« La nouvelle aventure FIFO m’enchante »

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Architecte, peintre, journaliste et depuis quelques mois coordinatrice du FIFO, Miriama Geoffroy aime surprendre ; elle-même, les autres. Créative et téméraire, elle entend bien continuer à faire du FIFO ce festival que nous apprécions tous pour sa qualité et sa fraîcheur.

Quel parcours que le tien !

Oui, j’ai un parcours pour le moins diversifié… Je suis curieuse de nature et particulièrement sensible à tout ce qui touche à l’art, à la culture. Fondamentalement, je suis peintre – c’est comme affirmer que je suis femme, mère, ça fait partie de moi. La peinture m’accompagnera toute ma vie. Mais pour le moment, je suis coordinatrice du FIFO et cette nouvelle aventure m’enchante.

Tu as mis la peinture entre parenthèses pour assurer ta nouvelle fonction ?

Non : je l’organise différemment. Tout est question d’équilibre. Je prépare même une exposition en septembre à la Maison de la Culture et vais participer à plusieurs expos collectives (Transpacific Art au Musée de Tahiti et des Îles et « La couleur du tarot » à la galerie Winkler en mai)…

A 8 mois de la prochaine édition du FIFO, en quoi consiste ta mission ?

A organiser le FIFO 2012 évidemment, mais je gère également la suite de la vie du précédent festival, notamment avec le FIFO Hors les murs, les déplacements et projections dans les îles… Autrement, il y a aussi toute la partie relationnelle à entretenir et gérer avec les producteurs, la réception et la circulation des films, la communication. Vu de l’extérieur, on ne s’imagine pas qu’un événement qui dure une semaine demande une année entière de travail !

Que deviennent les films qui ont eu un prix au FIFO ?

Ils sont très sollicités pour participer à d’autres festivals. Par exemple, les films primés en 2011 vont être projetés ce mois de mai dans le cadre de l’année des Outre-mer à Paris (au Musée de l’Homme, au Quai Branly, à la Délégation polynésienne), mais aussi au festival du film de Cabourg en juin. Cela donne à ces documentaires un autre éclairage, en étant visionnés sous un autre angle par de nouveaux spectateurs. Ils découvrent ainsi un état d’esprit océanien, une partie de la quête de l’Homme dans son évolution.

Personnellement, quelles sont tes affinités avec le monde de l’audiovisuel ?

En tant qu’artiste, l’image m’a toujours intéressée. Et puis je suis moi-même une spectatrice assidue du FIFO ! L’audiovisuel prend un véritable essor en Polynésie, grâce à des initiatives comme le festival entre autres. Je ne regarde pas la télévision, mais je visionne beaucoup de films ainsi que des vidéos sur Internet. J’apprécie particulièrement les démarches audiovisuelles expérimentales, j’aimerais d’ailleurs m’y essayer…

Quelle est ta définition de la culture polynésienne ?

Elle est en mouvement. Le FIFO, les Etats généraux, la récente manifestation des groupes de danse sont autant d’expressions du devenir de la culture polynésienne. J’ai le sentiment qu’en Polynésie nous prenons de plus en plus conscience de notre différence culturelle et entendons bien l’affirmer. Je trouve aussi que les interactions entre les différents domaines de la culture sont plus courantes, alors qu’avant, chacun avait l’habitude de rester dans son coin. On est davantage dans la rencontre et le partage. Le récent spectacle Moemoea est à ce titre un très bel exemple de brassage : le dessin a servi d’inspiration à un spectacle de danse qui mêle danse traditionnelle et contemporaine, ayant lui-même servi de support à un documentaire.

Si demain, on te donnait des crédits pour développer des actions, quel serait le projet qui te tiendrait le plus à cœur ?

Un centre culturel bien sûr ! Avec de la danse, de la peinture, de l’audiovisuel, de la musique, de la sculpture, de la photo… Le Disneyland de la culture autrement dit ! Je m’explique : selon moi, la culture ne pas être hermétique, mais ouverte sur les autres, attrayante, on doit pouvoir la vivre et la voir librement, avoir le choix d’aimer ou de ne pas aimer…

Est-ce que tu peux nous dire un mot du FIFO 2012 ?

On va essayer de faire au moins aussi bien que 2011 ! L’objectif est de continuer à participer au développement de l’audiovisuel local – qui a de beaux jours devant lui -, d’offrir toujours autant de documentaires qualitatifs au public, de rencontres et d’ateliers… D’autant qu’en 2012, le Grand Théâtre sera insonorisé et climatisé, ce qui nous permettra de programmer plus de séances.

Ce qu’il y a de plus difficile pour toi pour le moment?

Avoir les bonnes réponses aux milliers de questions et rattraper les 8 ans de mémoire du FIFO ! Arriver après Pierre Ollivier est un gros défi, car il a donné au festival une grande rigueur que je me dois de préserver.

Le mot de la fin ?

Que se préparent de belles années culturelles en Polynésie. Nous, on pense déjà à l’anniversaire des 10 ans du FIFO en 2013… !

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