Spectacle « Moemoea »

Danse contemporaine et traditionnelle à partir des encres de Chine de Léon Taerea

Mars 2011
Au Petit Théâtre
Maison de la Culture – Te fare Tauhiti Nui

D’après les œuvres à l’encre de Chine de Léon Taerea

« Moemoea » c’est une incursion à pas feutrés dans l’univers onirique de l’artiste Léon Taerea. Dans un fond de scène noir et blanc aux structures mobiles, des encres de Chine prennent vie, des corps s’animent parmi les décors et transportent le spectateur dans un monde rêvé où les contours de la nature s’estompent et où les divinités circulent.

Une rencontre humaine…

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Le spectacle « Moemoea » est le fruit d’une rencontre entre Annie, Marion Fayn et Léon, qui aboutit à la fusion de la danse contemporaine et de la danse traditionnelle au travers des encres de Chine du recueil de Léon Taerea intitulé Hina, Rêves, Poésies et Nature Polynésienne.

Au final, il s’agit d’une collaboration entre le Ballet « Coïnsidanse », le groupe Toa Reva, Mylène Raveino pour les textes, Vaimoana Urarii dit « Coco » pour la musique et la Maison de la Culture –Te Fare Tauhiti Nui pour les décors, sons et lumières.

… et artistique
Vous l’aurez compris : danse contemporaine et danse traditionnelle se mêleront l’une et l’autre pour nous transporter dans le monde rêvé de Léon.

La première présentant une grande liberté de mouvement et d’interprétation, elle paraît tout à fait indiquée pour valoriser la richesse des dessins. Quant à la seconde, elle est tout aussi incontournable en référence à l’univers mythologique et à l’environnement naturel dans lequel évoluent les personnages qui y sont associés.

Décors et costumes resteront le point de connexion avec le dessin et en rappelleront la richesse ; chorégraphies et musiques transporteront le spectateur dans l’imaginaire de l’artiste et rendront les impressions qui se dégagent de ses œuvres.

Le spectacle en quelques dates phares :

2005 : Exposition du recueil Hina, Rêves, Poésies et Nature Polynésienne au 4e Salon du Livre

2006 : Rencontre avec l’artiste

19 juin 2008 : Décès de Léon Taerea

Novembre/décembre 2008 : Tournage du documentaire « Fa’aheimo’e » de Jacques Navarro-Rovira et Khadidja Benouataf sur la genèse du spectacle « Moemoea »

Décembre 2008 : Représentations de « Moemoea » dans le cadre des célébrations de Matari’i i ni’a

Juin 2009 : 1ère diffusion du documentaire « Fa’aheimo’e » dans l’émission Patitifa

Janvier 2010 : Diffusion du documentaire au FIFO.

Synopsis

Ouverture :

En prélude au spectacle, l’ensemble de l’effectif et des décors apparaissent dans un tableau vivant.

Hina la mère
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La déesse Hina, la « mère nature » est au centre de la scène. Elle est entourée d’arbres représentés par plusieurs groupes de danseurs. C’est alors que le cocotier, tumu ha’ari, va prendre forme, grandir au fil des mouvements et des enchevêtrements que vont danser les différents effectifs. La faune est éparse : des traversées de poissons, d’oiseaux et de papillons se font plus rapidement en opposition à la progressive évolution des arbres et de Hina.

Les décors mobiles se modifient. Comme dans une promenade, le spectateur est invité dans une forêt de māpē. Les danseuses contemporaines manient des bâtons de pluie accompagnées de l’orchestre traditionnel. Entrent alors les danseuses traditionnelles qui vont accompagner la trame du tableau suivant.

 

Un secret dans les māpē
L’ambiance est posée, celle des profondeurs et des mystères qu’abritent les contreforts des vieux māpē.

Un secret est amené et dévoilé, celui des amours de deux petits dieux. Un duo composé d’une danseuse contemporaine et d’un danseur traditionnel constitue le temps fort de la chorégraphie : un duo sensuel et évocateur soutenu par une chorégraphie traditionnelle en arrière-plan.

Le germe et l’oiseau
Posé au sommet du germe d’une noix de coco, un oiseau se confond avec les feuillages.

Le tableau commence par des battements d’ailes et des mouvements de feuilles au gré du vent. La noix de coco s’anime, se déplace pour laisser l’oiseau évoluer librement. Accompagné par les amples faisceaux des danseuses traditionnelles qui symbolisent les feuillages, il évolue avec grâce et légèreté sur la scène.

Mais à peine a-t-il pris son envol qu’il retourne sur les hauteurs de son podium, camouflé dans les feuillages.

