 2015.

O faa’a chantera des textes écrits par Serge Tuarau. Ils raconteront l’histoire de Hava’i, l’île sacrée qui abrite un des plus importants lieux du triangle polynésien : le marae Taputapuātea.

Tamarii faretou no Huahine mené par Edwin Teheiura chantera l’histoire des Hiva. Les Hiva étaient des hommes issus de la branche aînée des familles royales. Ils étaient aussi appelés la « garde blanche ». Formés à la guerre et à toutes les cérémonies, leur puissance était démesurée. Aujourd’hui oubliés, Tamarii Faretou no Huahine veut raconter l’histoire des Hiva.

Tahina no uturoa mélange humour et poésie. Le mont Tapioi, domine la ville de Uturoa, tel un rempart protecteur et « comble du bonheur », c’est là-haut que se dresse l’antenne de télévision permettant aux Raromatai d’être connectés !

Premier Heiva i Tahiti pour Tamarii Tevaipuna dont l’association a été créée en décembre 2015. Leur objectif est de créer des activités et des rencontres entre les jeunes des quartiers et les adultes et promouvoir la culture polynésienne.

Tarava Tahiti : l’éloge à la terre

Premier prix Tarava Tahiti en 2015, les Tamarii Mataiea montent de nouveau sur la scène de To’ata cette année. La troupe racontera ces signes évocateurs qui annoncent les événements heureux ou dramatiques. « Quand on entend les percussions retentir, les habitants doivent se préparer pour les événements de la terre », écrit Alfred Ariioehau. Le groupe chantera aussi la montagne Faahee Tapairu. Quand le vent du sud-est sou e, il glisse sur la crête de cette montagne et descend dans la plaine de Tauaa où se trouve la pointe aujourd’hui appelée Taunoa…

Te Pare o Tahiti aea est tout jeune. Né en janvier 2016, ce Heiva sera son premier. La troupe chantera un parfum, celui du fara et du hinano qui embaument encore la baie de Pavera.

Tamarii Papara revient exalter les couleurs de sa terre en racontant l’histoire de deux personnages historiques que sont Purea (l’orgueilleuse) et Opuhara (le dernier ari’i défenseur des rites anciens). La troupe veut chanter la poigne et l’audace qui a guidé Opuhara dans la bataille de Fe’i Pi pour encourager les Polynésiens d’aujourd’hui à ne jamais baisser les bras. C’est la légende de Vaira’o que raconteront les Tamarii Vairao. La troupe souhaite mettre en valeur sa propre histoire en mettant en avant les toponymes de son district pour faire résonner sa terre. « Chaque lieu trouve son utilité et son importance selon l’organisation sociale et collective établie par les ancêtres. Faisons l’éloge de notre terre, faisons l’éloge de notre histoire, que ton identité reste à jamais liée à ta terre originelle », expliquent les Tamarii Vairao.

Tautira, pointe de la presqu’île, est opulente, prospère, chauvine et mystérieuse. Te ao uri no Tautira la célèbrera dans son hīmene en retrouvant les valeurs réelles de leur peuple et en rendant la parole à la terre. Te Ao Uri ou messagers du monde de la nuit veulent dire ce qui taraude l’âme de leur terre et mettre des mots sur les crimes commis par les Européens à l’époque du contact.

Les Tamarii Teahupoo raconteront la fin tragique de Taiarapu. Une histoire sanglante de vengeance qui se termine très mal. Les habitants de Taiarapu, piégés par les habitants de Te Oropaa, finiront morts brûlés vifs. Seul Rahero, le guerrier, sera sauf.

Te noha no Rotui fera un éloge à la terre Paopao pour qu’elle soit à jamais gravée dans les mémoires. Chacun sera ainsi le porte flambeau des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être. Ils chanteront sa création et son nom.

« Puraha est la montagne culminante, Mata’irea est la place de rassemblement, Fare-pu’a le marae sacré de Vaiari-nui. » Tamarii Papeari chantera aussi la terre et l’arrivée d’un nouveau né : Teva. Il est celui qui renouera les liens entre le clan des huit Teva grâce à sa pêche, son savoir.

Pupu ‘ori : 20 groupes en Compétition

Hura ava Tau : se réapproprier son histoire

Papara To’u fenua ouvrira les festivités avec un spectacle dédié à Vaihihi. Cette source qui se trouvait au centre de la commune de Papara, est aujourd’hui asséchée. Pour ne pas l’oublier, Papara To’u Fenua racontera l’histoire de cette rivière dont l’eau reflétait les rayons du soleil. C’est également le thème qui a été choisi par la troupe en hīmene. L’association est née en janvier 2016 c’est donc sa première participation au Heiva i Tahiti.

C’est aussi un message que fait passer la troupe afin que tous, nous prenions soin de notre fenua. Te ao uri no Tautira dansera également sur le même thème que sa troupe en hīmene. Tautira, la commune de la presqu’île, est le héros de cette histoire. Il s’agit de se réapproprier la parole qui a longtemps été confisquée. Te Ao Uri no Tautira se méfie de ce qui est écrit ou dit sur Tautira, la troupe veut retrouver sa véritable identité et raconter son passé avec ses propres mots.

