N°95 – Tout peut se jouer au Conservatoire !

 

11401530_851566591576911_3733206748692034843_nConservatoire Artistique de Polynésie française – Te Fare Upa Rau

 

Texte et photos : SF.

 

Rencontre avec Frédéric Cibard, attaché de direction au Conservatoire et Sébastien Vignals, responsable du département musiques actuelles au Conservatoire.

 

C’est la grande nouveauté de cette année. Mis en place depuis un an maintenant, le département « musiques actuelles » propose désormais un cursus complet aux élèves du Conservatoire. 

 

A la fête de la musique, ils ont surpris le public. Le jeune groupe de rock alternatif « Seven Waves », constitué de sept musiciens, tous issus du Conservatoire, a fait fureur lors de sa première prestation le 20 juin dernier. Premier groupe du département « musiques actuelles », ouvert à la rentrée dernière, ils sont désormais devenus un modèle pour les prochains élèves de cette nouvelle classe. « L’alliance entre la qualité des musiciens venant du classique et la musique rock a été extraordinaire. Ils ont emballé tout le monde, s’enthousiasme Fredéric Cibard, attaché de direction au Conservatoire. Ce groupe a donné envie aux autres. Du coup, aujourd’hui on démarre un vrai cursus ! ».

 

L’importance de jouer en groupe

 

Après un an d’essai, plutôt réussi donc, les élèves ont répondu présent lors de la réunion, fin juin, de présentation du nouveau cursus de ce tout jeune département. Sous la baguette du chef de groupe, Sébastien Vignals, cinq à six groupes de musiques actuelles se sont déjà créés pour la rentrée prochaine. Rock, Reggae, Pop, Rap… Tout est accepté dans ce nouveau département, l’idée étant dans ce projet de lancer de jeunes talents. « Il faut former les jeunes à la musique de groupes car aujourd’hui 80 % des jeunes groupes de rock se débrouillent seuls. On veut les assister, leur apporter le matériel et les salles », précise Fredéric Cibard. En clair, il s’agit de fournir la base pour ensuite laisser la place aux musiciens de demain de créer. « Ils vont pouvoir jouer ce qu’ils ressentent, et c’est en cela qu’ils vont probablement nous étonner ! ». A la demande des élèves, le Conservatoire souhaite également faire sortir les élèves de la pratique classique vers une musique plus moderne. « Il faut que les élèves révèlent leurs possibilités musicales ». Deux concerts sont déjà prévus pour l’année à venir : un premier à Noël pour les groupes qui sont prêts, un second en mai au sein du Petit Théâtre de la Maison de la Culture. Mais avant de se présenter en public, place au travail…

 

Des pros et du plaisir

 

Le cursus du département « musiques actuelles » est quasi identique aux autres. Il propose trois cycles mais avec deux nouveautés dans les habituels UV : la musique assistée par ordinateur et l’enregistrement d’un projet artistique. Plutôt élaboré pour les élèves du Conservatoire désireux d’explorer une autre musique que le classique, ce cursus, qui s’étale sur huit-neuf ans, reste néanmoins ouvert aux amateurs. « L’idée est de créer une véritable synergie. On ne veut pas sentir de différence d’âge ou de génération, la musique se joue tous ensemble. De plus, on souhaite créer une interpénétration entre la musique moderne, classique et traditionnelle ». Quant aux musiciens qui veulent simplement se faire plaisir sans chercher à être diplômés, ils pourront suivre le « hors-cursus ». Ce dernier, d’une durée de un an, propose un coaching personnel d’une demi-heure avec un professeur du Conservatoire, une répétition avec son groupe à hauteur d’une heure par semaine, et l’élaboration d’un projet artistique. « C’est un appel à tous les musiciens du fenua, nous voulons ouvrir les portes du Conservatoire au plus grand nombre ».

 

Trois questions à Sébastien Vignals, responsable du département « musiques actuelles »

 

Pourquoi avoir créé ce nouveau cursus ?

 

C’est une véritable ouverture du Conservatoire vers la musique moderne, qui répond d’ailleurs eu une grande demande de la part des jeunes comme des moins jeunes. Il y a un vrai besoin de jouer en groupe, c’est souvent un regain de motivation pour les élèves. Il y a aussi cette envie chez nos élèves de se diriger vers une autre musique que le classique. En intégrant ce cursus, les musiciens issus du département classique vont pouvoir jouer de la musique comme un loisir et non plus comme une chasse au diplôme. Le mot d’ordre sera, bien-sûr le travail, mais aussi et surtout de s’amuser en jouant en groupe.

 

Etait-il important pour le Conservatoire de développer ce département ?

 

Cela était indispensable de s’aligner avec les conservatoires et écoles de musique de la métropole. Depuis des années, les établissements nationaux proposent ce type de cursus. Il était donc nécessaire pour nous d’être en adéquation avec les Conservatoires français. C’est aussi une manière de montrer que nous ne sommes pas seulement capables de proposer du jazz, du classique ou du traditionnel, mais que nous sommes ouverts.

 

Quel est l’objectif de ces classes de musiques actuelles ?

 

Le but est de faire du Conservatoire un pôle culturel moderne. En métropole, les classes sont déjà remplies de différents types de groupes. Aujourd’hui, le Conservatoire est prêt à offrir aux groupes du fenua des locaux pour accueillir les groupes extérieurs et faire que les jeunes fassent la musique qu’ils écoutent. Je veux aussi pousser les élèves à voler de leurs propres ailes, à sortir du Conservatoire pour aller jouer ailleurs, dans des établissements ou soirées privées.

 

 

Département musiques actuelles : pratique

 

Les inscriptions définitives ainsi que les rencontres avec les professeurs se déroulent :

 

  • Mercredi 19 août, de 9h00 à 18h00
  • Jeudi 20 et vendredi 21 août, de 13h00 à 18h00

 

+ d’infos : www.conservatoire.pf – 40 50 14 14

 

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