N° 87 – Les nouvelles enseignantes du Centre des Métiers d’Art.

Rédaction : VH.

 

 

La passion avant tout

 

 

Depuis la rentrée, le Centre des Métiers d’Art s’est entouré de trois nouvelles enseignantes passionnées : Moea Lechat en arts plastiques, ainsi que deux anciennes élèves, Tevaite Rey et Hihirau Nanai, en sculpture. Elles nous confient leurs attentes, leurs difficultés et comment elles appréhendent cette nouvelle aventure.

 

 

Tevaite, Hihirau, vous êtes toutes les deux d’anciennes élèves du Centre, sorties majors de votre promotion l’année dernière. Comment vivez-vous le fait de passer d’élève à enseignant ?

Hihirau : La transition est un peu difficile, parce que désormais nous devons gérer les élèves. Et personnellement, je ne peux pas m’empêcher de comparer le niveau de motivation et de passion… Il faut s’adapter au rythme de chacun.

Tevaite : C’est un sentiment curieux parce que l’on est passé par là, on a été élève à leur place, mais c’est plaisant de partager ce que l’on a nous-même appris.

 

Devenir enseignant, c’est une demande de votre part ?

Hihirau : Nous attendions la réponse d’une école en France. Voyant que rien ne venait, Viri nous a proposé de prendre en charge l’atelier, puisqu’il manquait des professeurs en sculpture pour accompagner les 2e et 3e années.

 

Pourquoi avoir accepté ?

Tevaite : J’ai accepté parce que ça me fait plaisir d’enseigner ma passion.

Hihirau : Parce que le Centre des Métiers d’Art est une très bonne école, c’est valorisant ! Et pour pouvoir poursuivre dans le domaine de la sculpture, cela représente une excellente issue. D’autant que la diversité des projets du Centre est particulièrement intéressante. Chaque année, ce sont de nouveaux challenges artistiques, intellectuels et humains. Pouvoir y prendre part est une des raisons qui m’a fait dire oui !

 

Le Centre vous a déjà beaucoup apporté en tant qu’élèves, pensez-vous qu’il pourra vous apporter encore en tant qu’enseignantes ?

Hihirau : Oui, parce qu’on évolue beaucoup. On a toujours de nouvelles expositions, de nouvelles expérimentations à faire. On apprend toujours quelque chose en plus, pas uniquement grâce aux autres enseignants, mais aussi grâce aux élèves, à travers leur appréhension des thématiques. Après, ce sont les échanges de tous les jours qui permettent de s’enrichir dans ce domaine. La technique est là, le but est de la parfaire jusqu’au bout et de lui donner du sens.

 

A l’inverse, que pensez-vous pouvoir apporter à vos élèves ?

Tevaite :Au-delà de leur faire découvrir et de leur transmettre les techniques de sculpture et ma passion pour cet art et les arts visuels en général, j’espère parvenir à les motiver.

Hihirau : Avec les élèves de 3e année, le but est vraiment de débloquer leurs a priori et de libérer au maximum leur créativité pour faire en sorte qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes.

 

Moea, contrairement à Hihirau et Tevaite, tu n’as pas été élève du Centre. Peux-tu nous raconter ton parcours ?

Moea : J’ai passé mon baccalauréat littéraire option arts plastiques au lycée Gauguin. J’ai ensuite fait une première année d’arts plastiques à l’université de Bordeaux, avant d’obtenir un BTS design de mode. J’ai ensuite eu une licence d’arts plastiques par le CNED, et mon master 1. Cette année, je suis en master 2.

 

Tu as déjà une expérience dans l’enseignement ?

Moea : Oui, j’ai été professeur contractuel d’arts plastiques et d’arts appliqués au lycée Gauguin, au collège de Tipaerui, au lycée Taaone, au collège Henri Hiro et au lycée Aorai.

 

Tu vois une différence par rapport aux lieux où tu enseignais avant ?

Moea : Oui, déjà, les entrées ici se font sur dossier, entretien, concours, du coup il est clair que les élèves qui sont là ont fait ce choix. Au niveau des arts plastiques, du dessin, il y a déjà de bons éléments.

 

Comment es-tu devenue professeur au Centre ?

Moea : Je souhaitais enseigner ici. Je connaissais l’ancienne professeur d’arts plastiques et je l’avais contactée pour connaître les démarches afin de postuler. Les circonstances ont fait qu’elle quittait son poste, elle m’a donc mise en contact avec Viri. Lorsque l’on est impliquée dans la vie culturelle du pays, on ne peut passer à côté des nombreuses activités et projets proposés par le Centre. J’ai toujours été convaincue qu’y enseigner – et même de suivre le cursus en tant qu’élève – serait une formidable expérience.

 

Humainement, comment vois-tu cette nouvelle expérience ?

Moea : Ça m’apporte beaucoup de côtoyer des jeunes qui ont envie de faire de l’art, qui ont envie d’en faire leur métier et c’est très motivant de prendre part à la vie d’un lieu aussi dynamique que le Centre aux côtés d’une’ équipe passionnée.

 

 

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