Hei Rurutu mise sur la jeunesse : « Le temps est venu de former des jeunes à devenir des porte-paroles et des mémoires vivantes pétries dans l’art oratoire. Des jeunes qui auront à conserver, pour mieux conter, l’histoire de l’île de Rurutu depuis ses origines, la généalogie des dieux, les limites des terres, des clans, l’organisation sociale… » Ta’ema est audacieux et courageux mais réussira-t-il à devenir le porte-parole de la mémoire vivante de Rurutu, autrefois nommée Eteroa ? Pour sa première participation au Heiva, Hei Rurutu racontera cette légende du village de Avera.

Qui a oublié le amboyant de ‘Outu ‘araea ? Certainement pas Hura Tahiti nui qui dédie son spectacle à cet arbre majestueux, tombé un soir de tempête. Il cache l’histoire d’un guerrier, amoureux d’une sirène. Maltraitant avec elle, il implora son pardon et devint cet arbre légendaire qui a vu des générations se réunir sur cette pointe qui domine la piste de l’aéroport de Tahiti-Faa’a.

Pupu ori Tamari’i vairao dansera sur une légende peu connue, une version singulière de l’histoire de Maui, transmise par les ancêtres de Vaira’o. Les exploits de ce dieu sont connus : capture du soleil, combat contre Tuna, pêche des îles et combat contre la déesse de la mort Hina-nui-i- te-po. Ici, c’est une intention divine qui a placé le jeune dieu dans le monde humain pour le voir évoluer jusqu’à son adolescence.

Tahiti ia Ruru Tu noa dansera sur un texte dédié à l’histoire de Hiro et de Tane- manu. Hiro et ses quatre frères voguent en pirogue double à voile vers Hawaiki pour retrouver leurs parents. Avant d’aller se reposer, Hiro dit à ses frères : « Surtout ne tuez pas l’oiseau de Tāne ! » Mais hélas… Ils ne l’écouteront pas. Une histoire tragique, sanglante où il est aussi question de respect.

Erai te toa no avera est née en septembre 2015. L’association, présidée par Igor Paparai, souhaite faire vivre la culture Rurutu. Cette année sera sa première participation de la troupe au Heiva qui est aussi candidate en hīmene.

Tamari’i faretou no Huahine a choisi de raconter l’histoire des Hiva, des hommes formés aux combats et aux cérémonies sur les marae, craints et aimés à la fois, leur puissance a-t-elle mis n à leur carrière ? Ou bien était-il de plus en plus difficile de les former ?

Tamari’i anau a choisi son district comme thème, décrivant l’amour porté à leur terre par la population de Anau, situé à Bora Bora. « Cet amour se voit à travers le respect qu’elle porte à tous ces symboles qui les entourent. Certains lieux de Anau ont une histoire liée à chaque symbole et à ses valeurs. Et toutes ces valeurs relient la population de Anau à son district », explique la troupe. Pour préserver ce lien, la population doit préserver les légendes et les récits de Anau.

Hura Tau : se rattacher à la terre nourricière

O Tahiti e aura l’honneur d’ouvrir le concours, étant la première troupe à passer dans la catégorie Hura Tau. Après avoir raconté la légende de Te ‘Anapa, des amoureux transformés en rochers, la troupe de Marguerite Lai racontera le rire. Comme un écho à la belle campagne photographique A’ata, « smile for peace », O Tahiti E plonge dans les racines autochtones de notre bonheur. « Intemporel, il dure. Immuable, il perdure. Notre bonheur, il est là. Notre terre, belle aux teintes pas- tel, pourvoie généreusement à nos vies. Notre culture, flamboyante, fait battre le cœur de nos passions. Ensemble redécouvrons la quintessence du bonheur, celui qui nous permet d’exhaler le tintement profond d’un rire aux fragrances de réelles gaietés. »

Pupu Tuha’a Pae racontera une histoire de guerre qui se termine bien. Après avoir fait couler le sang, deux clans vont finalement s’accorder pour partager les tarodières qui ne profitaient qu’à une communauté. Une légende des Australes, de l’île de Rurutu, dont les taros sont réputés ! A sa dernière participation en 2014, Pupu Tuha’a Pae a reçu le deuxième prix en Hura Tau. Heikura nui a choisi de danser ce lien qui nous rattache à la terre. La troupe met en avant la connaissance des anciens polynésiens de la nature et notre éloignement aujourd’hui avec elle. Les arbres, porteurs de fruits, se font rares, les maisons en ciment se font nombreuses, le ciel se réchauffe, les coraux se dégradent, l’homme achète et jette… Comment alors vivront les générations futures ? Heikura Nui lance ce message : « Oh Polynésien, rattache-toi à ta terre » !

