La vannerie dans tous ses états- Octobre 2012

Trésor de Polynésie

 

Musée de Tahiti et des Iles – Te Fare Manaha

Service de l’Artisanat Traditionnel – Pu Ohipa Rima’i

Service de la Culture et du Patrimoine – Pu no te Taere e no te Faufaa Tumu

 

La vannerie dans tous ses états

 

A l’occasion du salon des Australes qui aura lieu du 26 octobre au 10 novembre à l’ancienne Présidence, voici une mise en lumière de l’histoire du tressage, art millénaire toujours très en vogue, grâce à la capacité de nos artisans à le réinventer sans cesse. 

 

L’archipel des Australes est réputé pour sa grande spécialité artisanale : le tressage. De mémoire de femmes de Rurutu, Raivavae, Rimatara, Tubuai ou Rapa, on a toujours tressé. Sur ces terres fertiles relativement sauvages, le pandanus est roi : c’est à partir de ses grandes feuilles séchées que les artisanes d’hier et d’aujourd’hui créent les multiples trésors de vannerie.

Chez les anciens Polynésiens, le tressage était – et reste – un travail de femmes pour les objets du quotidien. En revanche, les ouvrages liés aux domaines du sacré et à certaines activités (lignes de pêche, cordes…) étaient strictement réservés aux hommes. Toutes sortes de matières végétales étaient et sont encore utilisées : fibres, tiges ou feuilles de pandanus (fara), cocotier (ni’au), bananier (mei’a), bambou (ofe), roseau (aeho), fougères (o’aha). Si l’origine du tressage est impossible à dater, non seulement parce qu’elle remonte à la nuit des temps, mais aussi parce que peu d’exemples sont arrivés jusqu’à nous, la transmission du savoir d’une génération à une autre a permis aux Polynésiens de continuer à pratiquer cet art d’une grande richesse.

 

Une adaptation réussie

 

Autrefois en Polynésie, le tressage était particulièrement important pour la collectivité car il fournissait un grand nombre d’objets nécessaires à tous les domaines du quotidien : nattes, paniers, éventails, ornements mais aussi vêtements, outils, voiles de pirogues ou enveloppes sacrées comme celles renfermant le précieux to’o*. La confection de chapeaux, très élaborée aujourd’hui, serait apparue après le contact avec les Européens à la fin du 19ème siècle. Si la fabrication d’objets de la vie des anciens Polynésiens a été naturellement abandonnée, certaines techniques perdurent tout en répondant aux nouveaux besoins de la vie actuelle. Chapeaux, paniers, nattes, il existe une diversité de produits et de techniques qui étonnent par leur créativité et leur esthétisme. Les artisans sont soucieux de préserver et de transmettre la tradition de la vannerie, en accord avec notre monde moderne. Le 11ème salon des Australes en est la preuve tangible : tous les ans, ce rendez-vous incontournable de l’artisanat de cet archipel rencontre un succès mérité de la part du public local et international, en raison de la diversité, la qualité et l’originalité des produits proposés.

 

11ème salon des Australes : Pratique

– A l’ancienne Présidence – quartier Bruat, Papeete

– Du 26 octobre au 10 novembre, de 9h à 17h

+ d’infos : 545 400

 

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Pour aller plus loin

« Natira’a. Le tressage, un lien entre passé et présent », Natea Montillier, éditions Te Fare Manaha (2000).

En 2000 s’est tenue au Musée de Tahiti et des îles une exposition sur l’art du tressage : « Natira’a. Le tressage, un lien entre passé et présent ». A sa suite, ce bel ouvrage offre un retour sur l’histoire de cette activité dans la vie des Polynésiens. On y découvre les matières et les gestes à l’origine de toute une diversité d’objets : instruments de musique, jeux, matériels de pêche, etc.

Disponible dans les bibliothèques de la Maison de la Culture, du Musée de Tahiti et des îles ainsi que du Service de la Culture et du Patrimoine.

 

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Le tressage en héritage

Le Musée de Tahiti et des îles conserve dans ses réserves un livre du 19ème siècle qui répertorie des centaines de motifs de tressage polynésien. Sur des dizaines de pages épaisses, plus de 160 bandes de tressage ont été minutieusement créées dans cet ouvrage datant de 1880 et qui est l’œuvre de jeunes élèves de l’école Charles Vienot. La variété des matériaux utilisés, la qualité des réalisations et la palette de motifs de tressage témoignent d’une dextérité et d’une tradition qui s’est perpétuée fidèlement jusqu’à nos jours. L’œuvre constitue un formidable garant de la mémoire polynésienne et est d’une grande richesse pour son patrimoine.

Pour des raisons de conservation, l’ouvrage a été retiré des salles d’exposition afin d’être protégé dans les réserves. Il en ressortira dans quelque temps, mais probablement sous une nouvelle forme ; celle d’un livret numérisé, afin de le rendre accessible à tous tout en le laissant à l’abri. A suivre !

 

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Bon à savoir

Vous voulez voyager avec un objet en pandanus ?

Transporter un panier ou un chapeau tressé en pandanus en dehors de la Polynésie française est autorisé, à condition d’être en mesure de présenter aux douanes internationales un certificat phytosanitaire attestant de son assainissement (insectes et champignons). Celui-ci doit être réalisé au service de biosécurité de Motu Uta, qui effectuera une désinfection de vos produits.

Pour plus d’informations sur les horaires et tarifs : www.biosecurite.gov.pf / 544 585

 

 

* Le to’o est une effigie divine qui se matérialise par un bâton entouré de bourre de coco tressée, autrefois couvert de plumes rouges : il était une représentation symbolique du dieu Oro. 

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