Hina et la capture du soleil
« Hina et la capture du soleil » plonge pleinement le spectateur au cœur de la mythologie polynésienne.

Un trio se met en place : Hina, incarnée par une danseuse traditionnelle, tresse le filet de sa longue chevelure.

Maui, un danseur traditionnel, tente de capturer l’astre solaire incarné par une danseuse contemporaine. La chorégraphie est dynamique, acrobatique et rappelle les cycles trop rapides et chaotiques du soleil à l’aube du monde. Les musiciens en live accompagnent les solos de Maui et de Hina.

Avec la capture du soleil, la nature se met en place et les cycles de la vie sont maintenant maîtrisés. les danseuses contemporaines et traditionnelles entrent en scène pour une danse apaisée, douce symbolisant l’harmonie de la nature

La femme aux poissons volants
Les couleurs dominantes de ce tableau sont l’argenté et le noir avec des jeux sur les brillances et les mats.

Une danseuse contemporaine interprète le rôle de la femme sensuelle centrale. Autour d’elle, les mārara virevoltent, vifs et insaisissables, au milieu des coraux qui grandissent et s’épanouissent, offrant au spectateur une vision de la diversité du monde marin.

Extraordinaire nature
« Extraordinaire nature » est l’explosion des formes. C’est à la fois la diversité morcelée de la faune et la flore, et l’harmonie de l’unité qui découle de cet ensemble. La chorégraphie reste fidèle à cette contradiction : des petits groupes se succèdent, se forment, se séparent et les tempi varient.

Au final, l’unité est retrouvée et l’ensemble de l’effectif partage la scène pour un grand final.

L’inspirateur du spectacle est dévoilé à ce moment seulement. « Extraordinaire nature » cachait un visage, ce spectacle aussi, celui de Léon Taerea. L’écran redescend pour faire apparaître la photo du peintre. Un ultime hommage est alors rendu, celui des danseurs qui évolueront sur la chanson « Somewhere over the rainbow ». Un hommage au talent de Léon Taerea mais aussi un témoignage de gratitude du monde de la danse.

Les intervenants

L’inspirateur, peintre du recueil Hina, rêves, poésies et nature polynésienne : Léon Taerea

« Léon, serait-il Léon sans son  chapeau et ses brins de miri, sans son éternel taho à la main, sans ses grands éclats de rires ?

A la fois nonchalant à l’extrême et opiniâtre dans ce qu’il entreprend, Léon Taerea est un personnage atypique, artiste dans l’âme, une silhouette familière au détour d’un manguier centenaire, un observateur incomparable de la nature dont il dessine les secrets d’une pointe d’encre de chine, un homme ancré dans sa culture et dans son époque pour qui les rapports humains sont les mêmes, que vous soyez simple pêcheur ou ministre. Léon est Libre, détaché de toute ambition matérialiste ou autre ; il avance dans la vie, son carnet de croquis dans son panier marché et lorsqu’il a deux oranges, il vous en offre une. La protection de l’environnement est devenue, au fil du temps, une cause pour laquelle il ne ménage pas ses efforts, lui, si proche de la nature à qui il a dédié l’essentiel de son œuvre. »

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Mylène Raveino
« Ecrire a été plus fort que moi lorsque Léon a réalisé l’encre de chine intitulée « La légende du Uru » (dessin qui aura été exploité par la banque Socredo notamment, dont le ‘uru est le symbole). J’ai écris ce texte d’un trait en 1985 ; L’idée de faire un recueil de dessins à l’encre de chine mûrissait déjà dans l’esprit de Léon et l’écriture est venue comme une évidence, une complémentarité. C’est ainsi qu’est né le premier recueil en 1985. Vingt ans plus tard est né le deuxième recueil « Hina, Rêves, Poésies et Nature Polynésienne » toujours accompagné de textes, cette fois ci trilingues et avec le concours de plusieurs auteurs. Ce projet de spectacle, où la danse contemporaine fusionnerait avec le ‘ori tahiti à partir des créations à l’encre de chine de Léon, m’a séduit d’emblée pour plusieurs raisons : d’une part je savais que Léon était partant pour cette aventure et d’autre part il me semblait que la subtilité et la finesse du travail d’Annie et Marion Fayn, de Manouche Lehartel (au travers de leurs créations, costumes, décors…) ne pourraient que servir admirablement les tableaux de Léon et au-delà, les habiter et leur donner corps pour une autre dimension. »