Hei Tahiti, premier prix en Hura Tau en 2013, racontera aussi la terre et interpelle les Polynésiens : « N’hésite pas à regarder vers l’intérieur des terres, protège et prends soin des vallées, de la nature, c’est ton pays. » La troupe veut tourner le regard des Polynésiens vers les vallées et les montagnes. Ils danseront Tamanu, ce chemin, ce plateau, qui mène aux précieuses oranges.

Avec Toakura, nous découvrirons Purea, femme du peuple qui a un enfant avec le roi Amo de Papara. Cela ne fait pas d’elle une chef et pourtant, Purea, avide de pou- voir, enfreint les lois de Tetunae en lançant un rahui, acte réservé aux ari’i. La reine Pomare, prise de colère, provoque alors la guerre.

Tamari’i Mataiea, deuxième prix en Hura Tau en 2015, racontera l’histoire d’Aumairea, une beauté légendaire de Maraepau à Mataiea. Le nom de cette jeune fille signifie : « Une beauté qui nage de l’océan en glissant sur les vagues jusqu’à la terre Farauo. » L’environnement est là aussi passionnément raconté, à travers un amour naissant entre Aumairea et Tetuanui. Le couple défendra la terre en exhortant la population à ne prélever que ce dont elle a besoin afin d’éviter le gaspillage.

Temaeva, dirigé par Coco Hotahota, vainqueur en catégorie Hura Tau l’année dernière, revient sur la scène de To’ata. La troupe dansera sur les préparations des festivités, une tradition conservée par les ancêtres pour recevoir les notables. Accueil et offrandes, joie et amour, la cérémonie est tout un savoir. L’occasion aussi de montrer l’habileté et la force des guerriers.

Hitireva interrogera les spectateurs : que reste-t-il des Polynésiens depuis le contact ? Que reste-t-il des connaissances et des savoir-faire des experts en navigation qui savaient rapiécer les voiles, des connaissances des vahine qui fabriquaient leur tenue en tapa ? Avec la pirogue sans balancier, le tissu est arrivé, des matériaux nouveaux ont remplacé les anciens. Hiti- reva invite à transcender son destin et à tisser son identité.

Ahutoru nui veut revenir aux origines. Qui suis-je ? « Moi, moi et mon être, moi et mon âme céleste, moi et ma face céleste, à travers l’évolution du temps… » Les ancêtres, la langue, la transmission, les connaissances, Ahutoru Nui propose de s’attarder sur ce « moi » parfois si étrange et retisser les liens avec son peuple, sa culture, sa terre, sa langue.

Tahina no Uturoa dansera sa montagne : le Tapioi qui se dresse au-dessus de Uturoa à Raiatea. Un rempart protecteur, coi é d’un nuage poussé par le vent du Nord, messager du lointain, trônant dans la paix et la sérénité, loin du tumulte de la ville. Tahina no Uturoa racontera l’origine du nom de cette montagne surplombant l’île sacrée de Raiatea.

Tamari’i Tipaerui clôturera le Heiva 2016 avec la création du monde. C’est l’histoire de Tane et son combat contre Atea. Taaroa fit naître la première parole, les racines du premier arbre, fonda le monde. Atea et Taaroa se mirent à façonner Tane, qui devint le dieu de la beauté. Il dé a Atea, cherchant à le détruire mais celui-ci reste immuable et invincible. Tane finit par se rendre.

 

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Une cérémonie d’ouverture traditionnelle : le rahiri

Le Rahiri qui ouvre chaque Heiva est une cérémonie ancestrale organisée traditionnellement en prélude d’événements importants. L’ensemble des chefs de groupes inscrits au concours et le jury se réunissent pour sceller l’engagement du respect mutuel. Chaque participant est vêtu de blanc et porte une feuille de bananier qu’il dépose au sol, symbole de paix et de sérénité. La cérémonie est brève mais intense. Un moment rare où on mesure la ferveur qui anime chaque concurrent du Heiva.

  • Jeudi 30 juin, à 18h
  • Place To’ata

 

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Jury en danses :

Matani Kainuku (président)

Makau Foster-Delcuvellerie

Moeata Laughlin

Fabien Mara-Dinard

 

Jury en chants :

Léontine Degage (vice-présidente)

Pierrot Faraire

Robert Peretia

 

Jury en écriture :

Denise Raapoto

 

Jury en orchestre :

Carlos Tuia

 

 

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Heiva i Tahiti 2016 : Pratique

 

Aire de spectacle de To’ata

  • Du 30 juin au 16 juillet : soirées de concours, à partir de 18h00
  • Mercredi 20 juillet : soirée de remise des prix à 19h30 (entrée libre avec ticket à récupérer sur place)
  • Vendredi 22 juillet : soirée des Lauréats (chants et danses), à 18h00
  • Samedi 23 juillet : Taupiti i To’ata (2èmes et 3èmes en danse), à 18h00

Détail des soirées et tarifs dans notre programme et sur www.maisondelaculture.pf – www.heiva.pf

Esplanade basse de To’ata

– Du 30 juin au 23 juillet : village du Heiva (démonstrations, animations culturelles, exposition vente)

– Ouvert tous les soirs du Heiva hors remise des prix, entrée libre.

 

 

 

 

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