Annie Fayn

Après un Premier Prix de Conservatoire décerné par Claude Bessy (ex directrice de l’Opéra de Paris), elle se perfectionne en danse classique à l’Ecole Supérieure de Danse de Cannes Rosella Hightower. Sa carrière professionnelle débute à l’Opéra d’Avignon et occasionne de nombreuses tournées et contrats à l’international. A la direction d’une école de 1987 à 1995,  elle se consacre à sa passion pour l’enseignement. Le hasard fait qu’elle rejoint sa famille installée à Tahiti depuis 1978 et fonde L’Ecole de Danse éponyme. Quelques années après son arrivée, Coco Hotahota lui demande d’élaborer un solo pour le Heiva i Tahiti 1999. Elle souhaite pousser la rencontre plus en avant et travaille avec Temaeva sur un spectacle, « Perle rare ». Les rencontres se poursuivent, elle collabore en 2003 avec Libor Prokop et son orchestre pour « Une mélodie perdue ». Son expérience de la scène et ses résultats dans la formation des jeunes générations font qu’elle n’hésite pas à engager son effectif dans le projet Léon Taerea et participe avec sincérité et enthousiasme à la coordination de ce spectacle.

Marion Fayn

Danseuse et chorégraphe a suivi une solide formation en danse classique et contemporaine. Pour compléter son parcours, elle poursuit des études universitaires et prépare actuellement un doctorat en Anthropologie de la Danse. Sa rencontre avec le groupe Temaeva en 1999 l’amène à pratiquer le ‘ori tahiti depuis 2000 au Conservatoire Artistique de la Polynésie française. L’expérience de « Perle Rare », un spectacle mêlant danse classique, contemporaine et traditionnelle est déterminante et depuis elle a cœur de réaliser des créations qui unissent les cultures (« Une Mélodie Perdue », « La Deuxième Rencontre Internationale de Danse » avec la New Zealand School of Dance, etc.) La découverte du recueil de Léon Taerea est un catalyseur dans son parcours qui la pousse à aller encore au-delà de ses habitudes. Le traitement original des thèmes abordés par l’artiste, comme l’environnement et la mythologie polynésienne, la séduise d’emblée. L’idée de fonder un spectacle à partir de dessins à l’encre de chine constitue pour elle une aventure sans précédent qui la passionne. Depuis 2005, elle travaille sur l’élaboration des chorégraphies et la mise en place du projet.

Manouche Lehartel

Danseuse et chorégraphe, Manouche Lehartel est historienne de formation. Elle s’oriente à la fin de ses études vers la muséologie et occupe divers postes au sein de l’ancien CPSH, dont celui de Directeur de l’Etablissement. Passionnée par l’événementiel, elle est nommée directrice artistique de Tahiti Nui 2000 elle est ensuite nommée Directrice générale de Heiva Nui. Commissaires de nombreuses expositions, dont celles de Léon Taerea et de Bobby Holcomb, elle est décorée en 2006 par Anne Bocquet de la médaille du Mérite National. Ce parcours professionnel se double d’un parcours artistique non moins impressionnant : danseuse et chorégraphe, Manouche dirige à partir de 1985 le groupe Toa Reva, créé par Coco Hotahota qui scinde ainsi Temaeva. Thèmes, chorégraphies, costumes, elle prend tout en charge et présente le groupe à de nombreux Heiva, l’emmène en tournée pour représenter la Polynésie au Québec, en France, à Majorque, au Japon… Moemoea est une autre expérience artistique, dans laquelle Manouche s’est plongée avec inventivité et sensibilité ; un exercice difficile dans lequel la danse traditionnelle à la fois rehausse la danse contemporaine et existe par elle-même, apportant une saveur inédite à cette magnifique création.

INFORMATIONS PRATIQUES

La distribution

Coproduction :

Ballet Coïnsidanse – Groupe Toa Reva – La Maison de la Culture – Te Fare Tauhiti Nui

Réalisation et coordination :

Annie Fayn

Marion Fayn

Manouche Lehartel

Mylène Raveino

 

Chorégraphies

Marion Fayn

Manouche Lehartel

Annie Fayn

Effectifs :

Ballet Coïnsidanse

Toa Reva

Technique sons et lumière :

La Maison de la Culture – Te Fare Tauhiti Nui

Renseignements complémentaires

Dates

Vendredi 11 à 19h30

Samedis 12, 19 et 26 à 18h30

Dimanches 13, 20 et 27 à 16h30

Lieu

Petit Théâtre de la Maison de la Culture – Te Fare Tauhiti Nui

Tarifs des places :

2 500 Fcfp

2000 Fcfp pour les CE, groupes de + de 10 personnes et enfants de – de 12 ans

1250 Fcfp pour les étudiants de l’Université sur présentation du Pass Culture

Billets en vente à la Maison de la Culture

Contacts

544 544

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